Bill Gates est-il le plus grand donateur du monde ?

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 3 Jan 2013, à 16 h 02 min

Le revers de la médaille

Si la générosité et la sincérité du couple Gates ne font aucun doute, leur action n’est pas à l’abri des polémiques. Ainsi, c’est le financement de la Fondation qui pose question.

Le financement au cœur des polémiques

Le journaliste Charles Piller

La Bill & Melinda Fundation n’agit pas directement auprès des populations. En effet, elle sélectionne et finance des milliers d’organisations à travers le monde  : ONG, hôpitaux, universités, etc. en Chine, Lituanie, France et surtout en Afrique. Les sommes allouées s’élèvent à des millions de dollars.

Charles Piller, journaliste au Los Angeles Times a révélé au grand jour le mode de financement très complexe mis en place par Bill Gates. Dans une enquête menée en 2007, le journaliste d’investigation a mis son nez dans les comptes de la Fondation. Dans son papier Dark Cloud over good works of Gates Foundation, le journaliste trouve toute relative la générosité des milliardaires. Pourquoi ? Parce que, comme il l’explique, si les Gates font don de presque toute leur fortune, ils ne dépenseraient en fait que les intérêts et les dividendes. En d’autres termes, on ne touche pas aux 67 milliards de la Fondation. Ils sont confiés, à l’instar de grosses multinationales cotées en bourse, à un fond d’investissement qui les fait travailler dans des centaines de sociétés et ainsi générer d’autres millions de dollars. De cette manière, le capital reste intact.

Mais là où le bât blesse, c’est que certaines des dites entreprises ont une éthique qui laisse à désirer, se plaçant même à l’opposé des valeurs que défend la Fondation Gates. Plus grave, certaines d’entres elles participent même à entretenir voire à créer la misère dans laquelle se trouve les populations, alors que la Fondation a vocation de lutter contre elle.
« Nous essayons d’éviter l’industrie du tabac », explique Melinda Gates pour se justifier. « A part cela, le travail du fonds d’investissement est de maximiser les revenus de la fondation ».

Des relations avec Monsanto

Ainsi, des milliards de dollars sont investis dans l’industrie de l’armement, dans des banques à l’origine de la crise financière qui a touché les Etats-Unis en 2008, ou encore dans des entreprises aux pratiques douteuses comme le géant de la grande distribution Wal Mart ou les plus gros pollueurs de la planète comme Total.

L’objet du scandale est sans doute la relation entre le milliardaire philanthropique et la firme Monsanto. 5 anciens employés de Monsanto travaillent aujourd’hui pour la Fondation, dont Rob Horsch, en charge de l’agriculture et des OGM pour la fondation. La fondation participe ainsi au développement de cultures OGM au Kenya alors qu’ils sont interdits par le Gouvernement. Ainsi, 35 millions d’euros ont été investis pour développer du maïs génétiquement modifié au Kenya. Si le but de Gates est de produire des cultures capables de résister à la sécheresse, celui de Monsanto est bien sûr de s’introduire en Afrique.

Selon le principal intéressé, Monsanto ne vendrait pas ses cultures en Afrique, il les donnerait. C’est déjà difficile à avaler, mais ce n’est pas le seul problème. En effet, selon le témoignage d’agriculteurs africains et en toute logique, les cultures OGM ne feraient que contaminer les cultures traditionnelles. En outre, elles obligeraient les cultivateurs à acheter des engrais et des produits chimiques nocifs pour leur santé et l’environnement, et qu’ils n’ont, en tout état de cause, pas les moyens de se procurer.

Un fonctionnement antidémocratique

A la tête de la fondation la plus puissante du monde, Bill Gates détient autant de pouvoir qu’un chef d’Etat. Sa fortune lui permet d’imposer ses propres choix à des nations entières sans contre-pouvoir. Et c’est sur ce point que la générosité peut avoir des limites. Est-il normal qu’un seul homme impose ses idées parce qu’il est capable d’investir des sommes astronomiques pour venir en aide à une partie de la population ?

Lorsqu’on l’accuse d’être antidémocratique, le milliardaire répond « Ce qui n’est pas démocratique, c’est qu’un million d’enfants meurent chaque année du paludisme ».

Si la générosité du couple Gates a déjà sauvé des centaines de milliers de vie et en sauvera encore des millions d’autres, la fin justifie-elle les moyens ? Qu’en pensez-vous ?

Source : reportage Envoyé Spécial « Le monde selon Gates »

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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

40 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour j’ai besoin de vos contacte pour discuter avec vous.

    surtout email de la fondation
    merci

  2. je tiens à saluer toutes les personnels de la fondation BILL & MELINDA.

    J’ai l’honneur de solliciter au près de votre haute bienveillance une demande de financement pour mes études à l’étranger , suis spécialisé dans le domaine HYDRAULIQUE avec MENTION BIEN .
    J’aimerai enrichir mes études à l’étranger , pour qu’au finish je puisse servir mon pays de l’eau de quantité suffisante et de qualité saine respectant tout les normes fixées à la matière .

    veiller agréez l’expression de mes sentiments les plus respectueux .

  3. salut la fondation je suis congolais on a bèsoin d’un fondation comme la votre. ici c’est la page publique je vous laisse mon adresse email pour plus de détail. marcus_bwosso@yahoo.com merci d’avance

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