Nos formidables alliés en lutte biologique – Les Punaises prédatrices

Les auxiliaires de culture, ces animaux qui participent à la lutte biologique contre les ravageurs, sont nombreux. Arrêter d’utiliser des produits en tous genres et favoriser toutes ces espèces pour les remplacer est tout à fait envisageable. Mais pour ce faire il faut les connaître et savoir de quelle manière ils peuvent nous aider : découvrons ici la Punaise prédatrice !

Rédigé par , le 12 Oct 2026, à 17 h 06 min
Nos formidables alliés en lutte biologique – Les Punaises prédatrices
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Favoriser les punaises prédatrices au jardin, c’est laisser une place à la biodiversité tout en aidant vos cultures à résister aux ravageurs. Certaines chassent les pucerons, les thrips ou les petites chenilles. D’autres s’attaquent aux acariens et aux aleurodes, ces minuscules mouches blanches qui colonisent les feuilles.

Cependant, toutes les punaises ne jouent pas le même rôle. Voici comment reconnaître ces auxiliaires du potager et leur offrir un jardin accueillant, sans confondre alliées et ravageurs.

Quelles punaises sont utiles au jardin ?

Le mot « punaise » désigne des insectes aux modes de vie très différents. Certaines espèces sont phytophages : elles prélèvent leur nourriture sur les végétaux. D’autres sont prédatrices et capturent de petits animaux.

Les punaises prédatrices font partie des auxiliaires des cultures utilisés en lutte biologique. Plusieurs familles en comprennent, notamment les Anthocorides, les Mirides et les Nabides.

La couleur ne suffit pas à reconnaître une punaise utile. Certaines prédatrices sont vertes, tandis que des espèces brunes peuvent aussi se nourrir des plantes. La silhouette, la taille et le comportement apportent des indices, mais l’identification demande parfois une photographie rapprochée.

Les punaises nébuleuses et diaboliques ne doivent donc pas être assimilées à ces petites chasseuses. La punaise diabolique peut notamment endommager les fruits et les légumes.

Que mangent les punaises prédatrices au potager ?

Chez les espèces prédatrices, les jeunes stades mobiles, souvent appelés larves ou nymphes, et les adultes peuvent chasser. Les oeufs, en revanche, ne se nourrissent pas.

Ces insectes utilisent un rostre piqueur-suceur pour prélever le contenu de leurs proies. Beaucoup sont généralistes : leur menu varie selon l’espèce et la nourriture disponible.

Leur efficacité dépend aussi de la température, de leur abondance et des conditions du jardin. Il n’existe donc pas de nombre universel de pucerons ou d’acariens consommés chaque jour.

Les Anthocorides : de petites chasseuses, dont les Orius

Les Anthocorides comprennent notamment les genres Anthocoris et Orius. Les Orius appartiennent bien à cette famille : ce ne sont pas un groupe extérieur de « cousines ».

Souvent longues de quelques millimètres, ces punaises fréquentent les fleurs, les feuilles, les arbres et les arbustes. Selon les espèces, elles consomment des thrips, des pucerons, des psylles, des acariens ou des oeufs d’insectes.

Les psylles sont de petits insectes piqueurs-suceurs, parfois problématiques dans les vergers. Certaines espèces d’Anthocoris contribuent ainsi à leur régulation.

Punaise anthocoride prédatrice capturant une proie sur un végétal

Une Anthocoride en pleine prédation © Tomasz Klejdysz

Les Mirides : des auxiliaires à identifier selon l’espèce

La famille des Mirides comprend des ravageurs, mais aussi des prédateurs utiles. Il serait donc trompeur de considérer toutes ses représentantes comme des auxiliaires, ou de les juger globalement peu efficaces.

Par exemple, Macrolophus pygmaeus est utilisé en lutte biologique contre les ravageurs des cultures, notamment les aleurodes sous serre. D’autres Mirides consomment des pucerons, des acariens ou des psylles.

Certaines espèces ont toutefois un régime mixte et prélèvent aussi de la sève. En cas de forte population ou de manque de proies, ces prélèvements peuvent occasionner des dégâts.

Punaise miride sur la végétation du jardin

Une Miride sur son support végétal © M G White

Les Nabides : des prédateurs généralistes dans la végétation

Les Nabides, notamment du genre Nabis, ont généralement un corps allongé. Leurs pattes antérieures les aident à saisir leurs proies.

Ces chasseuses fréquentent notamment la végétation herbacée. Elles consomment différents petits insectes, dont des pucerons. Elles ne sont ni exclusivement cantonnées au ras du sol, ni toutes spécialisées sur une seule proie.

Comment attirer les punaises prédatrices au jardin ?

Un auxiliaire ne s’installe durablement que s’il trouve de quoi se nourrir, se reproduire et s’abriter. L’enjeu consiste à créer un environnement favorable, plutôt qu’à attendre une disparition immédiate des ravageurs.

Limiter les traitements et observer avant d’agir

Les insecticides peuvent toucher les ravageurs comme leurs ennemis naturels. Évitez les pulvérisations systématiques, surtout lorsque vous observez déjà des auxiliaires sur les plantes.

Les préparations maison demandent également de la prudence. Savon noir, décoctions et purins utilisés au jardin n’ont ni les mêmes usages ni les mêmes effets. Leur origine naturelle ne garantit pas leur innocuité.

Avant d’intervenir, identifiez le ravageur et évaluez les dégâts. Quelques pucerons sur une plante vigoureuse ne justifient pas forcément un traitement.

Installer des bandes fleuries et conserver des herbes spontanées

Une bordure végétale diversifiée offre des supports, des ressources alimentaires et des proies aux auxiliaires. Placez-la à proximité du potager, sans laisser les plantes concurrentes étouffer vos légumes.

Les soucis (Calendula officinalis) peuvent notamment accueillir certaines Mirides, comme les Macrolophus. Les bleuets sont intéressants pour les Anthocorides. Des géraniums et des érodiums peuvent aussi servir de plantes hôtes à certaines espèces.

Aucune plante ne garantit, à elle seule, leur installation. Choisissez plusieurs espèces adaptées à votre sol et à votre climat. Échelonnez les floraisons et conservez une petite zone peu tondue.

Syrphe adulte posé sur une fleur de souci au jardin

Un souci accueille un syrphe, autre allié du jardinier © Lighttraveler

Planter une haie diversifiée près du verger

Une haie champêtre fournit des abris et des ressources à différentes périodes de l’année. Certaines punaises y trouvent des proies lorsque celles-ci sont encore peu présentes dans les cultures.

Le noisetier, le sureau noir ou l’arbre de Judée peuvent participer à ce fonctionnement. L’intérêt dépend toutefois des essences choisies, des auxiliaires présents et des ravageurs du verger.

Adaptez votre haie à l’espace disponible et aux conditions locales. Une composition diversifiée est plus intéressante qu’une plantation uniforme pensée autour d’une seule espèce.

En automne, conserver des refuges sans ouvrir la maison aux punaises

En fin de saison, évitez de nettoyer chaque recoin du jardin. Des feuilles mortes, des écorces et des zones de végétation conservées peuvent offrir des refuges hivernaux à différentes punaises.

Gardez ces petits habitats à distance des seuils et des fenêtres. Accueillir la biodiversité au jardin reste compatible avec la protection de votre logement.

Certaines espèces cherchent effectivement un abri dans les bâtiments lorsque les températures baissent. Découvrez pourquoi les punaises entrent dans les maisons en automne.

Pour limiter les intrusions, privilégiez les moustiquaires et la réparation des joints. Notre guide explique comment bloquer l’arrivée des punaises aux portes de la maison. Ne bouchez jamais les ouvertures nécessaires à la ventilation.

Les punaises prédatrices sont de précieuses alliées au jardin : elles contribuent à réguler les ravageurs des cultures.

Punaises prédatrices : les questions fréquentes

Faut-il acheter des punaises auxiliaires pour son potager ?

Dans un jardin familial, commencez par favoriser les espèces déjà présentes. Les lâchers d’auxiliaires sont surtout adaptés à des situations précises, notamment sous serre.

Le choix dépend du ravageur, de la culture et des conditions de développement. Demandez conseil avant tout achat : une espèce efficace dans une serre peut mal s’installer en plein air.

Toutes les punaises vertes abîment-elles les plantes ?

Non. Certaines espèces vertes sont phytophages, tandis que d’autres peuvent être prédatrices ou avoir un régime mixte. Identifiez l’insecte avant de décider d’intervenir.

Les punaises du jardin sont-elles des punaises de lit ?

Non. Les punaises de lit se nourrissent de sang et nécessitent une prise en charge spécifique. Les auxiliaires présentés ici vivent dans la végétation. Pour comprendre cette différence, consultez notre article sur les punaises de lit et les moyens de s’en débarrasser.

Au jardin, la bonne démarche reste simple : observer, identifier et préserver les alliés présents. Vous aiderez ainsi les régulations naturelles à fonctionner au fil des saisons.

Ce qu’il faut retenir

  • Certaines punaises régulent les ravageurs, tandis que d’autres se nourrissent des cultures.
  • Les Anthocorides, certaines Mirides et les Nabides comptent parmi les auxiliaires intéressants.
  • Une végétation diversifiée, des bandes fleuries et des refuges favorisent leur présence.
  • Évitez les traitements systématiques : une préparation maison n’est pas forcément inoffensive pour les insectes utiles.

 


Article mis à jour octobre 2026



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