Récupérer l’eau de cuisson, de pluie ou de piscine : le guide de l’arrosage malin et gratuit

Eau des pâtes, pluie, fond de piscine… Certaines eaux peuvent sauver vos plantes et réduire la facture. Mais quelques erreurs risquent d’abîmer durablement le jardin.

Rédigé par , le 23 Aug 2026, à 9 h 15 min
Récupérer l’eau de cuisson, de pluie ou de piscine : le guide de l’arrosage malin et gratuit
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L’eau potable n’est pas toujours indispensable pour arroser les plantes. L’eau de cuisson, l’eau de pluie ou certaines eaux de piscine peuvent parfois être récupérées. Encore faut-il savoir lesquelles utiliser. Sel, chlore, produits ménagers ou microbes peuvent transformer une bonne idée en faux geste écologique. Voici comment récupérer l’eau pour arroser sans fragiliser les plantes ni polluer les sols.

Pourquoi récupérer l’eau pour arroser ?

En été, les besoins en eau du jardin augmentent au moment où la ressource devient plus fragile. La récupération permet de limiter l’usage de l’eau potable. Ce réflexe réduit aussi les volumes envoyés dans les canalisations. Il valorise une eau qui aurait autrement été jetée.

Toutes les eaux domestiques ne se valent cependant pas. Certaines peuvent être utilisées directement. D’autres nécessitent quelques précautions. Plusieurs doivent rester exclues de l’arrosage.

  • L’eau de cuisson peut servir à arroser les plantes en pots, les fleurs et le potager. Elle doit être froide, non salée et dépourvue de matière grasse.
  • L’eau de pluie convient au jardin, au potager et aux arbustes. Elle doit être conservée dans une cuve fermée et régulièrement entretenue.
  • L’eau de rinçage des fruits et légumes peut être versée au pied des plantes. Elle ne doit contenir ni savon ni produit ménager.
  • L’eau de piscine peut éventuellement arroser la pelouse et certaines plantes ornementales. Elle doit être déchlorée et vérifiée avant toute utilisation.

Récupérer l’eau de cuisson pour arroser les plantes

L’eau utilisée en cuisine peut facilement connaître une seconde vie. Placez simplement un récipient sous la passoire au moment d’égoutter les aliments. Attendez ensuite son refroidissement complet. Une eau encore chaude peut brûler les racines et détruire les organismes utiles du sol.

Quelles eaux de cuisson peut-on réutiliser ?

Vous pouvez récupérer l’eau ayant servi à cuire :

  • des légumes non salés ;
  • des pommes de terre ;
  • des pâtes ou du riz sans sel ;
  • des oeufs ;
  • des légumes cuits à la vapeur.

L’eau des pâtes, du riz ou des pommes de terre contient de l’amidon. Utilisez-la avec modération. Une eau très trouble peut former un dépôt sur la terre et favoriser de mauvaises odeurs.

Diluez-la avec une quantité équivalente d’eau claire. Versez-la directement au pied des plantes, sans mouiller leur feuillage.

L’eau de cuisson des légumes peut contenir quelques minéraux. Elle ne remplace cependant pas un compost ou un véritable apport nutritif.

embellir plantes

Ne jetez plus l’eau des pâtes

Astuce anti-gaspillage : les eaux de cuisson sont utiles !

Quelles eaux de cuisson faut-il éviter ?

N’utilisez jamais une eau contenant :

  • du sel ;
  • de l’huile ou du beurre ;
  • une sauce ou un bouillon industriel ;
  • du vinaigre ;
  • des épices en quantité importante ;
  • des résidus de viande ou de poisson.

Le sel s’accumule dans le sol. Il perturbe l’absorption de l’eau par les racines et peut brûler les plantes.

Les matières grasses réduisent les échanges d’air dans la terre. Les résidus alimentaires peuvent également attirer les insectes et les rongeurs.

Utilisez l’eau de cuisson dans la journée. Ne la conservez pas plusieurs jours à température ambiante.

Le bon réflexe : prélevez l’eau avant de saler les pâtes ou les légumes. Vous pourrez ensuite la laisser refroidir dans un arrosoir.

L’eau de pluie, la meilleure réserve gratuite pour le jardin

L’eau de pluie convient bien à l’arrosage. Elle ne contient pas le chlore utilisé pour désinfecter l’eau du réseau.

En France, l’eau de pluie récupérée peut servir à arroser les jardins, les potagers et les espaces verts privés. Elle ne doit jamais être bue, utilisée pour cuisiner ou pour laver la vaisselle.

Un millimètre de pluie tombé sur un mètre carré représente environ un litre d’eau. Une toiture de 100 m² peut donc recevoir 1 000 litres lors d’une pluie de 10 mm. Les pertes liées au système réduisent toutefois le volume réellement stocké.

Comment installer un récupérateur d’eau de pluie ?

Une petite cuve raccordée à une gouttière suffit pour commencer. Choisissez un modèle opaque afin de limiter le développement des algues.

Le récupérateur doit comporter :

  • un couvercle bien ajusté ;
  • un filtre retenant les feuilles ;
  • une moustiquaire sur les ouvertures ;
  • un trop-plein dirigé loin des fondations ;
  • un robinet placé au-dessus du fond de la cuve.

Nettoyez les gouttières et le filtre régulièrement. Vérifiez également l’absence de boues, d’odeur inhabituelle ou d’animaux morts.

Les réserves mal fermées peuvent devenir des lieux de ponte pour le moustique tigre. Certaines collectivités imposent donc des dispositifs de fermeture ou de protection.

récupérer l'eau de pluie

Récupérer l’eau de pluie pour arroser le jardin

Lire aussi – Utiliser l’eau de pluie à la maison et au jardin : avantages et astuces

Peut-on arroser le potager avec l’eau de pluie ?

Oui, mais mieux vaut arroser le sol plutôt que les légumes. Évitez de pulvériser l’eau sur les salades, fraises ou tomates prêtes à être récoltées.

Lavez toujours les légumes avec de l’eau potable avant de les consommer. Cette précaution reste importante, car l’eau peut avoir rencontré des déjections ou des salissures sur le toit.

Évitez l’eau provenant d’une toiture contenant du plomb ou de l’amiante. Ne récupérez pas non plus les ruissellements d’une terrasse ou d’une allée fréquentée par des véhicules.

Ce qu’il faut retenir
L’eau de pluie est idéale pour le jardin, mais elle n’est pas potable. Conservez-la dans une cuve fermée, opaque et filtrée. Au potager, arrosez de préférence la terre.

Peut-on récupérer l’eau de piscine pour arroser ?

L’eau d’une piscine représente parfois plusieurs dizaines de mètres cubes. Il peut donc sembler logique de la réutiliser lors d’une vidange.

Cette eau n’est pourtant pas anodine. Elle peut contenir du chlore, du brome, un stabilisant, des algicides ou des correcteurs de pH.

Une eau trop chlorée peut perturber les micro-organismes du sol. Elle peut également endommager les plantes les plus fragiles.

Attendre la disparition du désinfectant

Cessez tout traitement avant de récupérer l’eau. Laissez-la reposer à l’air libre et contrôlez le taux de désinfectant avec une bandelette.

Un simple repos ne règle pas tous les problèmes. Le stabilisant du chlore, certains algicides et les sels ne s’évaporent pas.

N’utilisez donc pas l’eau :

  • d’une piscine traitée au sel ;
  • après un traitement choc récent ;
  • si elle contient un algicide ou un produit floculant ;
  • si son pH est très déséquilibré ;
  • si elle est verte, trouble ou malodorante.

Réservez une eau correctement déchlorée aux pelouses, haies et plantes ornementales résistantes. Diluez-la et répartissez-la sur plusieurs zones.

Par prudence, évitez de l’utiliser sur le potager, les jeunes plants et les plantes en pots. Leur faible volume de terre concentre davantage les résidus.

Les eaux de vidange des bassins ne peuvent pas être librement rejetées dans le réseau public. Une dérogation de la commune peut être nécessaire.  Renseignez-vous donc auprès de la mairie ou du service d’assainissement avant une vidange importante.

Homme contrôlant avec une bandelette l'eau de piscine laissée au repos avant d'arroser le jardin

L’eau de piscine doit être déchlorée et contrôlée avant l’arrosage.

D’autres eaux faciles à récupérer dans la maison

Plusieurs litres d’eau propre partent quotidiennement dans les canalisations. Quelques bassines bien placées permettent de les récupérer.

Vous pouvez notamment conserver :

  • l’eau utilisée pour laver les fruits et légumes ;
  • l’eau d’une carafe non terminée ;
  • l’eau de renouvellement d’une gamelle ;
  • l’eau froide qui coule avant l’arrivée de l’eau chaude ;
  • l’eau issue du dégivrage du réfrigérateur.

Ces eaux peuvent être versées dans un arrosoir. Utilisez-les rapidement afin d’éviter leur stagnation.

En revanche, n’arrosez pas avec l’eau de vaisselle. Elle contient des graisses, des détergents et des résidus alimentaires. Évitez également les eaux contenant de la lessive, de la Javel ou des produits désinfectants. Même un produit présenté comme naturel peut modifier le sol.

Comment arroser moins tout en protégeant ses plantes ?

Récupérer l’eau est utile. Réduire les besoins du jardin l’est tout autant.

Arrosez tôt le matin ou en soirée, selon les restrictions locales. Dirigez l’eau vers les racines et évitez les arrosages superficiels répétés.

Un paillage épais ralentit l’évaporation. Il protège aussi le sol contre la chaleur et limite la pousse des herbes indésirables.

Vous pouvez utiliser :

  • des feuilles mortes ;
  • de la paille ;
  • du broyat de branches ;
  • des tontes préalablement séchées ;
  • des copeaux adaptés au jardin.

Le goutte-à-goutte apporte l’eau lentement au pied des plantes. Les oyas constituent également une solution intéressante pour les potagers et les grands bacs. L’Ademe recommande aussi le paillage, le goutte-à-goutte et le choix de plantes résistantes aux périodes sèches.

Enfin, une eau récupérée ne permet pas automatiquement d’ignorer les restrictions. Les règles varient selon l’origine de l’eau et le niveau d’alerte local. Vérifiez votre adresse sur VigiEau avant d’arroser.

Le saviez-vous ? Certaines communes subventionnent ou distribuent des récupérateurs d’eau de pluie. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Récupérez en priorité l’eau de pluie, l’eau de rinçage et l’eau de cuisson non salée. Soyez beaucoup plus prudent avec l’eau de piscine. Refusez toute eau contenant du sel, des détergents ou des produits de traitement.


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