L’alimentation des enfants de 3 à 10 ans : les bons réflexes

L’éducation alimentaire reçue pendant l’enfance conditionne pour beaucoup la façon de manger à l’âge adulte. Zoom sur l’alimentation des 3-10 ans…

Rédigé par Julie Lioré, le 15 Apr 2020, à 8 h 00 min

L’alimentation est primordiale pour bien se construire, tant physiquement que mentalement. Qu’il s’agisse de croissance (multiplication cellulaire), comme de développement (physiologique, hormonal, nerveux, etc.), les enfants ont des besoins bien spécifiques… surtout entre 3 et 10 ans.

Bien grandir : l’alimentation de 3 à 10 ans

Dorénavant, avec quasiment toutes ses dents, l’enfant peut manger comme les grands, mais en matière de consistances seulement.
Certes, ces petits êtres sont en pleine croissance, mais il ne s’agit pas non plus de leur donner des quantités d’adultes.

Laissez le maître des quantités qu’il va manger © Daniel Jedzura

Il est judicieux d’avoir toujours à l’esprit d’écouter son enfant. D’une part, il ne se laissera jamais mourir de faim, de l’autre, il est à l’écoute de ses signaux naturels (appétit, satiété), signaux que les adultes n’entendent plus toujours aussi clairement ou avec lesquels ils s’arrangent. Aussi, attention à ne pas brouiller les siens.
Chacun sa part : les parents décident quand, où et quoi manger, tandis que l’enfant détermine la quantité qu’il va avaler.

Faut-il interdire des aliments aux 3 – 10 ans ?

Il est aussi recommandé de n’interdire aucun aliment, afin de ne pas créer frustration, incompréhension et rapport à venir ambigu. Tout est question de fréquence et de quantité, qu’il est bienvenu d’expliquer. Le plaisir fait partie intégrante d’un comportement alimentaire équilibré.

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L’astuce est de dresser, dans la mesure du possible, une table diversifiée, colorée, composée de produits de qualité, entiers et de saison, savoureuse, conviviale et sans écran : votre enfant en fera ses habitudes de consommation plus tard, devenu adulte.

Variez les goûts et les astuces pour une bonne alimentation entre 3 et 10 ans

Cet âge est aussi celui des découvertes en tous genres : profitez-en ! C’est le bon moment pour leur faire goûter de tout, en réitérant l’expérience si les premières fois coincent. Surtout, ne pas se braquer ni punir, ce qui serait parfaitement contre-productif.

Évitez de braquer votre enfant © Africa Studio

Laisser son enfant venir ou revenir, ce qu’il fera d’autant plus s’il vous voit manger avec plaisir.

Il existe quantité d’astuces quand ça coince :

  • Misez sur la créativité à travers les formes (râpez par exemple, à l’aide d’un économe, les légumes qui s’y prêtent, pour en faire des tagliatelles à consommer crues ou légèrement cuites) ou la texture (quand ça croque, c’est ludique).
  • Colorez vos plats.
  • Agrémentez le repas d’un bol de soupe de légumes par exemple, ou d’ingrédients en supplément en permettant à l’enfant composer son assiette (petites graines, morceaux de pain, petits cubes de fromage, crème ou huile végétale, etc.).
  • Cuisinez, sous forme de quiches ou de crêpes, les légumes qui passent difficilement.
  • Et surtout, faites toujours goûter au moins une bouchée.

Comment faire manger des légumes aux 3-10 ans ?

Les légumes font souvent partie des aliments qui suscitent les premiers blocages, ils sont pourtant incontournables pour leur richesse en nutriments bâtisseurs et protecteurs : antioxydants pour leurs nombreux bienfaits, alcalinisants pour favoriser la solidité des os et prévenir des maladies métaboliques.

Ici encore, la curiosité toute neuve des enfants est une occasion à saisir pour les ouvrir aux légumes : apprenez-leur comment ils poussent, en visitant une exploitation agricole par exemple, montrez-leur-en toute la diversité en les emmenant au marché ou encore, rendez-les leur familiers, en les cuisinant avec votre enfant.

Mettez de la créativité dans les assiettes © kuvona

Il est prouvé que ce sont là les meilleurs moyens d’augmenter l’intérêt et l’attrait des enfants pour ce qu’ils mangent.

Doit-on donner des compléments alimentaires aux 3-10 ans ?

Les micronutriments en général assurent un bon métabolisme : du calcium, mais pas trop non plus, associé à du phosphore pour un rapport équilibré, qui favoriseront une bonne minéralisation du squelette en pleine croissance.

Il n’est pas inutile, pendant l’enfance, de supplémenter en vitamine D. Préférez une complémentation par petite prise quotidienne, plutôt que par une très grosse dose trimestrielle, bien difficile à gérer par le foie.
De même qu’il n’est pas superflu de complémenter en magnésium, un minéral qui a quasiment disparu dans les sols, donc dans les produits qui y poussent.

En définitive, avant la pré-adolescence, les enfants tendent à tenir un discours sur l’alimentation calqué sur les recommandations parentales et institutionnelles, discours qu’ils reprennent à leur compte jusqu’au moment où ça bascule : les pré-adolescents auront tendance à aller dans le sens contraire ou, quoi qu’il en soit, dans celui des copains. Mais dans la plupart des cas, ils reviendront sur ce qui a été acquis pendant l’enfance en entrant dans l’âge adulte, d’où l’intérêt de miser sur une transmission des bonnes habitudes pendant l’enfance.

Illustration bannière : Une jeune fille de 5 ans qui mange avec beaucoup d’appétit – © Jekatarinka
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Julie Lioré est docteure en anthropologie et naturopathe. Après plusieurs années de recherches appliquées sur les comportements alimentaires des jeunes,...

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