« Sans conservateurs », « sans colorants »… L’enquête qui invite à retourner le paquet

Certaines marques valorisent l’absence d’un additif tout en passant sous silence la présence d’autres additifs potentiellement préoccupants.

Rédigé par , le 4 Nov 2026, à 9 h 20 min
« Sans conservateurs », « sans colorants »… L’enquête qui invite à retourner le paquet
Précédent

« Sans conservateurs », « sans colorants », « sans exhausteurs de goût »… Ces mentions rassurantes fleurissent sur les emballages alimentaires. Mais elles ne garantissent pas un produit plus sain. Une enquête menée par Yuka et Que Choisir Ensemble dénonce cette pratique marketing, baptisée « additive washing ».

Additive washing : des promesses rassurantes, mais trompeuses

Dans les rayons des supermarchés, les marques multiplient les arguments pour séduire les consommateurs soucieux de leur santé. Un biscuit « sans colorants », un plat préparé « sans conservateurs » ou une confiserie « sans arômes artificiels » donnent spontanément l’impression d’être de meilleurs choix.

Pourtant, l’absence d’une catégorie d’additifs n’empêche pas la présence de plusieurs autres. C’est ce que dénoncent Yuka et Que Choisir Ensemble dans une enquête consacrée à l’« additive washing », une forme de marketing qui met en avant certaines absences pour valoriser la composition d’un produit.

Les deux organisations ont examiné 20 produits de grandes marques affichant des mentions rassurantes. Résultat : 19 contiennent au moins un additif considéré comme préoccupant selon leur classification, et 14 en renferment quatre ou davantage. Parmi les produits pointés figurent notamment des madeleines, des cordons-bleus, des sandwichs et des bonbons.

Sans conservateurs ne veut pas dire sans additifs

Un produit peut parfaitement être dépourvu de conservateurs tout en contenant des émulsifiants, des épaississants, des stabilisants ou des agents de texture. Ces substances remplissent différentes fonctions : améliorer la consistance, maintenir l’homogénéité d’une préparation ou prolonger certaines qualités du produit. Mais tous les additifs ne présentent pas les mêmes risques : certains sont considérés comme sûrs aux niveaux d’utilisation autorisés, tandis que d’autres font l’objet de recherches concernant leurs effets possibles sur la santé.

Les émulsifiants, notamment, suscitent un intérêt croissant. Plusieurs études observationnelles ont mis en évidence des associations entre une consommation élevée de certains d’entre eux et des risques accrus de maladies chroniques. Le problème n’est donc pas seulement la présence d’additifs, mais aussi l’impression de qualité sanitaire que peut donner une mention valorisante.

Vers des emballages alimentaires plus transparents ?

Face à ces pratiques, Yuka et Que Choisir Ensemble demandent un encadrement plus strict des mentions « sans » et une intervention des autorités de contrôle. L’objectif : éviter que les industriels utilisent l’absence d’un ingrédient pour suggérer une qualité globale que la composition du produit ne justifie pas forcément. En attendant une éventuelle évolution de la réglementation, un principe reste utile pour faire ses courses : ne pas confondre promesse marketing et qualité nutritionnelle.

Un aliment n’est pas nécessairement meilleur parce qu’il affiche « sans conservateurs » ou « sans colorants ». Ce qui compte, c’est sa composition dans son ensemble, mais aussi la place qu’il occupe dans une alimentation variée et équilibrée.


À lire aussi
Pourquoi le Nutri-Score reste facultatif



Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis