Shein, Temu, AliExpress… Une nouvelle surtaxe de deux euros
Face à l’afflux d’articles à bas prix qui déstabilise le commerce local, l’Union Européenne cible à nouveau les produits importés de pays tiers.

Face à l’explosion sans précédent des achats en ligne effectués sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress, l’Union Européenne durcit considérablement sa fiscalité douanière. Ce dispositif vise directement à rétablir une concurrence loyale, à protéger le marché intérieur et à financer des contrôles de sécurité devenus indispensables.
Un marché submergé par les envois chinois
À compter du dimanche 1er novembre, des « frais de traitement » de 2 euros s’appliquent donc sur l’ensemble des colis en provenance d’un pays hors UE. Cette redevance permanente vient s’ajouter à la taxe forfaitaire de 3 euros instaurée en juillet 2026 sur les paquets de moins de 150 euros. Appliquée dans le cadre des ventes à distance, cette somme est exigible pour chaque catégorie d’articles figurant dans un même envoi : un paquet contenant des vêtements et un gadget électronique subira ainsi une double taxation de 4 euros. Le montant de ces frais sera révisable tous les deux ans pour s’ajuster au coût réel des vérifications douanières.
Cette réponse politique entend freiner l’avalanche de marchandises qui submerge le continent à l’approche du Black Friday et des fêtes de fin d’année. En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés sur le territoire européen, soit plus de 180 par seconde, marquant une multiplication par quatre des volumes par rapport à 2022. Provenant à 93 % de Chine, cette masse d’envois rendait jusqu’alors impossible le contrôle systématique par les douanes des États membres, facilitant malgré elles l’entrée de contrefaçons et de produits non conformes aux normes de sécurité européennes.
Quelle responsabilité pour les vendeurs ?
Sur le plan juridique, la législation précise que cette redevance incombe directement aux plateformes de vente, aux commerçants ou à leurs intermédiaires logistiques. Selon le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), ces frais ne doivent en aucun cas être réclamés aux acheteurs après coup par les services postaux ou de livraison. Toutefois, s’il est interdit de les facturer sous forme de supplément à la livraison, rien n’empêche les sites marchands de répercuter cette nouvelle charge fiscale en augmentant discrètement leurs prix de vente initiaux.
Les mesures antérieures ont déjà fait la preuve de leur efficacité : la première taxe de 3 euros a entraîné une baisse de 64 % du flux de petits colis depuis juillet, tandis que la France a constaté une chute de 48 % de la TVA déclarée sur ces envois. Ce dispositif n’est toutefois qu’une étape transitoire au sein d’une réforme douanière d’envergure. D’ici juillet 2028, cette taxe fixe et les frais de traitement s’effaceront pour laisser place à l’application directe des droits de douane européens classiques sur l’ensemble des petits colis, harmonisant définitivement les règles du marché unique.
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