Suite de Sans gaspillage le monde mangerait à sa faim (1)
Le monde peut produire assez d’aliments pour nourrir les 6 milliards d’habitants de la planète. Cependant, nombreux sont ceux qui n’ont pas accès à suffisamment de nourriture pour vivre décemment.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 82 pays se trouvent dans une situation précaire.
Le boom démographie, bon plan pour les superpuissances agricoles
Les subventions versées par les pays de l’OCDE aux producteurs agricoles de leurs pays par an s’élevaient à 216 milliards de dollars (en 2006) tandis que 4% seulement de l’aide publique aux pays pauvres va à l’agriculture.
- Les exportations agricoles américaines battent des records en 2008 avec 83,5 $ milliards soit 4,5 milliards de plus qu’en 2007 selon le ministère de l’agriculture américain. Cette croissance est due à la hausse des prix des matières premières plus qu’à celle des volumes exportés.
La situation de pénurie fait souffrir les plus pauvres. La Banque mondiale a calculé que la consommation calorique des populations les plus pauvres diminue de 0,5% à chaque fois que le prix des principaux produits alimentaires augmente de 1%.
Lorsqu’une denrée alimentaire augmente, on la remplace par une autre, moins chère, mais moins riche, moins nourrissante.
Certains prônent la décroissance de notre consommation pour compenser l’augmentation de la demande alimentaire. Certes, une plus grande frugalité, une moindre consommation de viande rouge*, ne pourraient que faire du bien.
Pourtant ce courant de la décroissance est contesté ou, pour le moins, non incontournable pour résoudre le problème de sous nutrition planétaire.
Il suffirait de mettre fin au gaspillage colossal des ressources pour résoudre le problème. L’enjeu réside donc dans l’équilibre, le partage et le non gaspillage des ressources tout autant que de leur volume.
« Aujourd’hui, 20% de l’humanité consomme 80% des ressources naturelles », soulignent les partisans de la décroissance, pour qui « si on généralisait le mode de vie et de consommation européen ou américain à la surface du globe, on aurait besoin de 5 à 8 planètes ! ».*
Selon un des scénarios de prospective considéré par le GIEC, l’humanité devrait viser, en 2050, une consommation moyenne de 500 g de viande et de 1 litre de lait par semaine et par personne.
Or celle-ci est actuellement de 730 g et 1,5 litre rapportée à l’ensemble de la population de la planète, mais de 1,6 kg et de 4,2 litres au Royaume-Uni.
L’agriculture bio ne peut suffire à nourrir la planète
L’agriculture biologique, malgré ses avantages sanitaires évidents peut-elle être une voie de salut ? De nombreux experts en doutent :
Certes, une agriculture biologique bien maîtrisée permet d’obtenir des rendements très élevés parfois et produit une alimentation sans pesticides, ni insecticides.
En France, le rendement d’un hectare planté en blé bio était de 23 quintaux à l’hectare en 2007-08 contre 64,3 pour un hectare planté en blé traditionnel.Pourtant les ventes de produits agricoles bio sont très insuffisantes pour « fournir ».
Ces ventes de produits bio représentaient 1448 millions d’euros en 2004.
Le marché du bio est en croissance régulière depuis 1999, de en moyenne de + 9,5% par an. L’ensemble du marché alimentaire , lui, connaissait une progression de 3,6% seulement par an. Pourtant, le bio ne représente que 2% des surfaces et de la production en France.
- La moitié des produits bio est importé en 2007 et 2008 et les surfaces cultivées ne sont pas encore suffisantes pour répondre à la demane
- L‘aquaculture, elle non plus, ne peut suffire,
L’aquaculture, alternative à la pêche en mer, croît de 8% par an et produit 45 millions de tonnes de poissons. Mais l’aquaculture de poissons pose un problème car pour nourrir les poissons carnivores (bar, daurade, saumon, mérou) il faut d’autres poissons ou de la farine de poisson.
- Seule la conchyliculture, culture des moules, huîtres et autres coques, est relativement neutre sur l’environnement.
Lire la suite Sans gaspillage le monde mangerait à sa faim (3)
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Sur la filière bio
- La filière bio n’arrive pas à suivre
- L’Agriculture raisonnée, plus adaptée que le bio ?
- Le sorgho: source d’alimentation et de biocarburant?
- Résolution : J’essaye l’alimentation bio
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l’agriculture bio ne suffira jamais à nourrir la planéte entiére; mème en considérant une meilleure utilisation des sols pour augmenter de 10 à 20% les rendements bio actuels. De plus ,sur combien d’années, ces rendements seront maintenus. Il ne faut pas se voiler la face et admettre qu’une petite partie de la population mondiale pourra se permettre du bio et pour l’autre grande partie, elle devra obligatoirement manger des denrées issues de l’agriculture à haut rendement y compris des OGM . C’est une réalité incontournable. Seule une baisse trés importante de la démographie mondiale pourrait remédier un peu à cette situation
Vous affirmez : « L’agriculture bio ne peut suffire à nourrir la planète ». C’est une affirmation à nuancer : les progrès de l’agriculture bio en particulier grâce aux travaux de Claude Bourguignon sur la micro faune du sol tendent à montrer que l’on peut augmenter de manière significative les rendements de l’agriculture bio en redonnant de la vie à nos sols et en modifiant nos méthodes de culture.