Pouvoir d'achat. Le bio, plus cher ou pas ?
En ces temps difficiles pour beaucoup, où les termes de crise économique ou de baisse du pouvoir d'achat sont malheureusement une réalité à prendre en compte, consoGlobe a décidé de faire le point : acheter biologique revient-il moins cher oui ou non ? Écologie peut-elle rimer avec économie ? Consommer écolo renforce-t-il notre pouvoir d'achat ?

Première partie de ce zoom spécial avec l'alimentation : le bio, produit de luxe des supermarchés ?
Les Français et le bio, prêts à faire le pas ?
Selon l’étude Abarac, réalisée en 2000 par des chercheurs de l'Inserm, les produits bio présentent une qualité nutritionnelle supérieure de 30 % à celle des produits de l'agriculture conventionnelle. Et ils sont surtout plus sains et cultivés écologiquement, c'est-à-dire sans produits chimiques, pesticides, etc. aux effets néfastes pour notre santé et l'environnement.
Et nous sommes de plus en plus conscients des bienfaits du bio : si seulement 6% de Français consomment des produits bio tous les jours, le baromètre 2007 de l’Agence bio montre aussi que plus de 4 Français sur 10 consomment des produits bio au moins une fois par mois, 1 sur 4 au moins une fois par semaine, soit une tendance sans cesse à la hausse.
Cependant son prix, réputé très coûteux, reste un frein majeur à son développement et à sa consommation, même si 37 % des Français estiment normal de payer plus cher des produits bio (sondage CSA/Agence bio). Mais qu'en est-il vraiment ?
Bio et grandes marques, des prix équivalents
A partir d’un même panier type (15 produits courants) réalisé sur le supermarché en ligne (« cybermarché ») d’un grand distributeur français, consoGlobe a comparé les prix d’un panier de produits bio à ceux d'un panier de produits de grandes marques et d'un panier de produits de la marque du distributeur.
Pour les produits bio, nous avons en priorité sélectionnés ceux sous la marque bio du distributeur. A noter que l’intégralité du panier bio est certifiée par le label français AB.
Nous avons pris soin de prendre des produits équivalents tant au niveau du poids, du type d’emballage ou des valeurs nutritionnelles :

- Sur le coût total du panier, la différence de prix entre les produits bio achetés en ligne et ceux de la marque distributeur est de 35 %, un résultat très proche d'autres calculs comparatifs effectués précédemment. Cette différence de prix s’explique principalement par la main d’œuvre en plus que nécessite l’agriculture bio moins mécanisée, avec des unités d'exploitation plus petites et des rendements plus faibles que l’agriculture traditionnelle.
- Par contre, cette différence est quasi nulle entre notre panier bio et celui issu de grandes marques : seuls 61 petits centimes séparent les deux paniers ! Ceci explique sans doute que près des trois quarts des acheteurs de produits bio se fournissent en super et hypermarchés, qui proposent désormais leurs propres marques bio à des prix très proches des produits non bio des marques dites de qualité.
- Présents depuis plus de dix ans sur le créneau bio, Monoprix et Carrefour ont sans doute les gammes bio les plus étoffées, le premier cité ayant racheté la chaîne de produits bio Naturalia, tandis que le second propose en France près de 250 produits bio sous sa marque Agir.
Manger bio… manger écolo ?
Acheter des produits bio chez les grands distributeurs, notamment via leurs sites internet pour plus de rapidité, représente un investissement équivalent à l'achat de produits de grandes marques encore majoritaires dans les rayons. Mais c’est investir dans des produits plus sains et dont la culture est plus respectueuse de l’environnement.
Cependant, selon nous, trois problèmes subsistent pour ce qui est des achats bio en grande surface :
- Très peu de variétés de viandes et de poissons bio sont présents en grande surface, quelque soit le distributeur, avec des produits de la mer AB souvent limités aux filets fumés (saumon, truite…) et très coûteux alors que seuls le steak haché et le poulet bio sont proposés en viande (hors charcuterie).
- La faible capacité de production bio française (seulement 2% de notre surface agricole) et cette course aux petits prix par les distributeurs les poussent à importer près de 50 % des produits bio : plus de la moitié des fruits et légumes bio, ainsi que 40 % de l'épicerie sèche, proviennent de nos voisins européens, du Maroc, de Turquie, voire de beaucoup plus loin selon l'Agence bio. Résultat : des émissions de CO2 liées aux transports non négligeables.
- Les emballages des produits bio sont souvent identiques à ceux des produits « lambda », c’est-à-dire trop nombreux et avec des matières pas du tout écolo (plastique, papiers et cartons non recyclé, etc.).
Or manger écolo signifie aussi faire attention au suremballage, à la saisonnalité et au lieu de culture ou d’élevage des produits frais, etc.
C'est pourquoi les personnes désirant s’inscrire dans une démarche 100% bio ET écolo devront pour le moment privilégier les produits bio via les circuits les plus courts (vente locale ou directe) tels que les AMAP dont les prix des paniers restent constants et fixés en début de saison entre les consommateurs et les producteurs, même s'il ne s'agit pas de "premiers prix".
Mais il s'agit aussi d'un cercle "vertueux" : plus les "amapiens" seront nombreux, plus les producteurs pourront vivre de ce commerce direct et proposer des prix toujours plus accessibles. Alors, prêts à franchir le pas ?
A Lire également :
- Notre annuaire des AMAP
- Notre annuaire des labels bio
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- Manger Bio : bien plus qu’une mode
- Le calendrier des fruits et légumes de saison
- Alimentation: les Français pataugent
