Voyager sans avion, la nouvelle tendance de l’écotourisme

Pour aller jusqu’au bout dans leur démarche, de plus en plus d’éco-citoyens programment des vacances sans avion. Un choix qui peut être difficile, mais qui offre de nouvelles perspectives de vacances.

Rédigé par Pauline Petit, le 10 Mar 2019, à 12 h 40 min

À l’heure des vols low-cost, prendre l’avion s’est complètement démocratisé. On voyage en avion pour un week-end, pour des petites vacances, pour s’échapper au soleil ou aller faire la fête dans les grandes capitales. Un nouveau mode de vie qui a des impacts lourds sur l’environnement. En effet, l’avion est de loin le mode de transport le plus polluant. Toutefois, de plus en plus d’individus, préoccupés par le sort de la planète, optent pour les vacances sans avion : le meilleur choix en matière d’éco-tourisme.

Ne pas prendre l’avion : un engagement majeur pour l’environnement

Le magazine du Monde titrait le 22 février : « l’avion, plaisir coupable de l’écolo voyageur » et se moque gentiment de ces bobos qui vont à New York pour le week-end : « tous ces efforts louables pour acheter en vrac ou cuisiner les légumes bizarres du panier Amap n’auront rimé à rien s’ils prennent la direction de l’aéroport.»

voyager sans avion

Voyager sans avion peut aussi être exotique © Joyseulay

« Être végétarien si je prends l’avion, ça ne suffit pas », rappelle Jérémie Pichon, l’auteur de Familles en transition écologique : pour aller donc jusqu’au bout dans la cohérence et l’engagement écologique, certains éco-citoyens choisissent de limiter leurs voyages en avion, voire de les supprimer.

Dans son nouvel ouvrage, il rappelle certains chiffres : « Nous avons droit à 2,1 tonnes d’émissions de CO2 par an et par tête pour vivre sans réchauffer la planète. Or l’aller-retour Paris-New York c’est 2,2 tonnes de CO2 »(1).

Les vacances sans avion, un choix cohérent pour l’éco-tourisme

Pas toujours facile de renoncer aux voyages en avion lorsqu’ils sont parfois moins chers que le train, ou bien lorsqu’on aime partir à la découverte de pays exotiques. Toutefois, les voyages en avion doivent devenir l’exception, et non la règle, si l’on veut limiter le réchauffement climatique.

Et les vacances sans avion peuvent être tout à fait dépaysantes, et réserver de nombreuses surprises. De plus en plus d’éco-citoyens suppriment l’avion de leurs moyens de transport, et redécouvrent les joies des modes de transport doux. Une question de cohérence écologique, mais aussi de choix personnels ou d’envies : aller plus lentement, partir à la rencontre des autres et relocaliser. On devient locavore, on achète français, on voyage également local. Au point de devenir la nouvelle tendance de l’éco-tourisme ?

Laurène, 25 ans, éco-citoyenne convaincue, ne prend plus l’avion depuis trois ans : « l’été dernier, j’ai fait un tour d’Europe sans avion : l’Italie, le Monténégro, la Hongrie, l’Allemagne, en bus, en train et en bateau : des vacances inoubliables ! »

Les temps de transport sont plus longs, certes, mais ils permettent de prendre le temps d’aller à la rencontre des habitants. Sans avion, on part moins loin, mais on peut être tout autant dépaysés en s’éloignant du tourisme de masse.

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Prendre le temps du voyage © artistan

Quel exotisme trouve l’Allemand en week-end à Ibiza, qui écoute un DJ de son pays entouré de centaines de ses comparses ? C’est aussi pour fuir ce type de tourisme qu’ils sont, comme Laurène, de plus en plus nombreux à délaisser l’avion. Elle y a pris goût, et organise parfois des escapades en Italie en train-couchette avec son amoureux : « On s’endort à Paris et on se réveille à Gênes : c’est pratique, cela économise une nuit d’hôtel et cela a un petit côté romantique ! »

Pour cet été donc, on devient éco-touriste jusqu’au bout et on renonce à l’avion. L’occasion de planifier des vacances en vélo en France, de s’offrir le luxe d’une croisière en voilier ou de renouer avec le voyage en train. Des slow vacances à l’image de nos nouveaux modes de vie. On essaie ? Promis, vous ne regretterez pas l’avion, ses contrôles stressants, ses aéroports aseptisés et ses hôtesses-vendeuses des vols low-cost !

Illustration bannière : Voyage en vélo – © Guaxinim
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. 90% des déplacements en avions sont inutiles, tout comme ces voyages en paquebots de croisière grand luxe, qui consomme 350 tonnes jour de mazout,conbustible 3500 fois plus polluant que le gasoil de nos voitures diesel, qui polluent autant qu’UN MILLION DE VOITURES, cherchez l’erreur.

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