Tops & Flops de la consommation durable en 2014

Rédigé par Stephen Boucher, le 22 Jan 2015, à 12 h 37 min
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Les flops de la consommation durable…

On a plutôt l’esprit optimiste à consoGlobe, mais l’actualité a été riche en flops en 2014. Notre palme du Flop est donc cette année décernée collectivement aux autorités publiques, françaises et européennes pour leur recul net en matière de protection de l’environnement.

Flop 1 – Les gouvernements européens oublient l’environnement

A l’inverse de l’engagement des citoyens primé par notre Top 1, les autorités publiques françaises, britanniques et européennes ont fait marche arrière sur des dossiers essentiels. En France, on retiendra le recul sur Ecomouv, sur la taxation diesel, les controverses sur le center parc de Roybon, le barrage de Sivens, un projet de loi sur la transition énergétique accueilli sans enthousiasme car doté de peu de moyens, l’absence d’outils de mise en oeuvre pour la rénovation thermique des bâtiments, le manque de clarté sur la ferme des 1000 vaches, un aller et retour sur le loup se soldant par un décret autorisant leur prélèvement lors des chasses au grand gibier… le bilan environnemental français de 2014 aura été pour le moins mitigé.

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Une vache… ou un numéro ?

En Grande-Bretagne, le gouvernement conservateur de David Cameron, qui se voulait « le plus vert » de l’histoire britannique, parle maintenant de mettre fin à « cette merde verte » (« green crap »). Entendez par là la fiscalité environnementale et le soutien aux énergies renouvelables. Le très conservateur et anti-environnementaliste chancelier britannique George Osborne a ainsi orchestré un investissement sans précédent dans les énergies fossiles et un abandon massif des énergies renouvelables en 2014. Au niveau européen, les gouvernements se félicitaient fin octobre d’un maigre objectif de 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Quant à la nouvelle Commission européenne, intronisée le 1er novembre 2014, elle décidait immédiatement après son arrivée l’abandon des projets législatifs pour la qualité de l’air et pour l’économie circulaire. Au niveau international, la conférence de Lima sur le réchauffement climatique aboutit mi-décembre à « un accord qui ne Lima rien », selon l’évaluation ironique du Réseau Action Climat. Autant d’hésitations que de retours en arrière, comme si environnement et économie étaient, de nouveau, antinomiques dans l’esprit des dirigeants. Lire aussi :

Flop 2 – L’huile de palme patine en 2014

Elle est partout, dans le sucré et le salé, on la mange du matin au soir, souvent sans le savoir. C’est « l’huile végétale » qu’indiquent les étiquettes d’ingrédients. Mai 2014, l’offensive contre l’huile de palme repartait de plus belle avec un rapport du Sénat recommandant de nouveau après un précédent échec une taxe supplémentaire sur celle-ci, en raison de ses impacts sanitaires et environnementaux. Différentes campagnes ont continué à mettre la pression sur les grands groupes employant de l’huile de palme ne provenant pas de sources traçables et reconnues. Le Rainforest Action Network diffusait une vidéo touchante d’un orang-outang échangeant avec une jeune fille sourde et muette, tandis que Greenpeace maintenait la pression sur les grands groupes notamment Procter & Gamble.

Résultat : nombre des plus grands acteurs du secteur ont annoncé tourner le dos aux huiles ne respectant pas le label RSPO et se sont engagés à éliminer la déforestation, les violations des droits de l’homme et de la pollution climatique de chaînes d’approvisionnement. A la fin de l’année, le grand groupe Unilever, l’un des principaux consommateurs d’huile de palme pour la fabrication de produits tels que margarine, glace, savon et shampooing, devait ainsi être passé à 100 % de sources certifiées fin 2014. De plus, le sommet sur le climat des chefs d’État réunis à New York fin septembre se concluait  – ce fut l’un des seuls résultats tangibles – sur un engagement à stopper la déforestation d’ici 2030

Flop 3 – Renault débranche l’hybride rechargeable

Renault présentait en grande fanfare lors de l’édition 2014 du salon automobile de Paris un modèle de berline compacte hybride rechargeable, ne consommant qu’un 1L/100km et émettant moins de 40g/km. Changement de stratégie quelques semaines plus tard : Renault préfère désormais se concentrer sur le 100 % électrique et ne commercialisera pas l’hybride rechargeable en 2015.

Flop 4 – Le gaz de schiste s’essouffle

Après des débuts tonitruants, 2014 aura marqué un net retournement de tendance pour le gaz qui divise. Épuisement plus rapide qu’anticipé de nombreux puits aux États-Unis, gouvernement polonais qui annonce des performances moindres que prévu, des investisseurs qui se retirent du marché, les autorités françaises qui confirment leur opposition malgré les déclarations de l’un ou l’autre responsable politique en cours d’année. Clairement 2014 aura marqué un revirement par rapport à l’enthousiasme de certains les années précédentes.

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Photo prise près d’une installation de fracturation hydraulique, aux USA

Flop 5 – La cigarette électronique s’époumone

Passé le temps de l’engouement, 2014 aura été marquée par les controverses relatives aux risques liés à la consommation d’e-cigarette, ou cigarette électronique, notamment concernant de possibles substances cancérogènes. En août, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mettait en garde contre l’utilisation de l’e-cigarette par les mineurs, l’exposition à leurs vapeurs dans les lieux fermés, et soulignait leur danger pour les foetus. Une autre étude, publiée en septembre 2014 dans la revue « Cancer », conduite auprès de 1100 fumeurs atteints de cancer montrait que les patients ayant utilisé des e-cigarettes avec des cigarettes traditionnelles sont plus dépendants à la nicotine que les ceux qui n’ont pas utilisé la cigarette électronique. S’ils furent dénoncés comme « exagérés » par certains spécialistes de la santé, qui soulignent le bilan globalement positif, ces rapports ont conduit certains États européens, notamment la Belgique et l’Italie, à interdire l’utilisation des cigarettes électroniques dans les lieux publics fermés.

Nouvelle consommation durable : que surveiller en 2015 ?

A n’en pas douter, 2015 apportera son lot de tendances et produits marquants : démocratisation des imprimantes 3D, objets connectés, introduction du compteur électrique intelligent Linky, mobilisation pour la conférence internationale sur le climat… nombreuses seront les occasions de développer de nouvelles pratiques de consommation durable. Les marques ont déjà planché sur les nouveaux produits, formats et contenus qu’elles nous proposeront en 2015. La concurrence croissante et l’innovation persistante permet d’ores et déjà d’imaginer que les produits qui nous seront proposés cette année ne manqueront pas de nous étonner.

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Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à la Fondation européenne pour le Climat (European Climate Foundation), où il était responsable des...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. On constate la stupidité de nos gouvernants!
    Heureusement que nombre de citoyens, d’associations se démènent pour une société plus écologique, plus sociale.

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