Pour sauver la planète, travaillons moins… Vive la semaine de quatre jours !

Un think tank britannique propose de passer à la semaine de quatre jours pour réduire notre empreinte carbone. On trouve que c’est une très bonne idée ! Pas vous ?

Rédigé par Paul Malo, le 20 Apr 2019, à 7 h 50 min

De l’autre côté de la Manche, un « think tank » indépendant préconise de passer à la semaine de quatre jours pour polluer moins.

La semaine de quatre jour pour une baisse rapide des émissions de CO2

Faut-il pousser la logique jusqu’à l’absurde ? Si l’on ne travaillait plus du tout, nous réduirions énormément notre empreinte carbone. Certes, il en serait peut-être de même de notre productivité… et certainement de nos revenus !

Faudra-t-il repenser notre temps de travail pour repenser la planète ? ©Trum Ronnarong

Pourtant, Autonomy, un think-tank britannique suggère très sérieusement de passer à la semaine de quatre jours pour améliorer notre empreinte carbone(1).

Repenser le temps de travail

Car la théorie prônée tient la route : repenser le temps de travail pour repenser les politiques énergétiques. Mais pas seulement. D’abord, selon Juliet Schor, professeure de sociologie de l’Université de Boston , « des horaires réduits entraînent une directe baisse des émissions » et « il n’y a pas de meilleur moyen pour répondre aux nouvelles politiques énergétiques que de repenser le temps de travail ».

Mais en plus, au lieu de nuire à la productivité au sein des entreprises, passer à la semaine de quatre jours permettrait à la fois de réfléchir à une meilleure organisation du travail, de réduire le stress des salariés et que chacun bénéficie d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Bénéfique pour les travailleurs, et la société

« Nous reconnaissons que raccourcir la semaine de travail n’est pas dans la culture britannique, mais c’est la seule voie possible, et cela supposerait également de mettre en place une politique économique plus large », précisent les auteurs du rapport.

Ils insistent également sur le fait que « cette transition, vers une semaine de travail plus courte, est possible dès maintenant et est tout sauf une utopie abstraite. Cette réduction du nombre d’heures d’une semaine complète est bénéfique en termes de travail, pour les travailleurs et plus largement pour la société ».

Raccourcir les horaires de travail réduirait la pollution des villes © bbernard

Cette théorie en recoupe d’ailleurs d’autres : dès 2006, une étude américaine faisait la mesure suivante : adopter le temps de travail de l’Union européenne permettrait de réduire de 20 % la consommation d’énergie des États-Unis(2).

De même, selon les calculs d’autres chercheurs nordiques, une baisse de 1 % des horaires de travail pourrait entraîner une baisse de 0,8 % des émissions des gaz à effet de serre. Pour un jours de moins par semaine, faites le calcul…

« Il n’y a aucune corrélation entre la productivité et le nombre de travail par jour », confirme Autonomy. À l’inverse, « réduire le temps de travail aide à réduire la pollution de l’air et notre empreinte carbone globale ». De même, « réduire le nombre de trajets vers et depuis le travail réduirait le niveau de pollution de l’air des villes britanniques ».

Une meilleure répartition du temps entre hommes et femmes

À cela s’ajouterait le fait que disposer de plus de temps libre, inciterait à pratiquer des activités moins énergivores et polluantes. « Nous soulignons l’importance du temps de non travail pour la santé physique et mentale, et le bien-être en général. Si les vacances permettent aux employés de se reposer et de récupérer, il faut plus de temps libre plus régulièrement pour alléger le poids du travail et augmenter le sentiment d’autonomie ».

Accorder plus de temps libre aux travailleurs encouragerait des activités et des mobilités moins énergivores © Monkey Business Images

Par ailleurs, les tenants de la semaine de quatre jours soulignent que son adoption permettrait également de combattre un nouveau dualisme, celui entre ceux qui peuvent se permettre d’avoir du temps libre, et les autres.

Enfin, souligne ce rapport, à une époque où les deux membres d’un couple travaillent, les femmes portent encore bien souvent en sus la charge de la famille et de la maison. Des femmes qui sont également plus souvent à temps partiel, moins payées et avec des perspectives de carrière amoindries.

« Raccourcir la semaine de travail serait une condition nécessaire (et non suffisante) pour un temps mieux réparti entre les genres ». Alors la semaine de quatre jours, on approuve à 100 % !

Illustration bannière : Homme se prélassant au bureau -© Roman Samborskyi
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