Procrastination : la science explique enfin pourquoi vous remettez tout à demain

Remettre au lendemain, repousser encore… et culpabiliser ensuite. La procrastination n’est pas qu’un simple manque de volonté : elle pourrait bien être inscrite dans notre cerveau.

Rédigé par , le 24 Mar 2026, à 8 h 12 min
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Une étude de l’université de Bochum (Allemagne) a peut-être enfin trouvé l’explication scientifique à la procrastination. Si certains repoussent systématiquement les tâches importantes, cela serait dû à deux parties de leur cerveau… mal connectées. Décryptage et solutions.

Deux parties du cerveau pour expliquer la raison de la procrastination

Pourquoi faire quelque chose que l’on fera aussi bien demain ? Vous êtes adepte de cette phrase et donc de la procrastination. Pas de panique, les scientifiques ont peut-être enfin découvert pourquoi. En effet, dans une étude, des chercheurs de l’université de Bochum (Allemagne) ont ainsi identifié deux parties du cerveau qui peuvent être responsables de la différence entre les procrastinateurs et les autres(1).
Pour mener à bien leur travaux, les chercheurs ont examiné le cerveau de 264 personnes grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ils ont à la fois analysé le volume de régions spécifiques du cerveau et les connexions entre ces régions. Les participants à l’étude ont également répondu à une enquête sur leur capacité à contrôler leurs actions.

procrastiner ne serait pas un défaut moral… mais une question de fonctionnement cérébral.
 

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Distractions au travail

Les Français champions de la procrastination

Au final, les personnes ayant un faible contrôle de l’action disposaient d’une amygdale (ou complexe amygdalien : une partie du cerveau à ne pas confondre avec les amygdales du larynx !) plus grande, évaluant les scénarios et les conséquences négatives qu’une action pourrait avoir. Elles ont aussi une connexion moins prononcée entre l’amygdale et le cortex cingulaire antérieur dorsal (ACC), qui utilise les informations provenant de l’amygdale pour déterminer ce qu’il faut faire dans une situation donnée. Cette étude démontre que l’on ne peut pas contrôler ses actions avec succès si la connexion entre l’amygdale et l’ACC dorsal est altérée. Pour rappel, les Français sont champions de la procrastination. Une étude OpinionWay, publiée en mars 2018, révèle pour la première fois les chiffres de la procrastination dans notre pays et ils sont édifiants.

Les résultats

  • 49 % des Français procrastinent au moins 1 heure par jour au travail
  • 22 % repoussent leurs tâches plus de 2 heures quotidiennement
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Il y a toujours mieux (et drôle) à faire que de travailler

Le tri et le rangement sont les occupations qui sont sans cesse reportées au lendemain.

Nos conseils anti-procrastination

Il est souvent plus facile de s’occuper que d’accomplir les tâches que l’on a à faire et de faire porter la faute au manque de temps ! Pour pallier à ça :

  • Si vous n’avez pas de deadline, concentrez-vous sur des périodes actives définies : utilisez un minuteur. Par exemple en périodes de 25 minutes, avec des pauses de 5 minutes et une pause plus longue toutes les 90 minutes.
  • Rédigez une liste de choses à faire, mais divisez-la en plusieurs tâches plus petites et plus spécifiques. Cela les rend plus faciles à agir et à compléter.
  • Minimiser les interruptions (notifications, appels…). Mettez votre téléphone sur le mode avion ou installez-vous dans un endroit calme.

Retrouvez nos conseils pour remédier à la procrastination

La recette « anti-crastination » : le rituel des 5 minutes

Face à une tâche qui vous paralyse, appliquez la règle des 5 minutes. Dites-vous que vous n’allez vous y consacrer que 5 minutes. Pas plus. Ce petit contrat avec soi-même désamorce l’amygdale, qui a tendance à surévaluer la difficulté de la tâche. Une fois lancé, il est souvent beaucoup plus facile de continuer. C’est ce qu’on appelle le « effet Zeigarnik » : notre cerveau déteste les tâches inachevées et va naturellement vouloir terminer ce qu’il a commencé.

Réflexion : et si la procrastination était aussi une forme d’intelligence ?

Si la science pointe du doigt une mauvaise connectivité neuronale, la procrastination a aussi ses défenseurs. Certains chercheurs estiment qu’attendre le dernier moment peut booster la créativité et la concentration. En reportant une tâche, notre cerveau travaille en arrière-plan de manière inconsciente, ce qui peut aboutir à des solutions plus innovantes. Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas d’éliminer la procrastination, mais d’apprendre à la maîtriser pour qu’elle devienne un outil et non un handicap.

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