La pollution au plastique constatée jusqu’au plus profond de l’océan

Plus aucune zone de l’océan Pacifique ne semble être épargnée par la pollution au plastique, ont conclu des chercheurs de l’université de Newcastle, après une expédition dans la fosse des Mariannes et des analyses en laboratoire.

Rédigé par Anton Kunin, le 16 Nov 2017, à 12 h 00 min

La masse du plastique présent dans l’océan est estimée à 300 millions de tonnes, dont 250.000 tonnes flotteraient à la surface. Soit pas moins de 5.000 milliards de morceaux. Sale soupe à laquelle s’ajoutent 8 millions de tonnes supplémentaires tous les ans.

La fosse des Mariannes, un sanctuaire de… plastique

La présence du plastique dans les océans n’est plus un secret pour personne. En revanche, la prise de conscience de l’ampleur du phénomène est récente et augmente de jour en jour.

De retour de leur expédition vers les cavités les plus profondes de la planète, une équipe de chercheurs de l’université de Newcastle vient d’analyser ses prélèvements, et le résultat fait froid dans le dos : même les crevettes habitant au fond de la fosse des Mariannes, l’endroit le plus profond de la Terre (11.000 mètres), ont dans leur corps des particules de plastique.

Il s’agit de nylon, de polyéthylène et de polyvinyles chimiquement semblables au PVC. Même de la rayonne, la première fibre artificielle développée au XIXe siècle pour constituer un substitut au nylon, a été trouvée.

Le plastique dans les océans, ça ne nous fait plus rire

« Savez-vous pourquoi les [Français / Belges / Suisses / Québécois…] nagent au fond de la piscine ? » « Non, pourquoi… ? » « Parce qu’on leur a dit, qu’au fond, ils n’étaient pas si cons… »

Eh bien, pour le plastique, hélas, au fond c’est tout aussi con qu’en surface.

Jusqu’ici, la fosse des Mariannes, une cavité située au fond de l’océan Pacifique entre le Japon, les Philippines et le territoire américain de Guam, était considérée comme un sanctuaire à l’abri de la pollution. Mais comme le démontre cette étude, ce n’est plus le cas.

En 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans

Lorsqu’on parle de plastique que l’on trouve au fond des océans, il ne s’agit bien sûr pas de bouteilles. Au cours des décennies, en flottant à la surface, sous l’effet du soleil, du vent et de l’eau, elles se désintègrent en une multitude de morceaux microscopiques.

Ces particules invisibles à l’oeil nu sont inévitablement ingérées par la faune marine, qui ne les voit pas non plus. Les 90 crevettes habitant au fond de la fosse des Mariannes qu’Alan Jamieson et son équipe ont analysées en avaient toutes dans leur corps.

Comme l’explique le docteur Jamieson, les chimistes ont certes réussi à créer un matériau qui ne se désintègre jamais complètement, mais ils n’ont pas pensé à ce qu’il deviendrait une fois au contact de l’environnement. Un plastique qui s’est retrouvé dans l’océan peut soit être transporté par les vagues et échouer sur la terre ferme, soit se désintégrer et finir au plus profond de l’océan.

Les scientifiques estiment que la masse de plastique se retrouvant dans les océans s’alourdissant, son poids devrait dépasser celui des poissons d’ici 2050. À moins qu’une vaste et coûteuse opération de dépollution ne soit entreprise. En attendant, évitez le plastique et recyclez-le au pire.

Illustration bannière – Fonds marin © superjoseph
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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