Après-confinement : les Français se tournent vers des métiers écolos

Le confinement leur a donné de nouvelles idées. Les Français souhaitent plus que jamais redonner du sens à leur travail et devenir acteurs de la transition écologique.

Rédigé par Stéphanie Haerts, le 23 Aug 2020, à 12 h 25 min

Avec le confinement, les Français ont eu le temps de réfléchir au sens qu’ils voulaient donner à leur travail. Certains ont décidé de tout changer afin que leur activité soit plus cohérente avec leur philosophie de vie.

Entamer une reconversion écolo

La crise sanitaire a sans aucun doute accéléré le virage écologique. Les Français se sont retrouvés confinés pendant plusieurs mois et ont eu le temps de faire le point sur l’activité qu’ils occupaient. Loin des open space, certains veulent débuter une activité qui, à leurs yeux, a davantage de sens et d’utilité pour le monde de demain. Ils décident de reprendre un commerce permettant de consommer local, une coopérative ou encore de se reconvertir dans les énergies renouvelables ou la gestion des déchets.

Les projets de reconversion fleurissent depuis que l’épidémie de Covid-19 est arrivée dans l’Hexagone. Comme l’explique Clara Délétraz, co-fondatrice de Switch Collective, spécialisée dans l’accompagnement de projets de reconversion professionnelle, dans des propos rapportés par Slate : « L’aspect green, société durable, ça reste la grosse tendance dans les projets de reconversion. On a vu une accélération du questionnement autour de cette problématique après le confinement ».

Donner du sens à son travail

métier écologie

Les Français sont nombreux à ne plus vouloir d’un travail dépourvu de sens pour eux – © BongkarnGraphic

Les Français savent qu’ils ont un rôle à jouer. Ils veulent plus que jamais aligner leur philosophie de vie et leurs valeurs avec leur travail. Cela leur donne une motivation supplémentaire et leur permet de mettre leur énergie à profit de projets qui façonneront un monde meilleur. Ils veulent également agir sans plus attendre pour lutter contre le changement climatique. Fanny Viry, fondatrice de l’Institut Transitions, un organisme lyonnais qui formera des personnes qui souhaitent se convertir aux métiers de l’écologie, indique : « Il y a une prise de conscience de la nécessité de changer notre société. Le fait qu’on soit submergé de demandes à Institut Transitions, mais aussi l’élection d’un maire écologiste à Lyon en sont les symptômes. »

Une enquête, réalisée par Kantar TNS pour Randstad datant de 2019, rapportait qu’un Français sur cinq ne perçoit ni l’utilité ni le sens de son travail. De plus, 18 % des Français ont le sentiment d’occuper un « bullshit job ». Depuis le confinement, les Français sont plus que jamais déterminés à changer cette situation. Ils veulent  s’engager dans des démarches de développement durable et de solidarité à travers leur travail, qui occupe une grande partie de leur temps. Les Français semblent également moins se soucier du rang qu’ils occupent et de leur pouvoir et aspirent à davantage de qualité, de sens dans ce qu’ils font au quotidien. Chacun veut faire ce qu’il peut pour changer le monde dans le bon sens.

Les nouvelles générations mobilisées

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S’engager dans des métiers proches de la nature ou de la terre est une tendance depuis quelque temps, accélérée par le confinement – © muse studio

Les jeunes générations, de plus en plus conscientes des ressources limitées de la planète, veulent agir au quotidien. Alors que beaucoup font déjà de petits gestes chez eux, ils recherchent dans le même temps des entreprises engagées dans la transition énergétique. Ils ont pour certains le sentiment d’une dissonance entre leurs actions éco-responsables et les décisions des entreprises dans lesquelles ils travaillent.

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’utilité de travailler pour une entreprise qui contribue à augmenter le réchauffement climatique. Le collectif Pour un réveil écologique cherche à intégrer les enjeux écologiques dans les futurs métiers des étudiants. Le collectif aide les étudiants en mettant à leur disposition des outils concrets pour leur permettre de trouver un emploi en adéquation avec leur pensée écologique. Amélie Clerc, membre du collectif Pour un réveil écologique explique dans Slate : « Beaucoup d’étudiants engagés dans la transition écologique ne sont pas en phase avec les emplois proposés par les entreprises. À quoi ça sert d’aller au travail à vélo si cette entreprise contribue à détruire la planète ? Il y a une vraie réflexion sur quel emploi, dans quelle entreprise, je peux occuper pour m’inscrire dans la transition écologique. » La crise du Covid-19 est venue renforcer le besoin d’agir au plus vite. Pour beaucoup, c’est l’occasion de réévaluer les activités réellement nécessaires à notre système économique.

Illustration bannière : Métier écologie – © Iakov Filimonov
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