Pourquoi plus d’un Français sur deux aurait préféré naître il y a 50 ans

Et si le malaise générationnel s’exprimait par un simple choix de date de naissance ? Selon un vaste sondage international, une majorité de Français affirme qu’elle aurait préféré venir au monde en 1975 plutôt qu’en 2025.

Rédigé par , le 5 Jan 2026, à 10 h 33 min
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Ce résultat place la France en tête des pays les plus nostalgiques, révélant un sentiment profond de déclassement, de perte de repères et d’inquiétude face à l’avenir, bien au-delà d’un simple regard tourné vers le passé.

En France, 1975 s’impose comme une date refuge

Le résultat frappe par son ampleur. En France, 57 % des personnes interrogées déclarent qu’elles auraient préféré naître en 1975 plutôt qu’en 2025, selon un sondage Ipsos publié début janvier 2026. Ce chiffre place l’Hexagone en tête des pays les plus critiques à l’égard du présent, loin devant la moyenne mondiale établie à 44 %. À l’inverse, seuls 14 % des Français disent préférer naître en 2025, un écart qui souligne un déséquilibre générationnel marqué.

Ce choix de 1975 ne relève pas uniquement d’une nostalgie abstraite. Il traduit un sentiment largement partagé selon lequel la société française aurait offert davantage de stabilité, de sécurité et de perspectives il y a cinquante ans. Ainsi, 70 % des Français estiment que les gens étaient plus heureux en 1975 qu’en 2025. De plus, près de trois quarts des répondants jugent que le sentiment de sécurité et la qualité de l’environnement étaient meilleurs à cette époque. Ces perceptions nourrissent un récit collectif où 1975 apparaît comme un âge d’équilibre, même si cette vision est en partie idéalisée.

Un autre élément révélateur concerne la perception du progrès sanitaire. Les Français interrogés estiment en moyenne l’espérance de vie en 1975 à 80,3 ans, alors qu’elle atteint en réalité environ 83,6 ans en 2025. Cette sous-estimation illustre un paradoxe central : malgré des indicateurs objectifs en amélioration, le sentiment général reste dominé par l’idée d’un recul global des conditions de vie, renforçant la préférence pour 1975.

Le clivage générationnel autour de 1975 se précise

Derrière la moyenne nationale, le sondage révèle des fractures générationnelles nettes. La génération Z, née entre 1997 et 2012, constitue une exception notable dans le paysage français. Toujours d’après ce sondage, 38 % des jeunes Français préfèrent être nés en 2025, contre 34 % qui choisiraient 1975. Cette inversion relative distingue nettement les plus jeunes des générations précédentes, beaucoup plus critiques à l’égard du présent.

Ce résultat suggère que les générations n’ayant pas connu les Trente Glorieuses ou les décennies de forte croissance projettent moins de nostalgie sur 1975. Pour une partie de la jeunesse, 2025 incarne au contraire des opportunités liées aux avancées technologiques, à la diversité des parcours et à l’accès à l’information. Toutefois, cette préférence reste minoritaire à l’échelle nationale et ne suffit pas à inverser la tendance générale.

Chez les générations plus âgées, le choix de 1975 est largement dominant. Ce positionnement s’explique par une mémoire collective associant cette période à une insertion professionnelle plus rapide, à un accès facilité au logement et à des perspectives sociales perçues comme plus lisibles. Selon Ipsos, cette comparaison intergénérationnelle alimente un sentiment de déclassement, renforçant l’idée que le progrès ne bénéficie plus équitablement à l’ensemble de la population.

Ainsi, le clivage autour de 1975 dépasse la simple question de l’âge. Il reflète des trajectoires de vie contrastées et un rapport différencié à l’avenir, où la promesse de progrès apparaît de moins en moins universelle.

Hors de France, 1975 reste une référence, mais pas universelle

Cette nostalgie française n’est pas un cas isolé. Dans le monde, 44 % des personnes interrogées déclarent qu’elles auraient préféré naître en 1975. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités nationales, révélatrices de trajectoires économiques et sociales contrastées.

En Europe et en Amérique latine, plusieurs pays affichent des niveaux de nostalgie comparables à ceux observés en France. En Belgique et au Mexique, 53 % des répondants auraient opté pour une naissance en 1975 s’ils avaient le choix, tandis que 52 % des Britanniques et des Néo-Zélandais font le même choix. Dans ces pays, le sentiment d’un recul du bien-être collectif s’exprime de manière convergente, souvent lié à la hausse du coût de la vie et à l’incertitude économique.

À l’inverse, certaines nations se démarquent nettement. La Corée du Sud constitue l’exception la plus frappante : 44 % des personnes interrogées y préfèrent naître en 2025, contre seulement 19 % qui choisiraient 1975. Cette singularité s’explique par une trajectoire de développement rapide, où les progrès récents en matière de niveau de vie et d’opportunités sont perçus comme supérieurs à ceux du passé. Enfin, le sentiment mondial reste globalement pessimiste. À l’échelle planétaire, 55 % des sondés estiment que leur pays était plus heureux il y a cinquante ans, contre seulement 16 % qui considèrent que l’ambiance est meilleure aujourd’hui.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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