Cactus de la consommation : ces entreprises qui ont bafoué les droits des consommateurs en 2025

Comme chaque année, le magazine 60 millions de consommateurs a dévoilé, le 30 décembre 2025, son palmarès des pratiques commerciales les plus défaillantes de l’année.

Rédigé par , le 2 Jan 2026, à 10 h 28 min
Cactus de la consommation : ces entreprises qui ont bafoué les droits des consommateurs en 2025
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Baptisés Cactus de la consommation, ces prix « honorent » les entreprises qui ont le plus déçu les consommateurs, souvent au détriment de leur santé, de leurs droits ou de l’environnement.

Une mode de Noël qui pique : Shein décroche le Cactus d’or

Le magazine 60 millions de consommateurs vient d’annoncer les « lauréats » des « Cactus de la consommation » pour l’année 2025. Cette neuvième édition met en lumière des manquements allant de produits dangereux à des campagnes commerciales trompeuses, en passant par des pratiques d’obsolescence et de pression sur les consommateurs.

Le Cactus d’or 2025 revient à Shein, tristement célèbre pour ses pratiques commerciales agressives et son modèle de fast fashion jugé « dévastateur » par 60 millions de consommateurs. Cette année, la plateforme a été sanctionnée par plusieurs autorités : elle a dû payer 40 millions d’euros d’amende pour tromperie sur les réductions de prix, dans des campagnes promotionnelles où près de six annonces sur dix ne proposaient en réalité aucune vraie baisse de prix ; et 150 millions d’euros supplémentaires infligés par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pour non-respect des règles relatives aux cookies, récoltant ainsi un palmarès de sanctions atypiquement lourd.

Shein est épinglé non seulement pour ces sanctions financières lourdes, mais aussi pour un modèle commercial qui néglige les conditions de fabrication, exploite l’anonymat du commerce en ligne et propose en grande quantité des produits jugés non conformes ou dangereux. Dans de nombreux cas, les articles importés n’auraient aucune conformité avec les normes européennes de sécurité, comme l’a récemment souligné une étude indépendante sur les produits de fast fashion incluant Shein et ses concurrents : 69 % des objets vendus ne répondent pas aux exigences de sécurité de l’UE, notamment pour les jouets et bijoux destinés aux enfants.

Cactus d’argent : les constructeurs auto dans la ligne de mire

Le Cactus d’argent est attribué aux constructeurs automobiles, en raison de deux problématiques sérieuses qui ont émaillé l’année : d’un côté, les problèmes persistants liés aux airbags défectueux Takata, qui ont déjà provoqué en France 18 morts et 25 blessés graves, dix ans après leur mise sur le marché ; de l’autre, des systèmes de freinage automatique d’urgence défaillants, qualifiés de freinages fantômes, qui déclenchent sans raison des freinages intempestifs sur la plupart des marques de véhicules. Pour ces motifs, les industriels automobiles sont jugés responsables d’un manque d’anticipation des risques et d’un suivi insuffisant des rappels et mesures de sécurité, malgré des interventions tardives des autorités compétentes.

Cactus de bronze : E.Leclerc épinglé pour plusieurs produits problématiques

La grande distribution n’est pas oubliée. E.Leclerc reçoit le Cactus de bronze 2025 dans la catégorie « Consommation durable et responsable ». Si l’enseigne demeure connue pour ses prix bas, elle est critiquée pour des lacunes sur la qualité et l’étiquetage de certains produits alimentaires. Par exemple, des analyses ont mis en évidence la présence d’hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH) dans une huile d’olive de la gamme Eco+, avec des concentrations flirtant avec la limite européenne acceptable ; et un concentré de tomates faussement étiqueté « d’origine italienne » contenant des résidus de pesticides et trop de sel. Ce Cactus interpelle sur l’écart entre une promesse commerciale et la réalité du produit, particulièrement sensible en période de fêtes où la consommation de produits alimentaires augmente.

Des pratiques variées mais toujours préjudiciables pour le consommateur

Outre les trois « médaillés », d’autres lauréats reflètent des problèmes concrets du point de vue de la consommation :

  • Cactus du pollueur : Bio-ethic – Un encens vendu comme « bio » dégagerait des composés potentiellement cancérogènes (toluène, benzène, formaldéhyde), avec une multiplication par 2,5 de ces concentrations dans l’air intérieur après combustion.
  • Cactus de l’obsolescence : Google – Des mises à jour obligatoires ont rendu inutilisables ou réduit significativement l’autonomie de certains smartphones Pixel 4a et 6a, limitant leur durée de vie.
  • Cactus de la pression : Babyvista – Une pratique de photographes dans les maternités proposant une séance soi-disant gratuite, puis des tirages payants facturés ensuite, est jugée agressive.
  • Cactus de l’aberration : Pranarōm – Un roll-on prétendu coupe-faim destiné à partir de 7 ans, contenant des huiles essentielles déconseillées chez l’enfant par l’Anses et plusieurs allergènes.
  • Cactus de la star surfaite : Chocolat de Dubaï – Un chocolat très médiatisé sur les réseaux sociaux et très cher présente des ingrédients suspects et des contaminants potentiellement dangereux.
  • Cactus au poil : Cannelle Bedros – Une épice analysée contenant 570 résidus d’insectes pour 50 g, 320 fragments de plastique et des poils de rongeurs, remettent en question les contrôles qualité de certains produits alimentaires.

 



Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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