Ces substances que nous cachent… les matelas

Les matelas comme ceux en mousse polyuréthane notamment, dégagent des substances nocives. Et comme mieux les connaitre, c’est savoir mieux s’en protéger, consoGlobe vous dit tout.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 16 Mar 2020, à 11 h 05 min

Au déballage, l’odeur du matelas neuf vous paraît toxique ? De nombreux objets du quotidien contiennent des substances potentiellement cancérigènes et des perturbateurs endocriniens. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’obligation d’étiqueter les produits de la maison, construction et décoration, selon leurs émissions de polluants a été mise en place en 2013. Qu’en est-il des matelas et des substances nocives qui peuvent s’y cacher ?

De la chimie dans mon matelas ?

Les matelas subissent divers traitements pour les protéger de l’humidité ou contre les incendies. Polyuréthane, latex synthétique, colles et plastiques qui les composent contiennent des COV, composés organiques volatils, qui polluent l’air intérieur. Et nos nuits au passage.

Les traitements fongicides et antibactériens

Pour éviter l’effet nid à microbes, les matelas sont traités contre les moisissures et bactéries. Pour cela, les industriels utilisent du formaldéhyde ou méthanal, un COV bien connu pour ses effets nocifs sur la santé. Le formaldéhyde est également présent dans les colles.

Un contact prolongé avec le formaldéhyde a pour effet d’irriter les muqueuses, et de provoquer des maux de tête et des allergies.

Le traitement ignifuge

Pour écarter les risques d’incendie, de nombreux objets du quotidien dont les matelas, sont traités avec des RFB ou retardateurs de flammes bromés.

Des études sur l’animal ont démontré que ces composés agissent comme des perturbateurs endocriniens. On les soupçonne d’être responsables de l’hypothyroïdie et de troubles du développement du système nerveux (autisme, hyperactivité, déficit d’attention, trouble de comportement…).

Les matériaux pour le confort

Pour des nuits cocoon sur un matelas souple, confortable et qui s’adapte bien au sommier, les fabricants utilisent de la mousse polyuréthane. Problème : la mousse polyuréthane contient de nombreux composés chimiques, à plus ou moins forte dose. La prudence est donc de mise quant à sa toxicité…

Pas très ragoutant ce cocktail chimique.

Allergie matelas neuf – © leungchopan

En France, nous passons environ sept heures par nuit dans notre lit. Pendant tout ce temps, nous sommes en contact direct avec de nombreux polluants. En outre, une récente étude(1), montre que le simple fait de dormir et respirer sur le matelas libère davantage de ces substances toxiques telles que l’acétaldéhyde, le benzène et le formaldéhyde.

En d’autres termes, la température du corps, l’humidité et la concentration en dioxyde de carbone dégagé en respirant augmenterait le taux d’émission de COV dans l’air.

Redoublons de vigilance en ce qui concerne les bébés et les jeunes enfants qui passent encore plus de temps sur leur matelas.

Pourquoi choisir le latex naturel pour le matelas de votre bébé ?

Que faire contre la toxicité des matelas ?

La toxicité des matelas varient énormément d’un matelas à l’autre. La meilleure indication est donc de bien lire l’étiquette lorsque l’on décide d’acheter un nouveau matelas. Les substances chimiques n’étant pas clairement indiquées, ayez l’oeil sur la liste des traitements éventuels.

Contre les acariens, il existe des alternatives saines comme le traitement naturel Greenfirst® ou Proneem®. Sachez aussi que les matelas en latex 100 % naturels bénéficient de propriétés respirantes qui les rendent aussi hypoallergéniques et anti-fongiques, ce qui évite donc l’utilisation de tout traitement chimique.

Pour un matelas sans substances nocives, consoGlobe vous recommande la marque Kipli

Si votre matelas commence à dater : changez-le ! Déjà, parce qu’il est conseillé de changer de matelas tous les 10 ans pour préserver une bonne qualité de sommeil. De plus, la législation concernant les substances potentiellement nocives comme les phtalates par exemple se durcit au fil des années. Les matelas anciens sont donc plus enclins à en contenir.

Si vous changez de matelas, profitez-en pour choisir un matelas écolo ! Et n’oubliez pas : ne jetez plus vos vieux matelas, ils sont maintenant recyclés.

En matière de literie écolo, surveillez les labels comme celui de Eco-Institut qui garantit l’absence de substances et d’émissions nocives pour la santé. Les labels GOLS et QUL garantissent la composition du latex naturel.

Attention : seule la mention « Latex 100 % Naturel » garantit la présence de latex naturel à 100 % effectivement. À ne pas confondre avec « Latex 100 % » qui est constitué de latex synthétique avec moins de 20 % de latex naturel.

Enfin, le réflexe à adopter quel que soit le matelas, c’est bien entendu d’aérer quotidiennement votre chambre et pendant au moins 15 minutes.

Illustration bannière : matelas perturbateur endocrinien – © Marcos Mesa Sam Wordley

Références :
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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

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