L’OMS veut interdire les antibiotiques sur le bétail sain

La découverte scientifique du docteur Weill et de son équipe de l’Institut Pasteur permet de mieux comprendre les réactions de résistance de certaines bactéries aux antibiotiques. Explications.

Rédigé par Maylis Choné, le 1 Dec 2017, à 12 h 15 min

Il y a bien une cause à la résistance de certaines bactéries à l’usage des antibiotiques et en particulier l’ampicilline. La raison serait antérieure à la date de sa commercialisation pour l’Homme, en 1961.

Des résistances aux antibiotiques dès 1950

La résistance aux antibiotiques, et plus particulièrement à l’ampicilline, est un fléau qui, selon les prévisions de Santé publique, devrait s’amplifier dans les décennies à venir. D’ici 2050, ces résistances pourraient entraîner la mort d’environ dix millions de personnes à travers le monde. En cause, la mutation de certaines bactéries. Elles sont aujourd’hui capables de résister  génétiquement aux traitements antibiotiques.

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« Nos résultats suggèrent que l’utilisation non-médicale de ces pénicillines anciennes a pu favoriser la propagation de gènes de résistance à un nouvel antibiotique efficace chez l’Homme », explique le Docteur Weill, chef de l’unité Bactéries pathogènes entériques à  l’Institut Pasteur. Dès les années 1950, alors que les antibiotiques n’étaient pas encore administrés à l’Homme (ils seront commercialisés en 1961), des résistances ont été découvertes sur différentes souches de la Salmonella.

Arrêter les traitements sur les animaux sains

L’étude publiée dans le Lancet Infections Diseases prouve que les résidus d’antibiotiques présents dans « les environnements agricoles des années 1950, tels que le fumier, la terre, et les eaux, ont pu avoir un impact bien supérieur à ce que l’on pensait sur la propagation de la résistance à l’ampicilline » ajoute le spécialiste.

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Pour lutter contre ce phénomène, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) suggère de ne plus utiliser d’antibiotiques sur les animaux sains. Cette habitude prise par de nombreux éleveurs pour prévenir les maladies, faire grossir leurs bêtes et les vendre au meilleur prix est néfaste pour l’Homme qui subit les résistances de multiples bactéries à l’ampicilline, administrée dans le monde entier.

Illustration bannière : En préparation d’une injection d’antibiotiques – © Budimir Jevtic
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