Le « lait » de soja  : un danger pour les bébés !

Rédigé par Emma, le 14 Mar 2013, à 16 h 21 min

Elles sont à la mode, même pour les bébés. Or les boissons végétales, injustement appelées « laits », à base de soja, de riz, d’amandes, etc., ainsi que les laits d’origine animale autre que bovine (de chèvre, de brebis, de jument, par exemple) ne sont pas du tout adaptées aux besoins des enfants de moins de 1 an.

C’est la conclusion d’un avis de l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) rendu public le 5 février dernier (1). Un avis qui va sûrement susciter des réactions…

Des besoins nutritionnels spécifiques

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(© CC, Yoshiyasu Nishikawa)

L’alimentation infantile fait l’objet d’une réglementation très précise et pointilleuse (2) sur la composition des laits, appelés « préparations pour nourrissons » et « préparations de suite« . Elle fixe les ingrédients et les teneurs minimales et maximales en vitamines et minéraux autorisés dans ces produits, mais aussi les allégations sur les étiquetages.

Cette composition est basée sur les besoins nutritionnels, très spécifiques et surtout très importants du nourrisson et du jeune enfant dont il faut assurer la croissance, qui se traduit par :

  • une augmentation du poids de 50 %,
  • une multiplication de la taille  par 3,
  • un cerveau qui passe de 300 g à 1 kg, soit une croissance cérébrale de 2 g/jour.

Des besoins nutritionnels adaptés à la croissance

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(© CC, Jessica Merz)

C’est le seul moment de la vie où la croissance est aussi importante (même comparée à l’adolescence). Les besoins nutritionnels le sont donc eux aussi : énergie, protéines ou acides aminés, lipides, minéraux, vitamines, oligo-éléments doivent être justement dosés en fonction de l’âge du bébé.

Pour couvrir ces besoins, les pédiatres recommandent l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois, puis complété par une alimentation diversifiée. En cas d’alimentation par biberon, ils recommandent l’utilisation de préparations pour nourrissons jusqu’à 4-6 mois, puis de préparations de suite avec la diversification alimentaire.

Des « laits » qui n’en sont pas

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(© CC, Lauren Paulsen)

La dénomination « lait » est définie par la réglementation européenne comme « le produit provenant de la traite d’une ou de plusieurs vaches ». La réglementation française précise que tout lait provenant d’une femelle laitière autre que la vache doit être désigné par la dénomination « lait », suivie de l’indication de l’espèce animale dont il provient : « lait de chèvre », « lait de brebis« , « lait d’ânesse« , etc., rappelle l’Anses.

Concernant les boissons d’origine végétale, seules les dénominations « lait de coco » et « lait d’amande » sont autorisées. Les autres produits devant porter le nom de « boisson » ou de « jus« . On devrait donc dire « jus de soja« , « jus d’amande« , etc.

Ces boissons d’origine végétale ne font pas l’objet d’une réglementation spécifique et sont seulement soumises aux obligations relatives aux produits d’alimentation courante. Ce qui laisse la place aux dérives

> Suite : Des risques de carences graves

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42 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faut surtout nous dire comment trouver ce lait de jument sinon le lait de vache m’inquiète à partir de ce que vous venez de dire. et le lait de coco c’est quoi coco ou amande? le coco ou amande sont ils des nouveaux animaux?

  2. Il faut quand même être un peu inconscient et ignorant pour nourrrir un bébé uniquement avec un « jus » ou un « lait », qu’il soit d’origine animale ou végétale.
    Pour des bébés allergiques aux préparations à base de lait de vache qu’on ne parvient pas à allaiter, il existe heureusement des préparations alternatives végétales, qui elles conviennent et sont équilibrées.
    Si c’est par refus des produits industriels, se renseigner auprès d’un spécialiste avant d’improviser n’importe quoi…

  3. Il est important de ne pas faire n’importe quoi avec les bébés, c’est clair. A commencer par ne pas faire confiance à l’ANSE. Le lobbie laitier a une telle puissance que, comme par hasard, les études menées par l’ANSE disent toutes qu’il n’y que le lait de vache qui soit adapté aux nourrissons … mais bien sûr .. Il n’y a que le lait de la maman qui soit adapté au bébé. Et effectivement au lait d’une maman ..non polluée dans un monde idéal (très dur de nos jours). Les boissons de Soja ne sont effectivement pas adaptés aux enfants en général, de part sa composition, mais les autres, dans la mesure où ils sont complétés par d’autres apports afin de combler les carences de ces boissons, ne sont pas mauvais. Le lait de jument est le lait le plus proche du lait maternel (mais très onéreux car c’est le lait qu’il reste de la tétée du poulain qui est vendu et non du lait arrivé d’un animal bourré de médoc pour produire du lait à volonté comme une usine !!). Des mélanges de lait végétaux et lait de jument existent (moins cher du coup). Attention à l’amande pour les allergies mais bon, à mon avis 80% de la population est allergique au lait de vache sans le savoir …le lait de vache n’est bon pour personne, pas que pour les bébés, qu’on se le dise …L’Etat devrait plutôt dépenser notre argent à promouvoir l’allaitement maternel, plutôt que de financer de telles études … Ca me rend folle …

  4. L’alimentation du nourrisson est un problème épineux :
    Aucun des laits autres que le lait maternel n’est adapté aux besoins du nouveau-né. Et le lait de vache encore beaucoup ùoins que tous les autres, étant donné sa composition faite pour faire des veaux et non pas des humains…. mais aussi à cause des antibiotiques et autres « traitements médicaux », traficotages génétiques destinés à pousser la production laitière au maxi, etc….. .
    A prohiber donc !
    Mais….. il y a un autre mais : Le lait maternel, qui lui est on ne peut mieux adapté au nouveau-né, puisqu’il s’agit du lait de sa génitrice (et non pas celui d’une nourrice lambda !). Mais la qualité finale de ce lait va dépendre de « l’état de santé » de la maman ….
    Il sera parfait s’il n’y a pas de tabagisme, d’alcoolisme, de drogues, de traitements médicaux chimiques, et on ne parlera pas des stress mal vécus par la maman qui vont laisser une information délétère dans le breuvage servi au bambin…..
    On voit donc que les choses ne sont pas simples, et ne sont surtout pas ce que les médias « officiels » claironnent….
    L’information fait doucement son chemin, mais il faudra encore du temps pour abattre les idées reçues fausses…..

  5. Bonjour,

    On parle bcp de perturbateur endocrinien avec ces « laits » végétaux ou autres. Il y a tout de même une chose qu’on oublie souvent avec le lait de vache:
    -un veau consomme env. 15-20 litres de lait par jour,
    -une vache laitière produit actuellement 60-80 litres de lait/jour, cela ne tient pas du miracle car on les dope à la prolactine qui à coup sûr se retrouve dans le lait.

    Salutations

  6. Bonjour, qui tire les ficelles sur cette pseudo-étude? il est tout a fait possible d’utiliser des « laits végétaux » pour les bébés,pour pallier aux risques de carences, il suffit d’y ajouter de la spiruline et des oméga3.
    il existe également en magasin diététique des préparations en poudre au lait de chèvre pour faire les biberons des bébés, alors que l’on nous dise pas que seul le lait de vache est adapté.

    • non, un lait végétal avec de la spiruline et des oméga 3, ça ne couvrira pas certains besoins comme la vitamine B12, et selon le lait choisi, zinc, certaines vitamines du groupe B, certains acides aminés, etc.
      Idem pour le lait de vache, ça ne suffit pas.
      Il faut acheter des préparations conçues pour les bébés, ou allaiter.

  7. Comment grandissent les enfants asiatiques, puisqu’il est vrai, comme le rappelle Blisco, que les Asiatiques n’ont connu que récemment le lait de vache. Je doute qu’on nous dise qu’ils sont abondamment nourris au lait de soja ou de riz, etc. on répondra plutôt, à mon avis, qu’ils ont jusqu’a peu,comme chez nous, comme dans le monde entier, été nourris avant tout au lait maternel, avant que les us et coutumes soient totalement bouleversées par l’élevage massif des vaches et l’arrivée du lait en poudre.
    Le grand problème c’est que les femmes, les mères, les amies, les médecins, les aides puéricultrices etc. ne connaissent presque rien sur l’allaitement et, si ils ont quelques notions, la différence est encore immense entre le théorique et la pratique.
    Moi-même, je voulais coûte que coûte allaiter complètement et longuement mon enfant, j’étais persuadée (comme ceux qui m’entouraient et qui ne manquaient pas de me le dire) que je n’avais pas assez de lait et je prenais toutes sortes d’aliments naturels (y compris vendus en pharmacie) pour pallier à cette carence qui semblait s’aggraver de jour en jour… jusqu’au jour où j’ai eu la chance de téléphoner à une monitrice de la Leche League. J’ai compris le fonctionnement de l’allaitement. Du jour au lendemain j’ai laissé tombé tous les produits et j’ai allaité tranquillement mon bébé. Il avait les coliques du nourrisson, je les ai traitées. Il a tété jusqu’à presque 3 ans! Il y a plein de fausses opinions sur les difficultés ou les impossibilités de l’allaitement (physiologie ou poids de la mère, maladies de la mère ou de l’enfant, mamans fumeuses, etc). Des mamans qui sont passées par des expériences similaires aux vôtres (travail, difficultés personnelles…) pourront vous donner de bons conseils, voire de bons tuyaux. Et il y a énormément de très importantes raison d’allaiter (pour l’enfant comme pour la mère).
    Demandez conseil à des personnes compétentes!

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