La 6e extinction de masse s’accélère dramatiquement

Une étude alarmante montre que les espèces animales, les vertébrés notamment, sont en cours d’extinction de plus en plus rapide.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 11 Jul 2017, à 17 h 25 min

La sixième extinction de masse est déjà en cours. On le savait depuis 2015, où une étude publiée dans le magazine Science Advance pointait le rôle de l’Homme dans cette extinction massive des espèces. Or celle-ci est plus rapide que ce qui avait été constaté, pointe une nouvelle étude.

Extinction des espèces : l’Homme responsable d’un « anéantissement biologique »

Ce sont les chercheurs de l’étude, parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences(1), qui utilisent ces termes alarmants d’ « anéantissement biologique« . Cette extinction de masse se déroule à un rythme sans équivalent depuis la fin des dinosaures, il y a 66 millions d’années.

L’extinction des espèces accélère en nombre d’animaux et en étendue

Dans cette étude, les chercheurs ont mis l’accent non plus sur la disparition des espèces, mais sur le déclin des groupes d’animaux sur un territoire. Même sur les espèces non classées en voie d’extinction, la disparition des populations est massive. « Qu’autant d’espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l’épisode d’extinction biologique actuel« , analyse l’un des chercheurs, Gerardo Ceballos.

Sur un échantillon de 27.600 espèces de vertébrés, 32 % d’entre elles sont en déclin. Sur les 177 mammifères pris en compte pour l’étude, toutes ont perdu 30 % ou plus de leur territoire géographique et 40 % des espèces ont décliné à plus de 80 % en nombre. À titre d’exemple, 43 % des lions ont disparu depuis 1993.

lion

Au total, 50 % des espèces d’animaux ont disparu depuis 40 ans : un chiffre qui corrobore les résultats de l’étude Planète vivante du WWF, à une échelle plus large.

Les causes de ce recul ? La perte du territoire des espèces sauvages, au détriment de l’agriculture et des zones urbanisées. Viennent ensuite la surexploitation des espèces (braconnage, chasse, pêche) et la pollution.

Et les conséquences ? « L’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain« . Ainsi, il ne s’agit pas uniquement d’une disparition d’animaux à déplorer, mais d’une espèce faisant partie d’un ensemble global, qui met en danger l’équilibre du vivant.

D’après l’étude, les conséquences de l’extinction des espèces ne sont pas irréversibles, mais on dispose de peu de temps pour agir, « deux ou trois décennies au maximum« . Parmi les mesures à mettre en place : limiter la croissance de la population humaine.

Illustration bannière : Un léopard – © Alaxey Osokin
Références :
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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

7 commentaires Donnez votre avis
  1. Je déteste que’on fasse du mal au animaux mais les faire dîparaitre!😡😡😡

  2. @Rémi Moritz dit :
    L’espace utilisé pour faire pâturer le bétail est en effet principalement prélevé sur la nature sauvage, mais c’est le cas de la totalité des terres agricoles depuis que l’Homme n’est plus chasseur cueilleur.
    Et c’est parce qu’il était chasseur, justement, qu’il est devenu éleveur, et cultivateur parce qu’il était cueilleur.
    Donc l’espace utilisé par l’Homme est pris sur l’espace des autres espèces, et malgré l’effort de productivité réel, il en prend plus que sa part du seul fait d’une urbanisation extensive.
    Penser qu’il suffirait de devenir végane pour sauver la planète est insatisfaisant, car une part de l’élevage dans nombre de pays permet une économie circulaire efficace (les poules et les porcs consomment des déchets alimentaires, les poissons enrichissent les rizières…). Et de plus, nombre de prairies n’étaient pas colonisées par des herbivores.
    C’est bien le nombre d’humains qui est aujourd’hui problématique.

  3. Le véritable remède à l’érosion des espèces est de leur restituer de l’espace vitale à la hauteur de leurs besoins.
    Pour cela, l’humanité doit restituer de l’espace aux autres espèces et consécutivement réduire drastiquement son propre espace vital en réduisant tout aussi dramatiquement sa population.

    • La solution n’est pas forcément de réduire la population humaine. Quand on sait qu’une grosse partie des terres arables (80%) servent à nourrir le bétail qui nourrit à peine 21% de la population humaine…
      En plus, maintenant, on cultive pour faire du carburant. Gros gaspillage, non ?
      Un petit effort et nous pouvons réduire notre empreinte écologique de moitié, laissant de la place aux autres espèces.

  4. Depuis 300 ans que l’Homme explore le Monde scientifiquement, il constate la disparition de nombreuses espèces.
    Faire croire qu’il y a plus de disparitions aujourd’hui et parler d’extinction massive pour quelques espèces qui peinent à coexister avec l’Homme (qui occupe de plus en plus de place sur Terre et impose donc toujours plus de restriction aux autres espèces) me semble vraiment disproportionné.
    Chaque fois que la décision a été prise à temps, les espèces en danger ont été sauvées. Il n’est donc généralement pas trop tard.
    Va-t-on bientôt nous accuser (nous, humains du moment) de la disparition du mammouth et du rhinocéros laineux ?
    Et c’est sans compter du silence assourdissant de la découverte quasi permanente de nouvelles (vraiment nouvelles) espèces
    Cela étant précisé, il faut évidemment tenter de sauver les espèces menacées et leur ménager un espace vital à la mesure de leurs besoins.
    Et songer aussi à considérer qu’il faudra honnêtement inciter l’humanité à réduire ses effectifs avant que la nature (ou lui-même !) s’en charge.

  5. Les plus ubiquitaire sont le plus en danger. Suivi de celle qui atise les convoitises. Mais il y a très peu de chance que l’on inverse quoi que se soit. Les gens vont allez sur les plages avec en guise de poisson des boutèlles en plastique. Il ne pense qu’a acheter et puis il jète. Mais la nature est généreuse, même le millepertuis nous offre des molécules contre le VIH.

    • Excuser-moi, le millepertuis est un antidéprésseur et ne doit pas être utiliser si on prend la trithérapie (et certain antitumoraux), car il agis sur le cytochrome 450. En outre on peut voir d’autre plantes comme le lin grandifolia qui est étudié depuis deux ou trois ans contre le VIH. Mais il y en a beaucoup d’autre. Dans la nature, les êtres trop virulent finisse par disparaitre à court terme! Cela pourrait bien être notre cas.

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