Apprendre à connaître la biodiversité ordinaire pour mieux la protéger

Si on parle souvent de la disparition des espèces emblématiques et de la nécessité de les protéger, on oublie que la 6e vague d’extinction en cours concerne également la faune et la flore qui nous entourent : notre biodiversité ordinaire !

Rédigé par , le 22 May 2026, à 7 h 36 min
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L’effondrement de la biodiversité est un phénomène désormais largement documenté, même s’il demeure difficile d’en appréhender pleinement les conséquences écologiques, économiques et sociales. Une certitude s’impose toutefois : il est plus que temps d’agir pour enrayer ce déclin et inverser la tendance ! Mieux comprendre et connaître la faune et la flore qui nous entourent, c’est se donner les moyens de les protéger efficacement. Cette approche est valable pour toutes les espèces, y compris pour la biodiversité ordinaire… Car il ne faut pas attendre qu’elle soit menacée d’extinction pour commencer à la préserver.

Qu’est-ce que la biodiversité ordinaire ?

Le concept de « biodiversité ordinaire » (ou nature de proximité) revêt une part de relativité : ce qui est commun pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Néanmoins, les écologues la définissent généralement par opposition à la « biodiversité remarquable ». Cette dernière regroupe les plantes et les animaux rares, endémiques ou menacées, qui justifient la création de réserves naturelles, de parcs nationaux ou de zones de protection Natura 2000.

À l’inverse, la biodiversité ordinaire représente la multitude de formes de vie quotidiennes qui participent activement au bon fonctionnement des écosystèmes au sens large. Elle englobe les espèces qui partagent notre espace de vie, au présent comme à l’avenir, et qui maintiennent la résilience de la nature grâce à leur capacité d’adaptation et d’évolution.

Définition scientifique : Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), la biodiversité ordinaire constitue le « tissu vivant » de notre planète. Il s’agit de l’ensemble des espèces qui ne sont ni protégées par la loi, ni menacées à court terme, mais dont l’abondance garantit la survie des écosystèmes.

D’un point de vue purement naturaliste, il n’existe pourtant rien d’« ordinaire » dans le vivant tant celui-ci se révèle incroyable dès lors que l’on prend le temps de l’observer de près. Chaque espèce est le résultat de millions d’années d’évolution et d’une multitude de défis relevés pour survivre. Une forme de vie unique se déploie ainsi, juste sous nos yeux.

biodiversité ordinaire

Le Parc Naturel des Écrins abrite une biodiversité ordinaire foisonnante – © Radu Razvan

L’urgence : pourquoi le déclin des espèces communes nous menace

La biodiversité ordinaire — celle des plantes sauvages, des insectes pollinisateurs, des oiseaux de nos campagnes et des micro-organismes du sol — joue un rôle indispensable dans le maintien des équilibres écologiques. Elle assure des services écosystémiques vitaux : régulation du climat, épuration naturelle de l’eau, fertilité des sols agricoles et barrière biologique contre les ravageurs des cultures.

Sa préservation s’avère donc cruciale pour notre sécurité alimentaire. La perte de cette nature de proximité fragilise l’ensemble de la chaîne trophique, augmentant le risque de dysfonctionnements majeurs et d’effets domino aux conséquences imprévisibles. Les études scientifiques récentes menées par le CNRS et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) tirent la sonnette d’alarme : les populations d’oiseaux des milieux agricoles ont diminué de près de 30 % en 30 ans en France. Ce déclin silencieux témoigne d’une dégradation généralisée de notre environnement.

En outre, cette nature du quotidien demeure une source inestimable de molécules médicales et de découvertes scientifiques potentielles. Protéger cette biodiversité, c’est aussi préserver notre patrimoine culturel et notre lien intrinsèque avec le vivant, dont les bienfaits sur la santé mentale et le bien-être humain sont largement démontrés.

Lire aussi : Les espèces menacées peuvent attendre des années avant d’être protégées

La biodiversité ordinaire : une perception culturelle et territoriale

En matière de nature, la notion d’« ordinaire » varie d’un individu à l’autre. Cette perception dépend de notre niveau de connaissance de la faune sauvage française, mais découle surtout de la diversité de nos territoires.

Certains d’entre nous croisent ainsi régulièrement des salamandres au détour d’un chemin humide, tandis que d’autres côtoient des crabes ou des oiseaux marins au quotidien sur le littoral. Un citadin ou un rural gardera en mémoire la démarche pataude d’un blaireau aperçu à l’aube sur le bas-côté d’une route, quand un autre se réveillera au son du chant de la tourterelle turque.

biodiversité ordinaire

Les rat des moissons sont largement répartis sur le territoire, mais pour combien de temps ? – © Captivelight

Les exemples abondent : ces animaux familiers pour les uns s’apparentent parfois à des espèces presque exotiques pour les autres. C’est toute la richesse de cette faune de proximité.

Mieux connaître pour mieux protéger : le rôle des sciences participatives

Cette nature du quotidien est pourtant celle dont on parle le moins, éclipsée par l’urgence absolue qui entoure les espèces en danger critique d’extinction. Si les Plans Nationaux d’Action (PNA) et les programmes de sauvegarde de la faune remarquable sont indispensables, il est tout aussi urgent d’anticiper et d’agir à grande échelle, avant que les espèces communes ne franchissent le seuil de non-retour.

Cependant, la tâche s’avère immense. Sans données précises sur l’état des populations, il est impossible de prévoir les menaces à venir. Où les espèces sont-elles réparties sur le territoire ? Quelles pressions directes subissent-elles ? Quels sont leurs comportements, leurs modes de reproduction ou leurs habitudes alimentaires ?

biodiversité ordinaire

Oiseau très commun sous nos latitudes, le rouge-gorge s’invite parfois dans nos jardins – © Ihor Hvozdetskyi

Faute d’études systématiques, de nombreuses questions restent sans réponse. Parce qu’ils sont constamment sous nos yeux, nous pensons à tort que ces animaux sont bien connus et documentés par d’autres. C’est ici que chacun de nous peut intervenir en devenant le porte-drapeau de cette faune de proximité. Grâce aux programmes de sciences participatives (comme Vigie-Nature ou les inventaires de la LPO), l’observation quotidienne de nos jardins contribue directement à la recherche et à la sauvegarde des espèces.

Dans notre nouvelle série de dossiers « Protégeons notre biodiversité ordinaire », nous vous proposons des pistes concrètes pour observer, comprendre et aider les animaux sauvages qui peuplent nos campagnes, forêts, littoraux et montagnes. Nous partirons à la découverte du Putois, du Castor, du Blaireau, de la délicate Hermine ou encore de la Rainette verte. Autant d’espèces communes mais fascinantes qu’il convient de protéger dès aujourd’hui.

Découvrir les acteurs de la  série « Protégeons notre biodiversité ordinaire »

FAQ : Questions fréquentes sur la biodiversité ordinaire

Quels sont les exemples de biodiversité ordinaire en France ?

On y retrouve des espèces très courantes comme le rouge-gorge, le hérisson d’Europe, le ver de terre, l’abeille domestique, le pissenlit, le lézard des murailles ou encore le renard roux.

Quelle est la différence entre biodiversité ordinaire et remarquable ?

La biodiversité remarquable désigne des espèces rares, menacées ou protégées (comme le loup ou l’aigle royal). La biodiversité ordinaire regroupe les espèces communes, non protégées par la loi, mais essentielles à la structure globale du tissu vivant.

Comment aider la biodiversité ordinaire dans son jardin ?

Quelques gestes simples suffisent : bannir les produits phytosanitaires, installer des nichoirs ou des hôtels à insectes, laisser une zone de pelouse en friche (prairie sauvage) et aménager un petit point d’eau pour la faune.




1 commentaire Donnez votre avis
  1. un sainte insecte,nous devons les proteger.LE FORT DOIT TOUJOURS AIDER LE FAIBLE.nous sommes une grande famille sur une petite planete toutes espèces confondue.

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