Comment cultiver la curiosité naturelle de nos enfants ?

Contrairement à ce que nous pourrions penser, ce n’est certainement pas en multipliant les activités de nos enfants que nous allons les aider à cultiver leur curiosité naturelle. Alors, comment s’y prendre pour préserver cette soif naturelle d’apprendre ? Nous avons été chercher des réponses dans le best-seller de Catherine L’Ecuyer, Cultiver l’émerveillement et la curiosité naturelle de nos enfants.

Rédigé par Marie Mourot, le 13 May 2020, à 16 h 25 min

Les emplois du temps de nos enfants sont de plus en plus chargés. En effet, par peur qu’ils s’ennuient mais aussi, et surtout, pensant « bien faire », nous cherchons sans cesse à les occuper  : activités extra-scolaires, multiplication des écrans, jouets toujours plus nombreux… Or ce flot constant de stimuli serait contreproductif. En effet, pour Catherine L’Ecuyer, les jeunes enfants n’ont besoin de personne pour se motiver car cette curiosité naturelle est innée. Dès son plus jeune âge, un enfant s’émerveille de tout : de l’eau qui bouge avec le vent, du bruit du papier que l’on froisse, de la pluie qui tombe sur le carreau. L’auteure ajoute que « c’est cet émerveillement qui incite les enfants à aller à la découverte du monde. Voilà où ils puisent leur motivation intrinsèque ». En stimulant trop nos enfants, nous étouffons cette capacité à se motiver par eux-mêmes.

Comment préserver la curiosité naturelle de son enfant ?

Dans son livre, Catherine L’Ecuyer nous dit : « Les enfants naissent émerveillés, il s’agit d’un mécanisme naturel, inné. Comme le dit Aristote c’est par nature qu’ils désirent savoir. Mais pour que fleurisse l’émerveillement chez les enfants, il faut leur aménager un environnement respectueux de cette faculté ».
Alors, comment s’y prendre, quelles sont les choses essentielles à faire pour préserver cette soif d’apprendre ?

La curiosité naturelle de nos enfants, une faculté à préserver © Kichigin

Encourager le jeu et la découverte

Le jeu est essentiel pour un enfant car il lui procure de l’émerveillement, nécessaire à ses apprentissages fondamentaux. Nul besoin des derniers jouets les plus tendances, bien au contraire, Catherine L’Ecuyer nous invite à choisir des jouets plus simples « sans piles ni boutons » car « l’élan de l’enfant doit suffire à les animer ».

Selon elle, il est primordial de l’accompagner et de réunir toutes les conditions favorables à des découvertes spontanées  : c’est ce que l’on appelle la découverte guidée. « Cette approche considère le rôle de l’éducateur de la petite enfance non pas comme celui d’un instructeur mais comme celui d’un facilitateur, qui travaille avec discrétion et humilité ».
Ainsi, comme l’a suggéré Maria Montessori, cette découverte guidée doit avoir lieu dans un environnement préparé : un espace pour jouer, du matériel à disposition, des méthodes comme fil conducteur mais jamais comme une fin en soi, et un guide prêt à les accompagner. Une activité trop structurée mettrait à mal l’inventivité des enfants alors mieux vaut privilégier la découverte.

Prendre le temps d’aller explorer la nature

Observer les trésors de la nature © Maria Evseyeva

La nature est une excellente école pour nos enfants : elle leur apprend que tout ce qui est beau et bon mérite du temps et de la patience. De nombreuses études ont montré l’impact positif qu’a la nature sur les enfants : réduction du symptôme de déficit d’attention, endurance, estime de soi, curiosité naturelle
Alors, n’hésitez pas à sortir avec vos enfants, sous le soleil ou sous la pluie, car la nature est une fenêtre sur l’émerveillement. Elle est sans cesse en changement, ce qui fait d’elle un excellent terrain de jeu pour courir, sauter, grimper dans les arbres et laisser aller son imagination.

« Nos enfants doivent réapprendre à observer patiemment le parcours d’un escargot, la croissance des fleurs, le glissement d’une goutte de pluie sur le dos velu d’une chenille, la floraison d’un arbre fruitier. Ils doivent réapprendre à s’émerveiller en arrosant des plantes, en cueillant des framboises… »

Respecter son rythme biologique

Il faut bien l’avouer, nous sommes pressés, toujours plus pressés. Et chaque jour, c’est la même chose, nous pressons nos enfants : il faut se dépêcher de se lever, de déjeuner, de s’habiller, d’aller à l’école et même de se coucher. Un rythme difficile à tenir pour les petits, d’autant plus que ce rythme ne correspond pas nécessairement à leur rythme naturel.
Même si les enfants ont besoin d’un cadre et de limites pour les guider, ils ont surtout besoin que nous répondions à leurs besoins de base lorsqu’ils se manifestent : un câlin, une oreille pour écouter, pour satisfaire leur curiosité naturelle…

Pour Catherine L’Ecuyer, « Les adultes doivent redécouvrir la sensibilité dont les a dotés la nature et qui s’est éteinte au gré des aléas de leur vie trépidante et parfois frénétique. Nous devons réapprendre à harmoniser l’attention que nous portons à nos enfants en fonction de leurs rythmes. »

En effet, toutes les recherches effectuées ces dix dernières années ont montré qu’un enfant dont les besoins de base (affectifs et physiologiques) sont comblés durant les premières années de sa vie sera émotionnellement plus équilibré, plus sûr de lui et mieux disposé à apprendre.

Et respecter le rythme de nos enfants signifie aussi respecter son développement cognitif et affectif sans chercher à l’accélérer, sans essayer de faire d’eux des personnes hyper performantes dans tous les domaines.

Réapprivoiser le silence

Lire pour enrichir son jardin intérieur © Grekovs

Lorsqu’un enfant est confronté à différents stimuli, il lui est impossible de garder son attention intacte. La télé constamment allumée par exemple altèrera sa qualité de jeu tout comme ses interactions avec vous.

Il en va de même pour les ados, en apparence capables d’écouter de la musique tout en faisant leurs devoirs et en répondant aux différents messages instantanés provenant des réseaux sociaux.
En réalité, à ce moment là, leur capacité de concentration est très réduite. « Si nous voulons renverser cette tendance, nous devons amener ses jeunes à réapprivoiser le silence. Ce ne sera pas une tâche facile , car pour un individu surstimulé, le silence est assourdissant ».

De même, pour les petits, il convient, dès le plus jeune âge, de leur aménager des coins calmes dans lesquels ils trouveront « un bon équilibre entre silence, son, paroles et images ». Le silence est nécessaire à la réflexion, à la compréhension alors réinstaurons une peu de calme dans nos vies.

Pour Catherine L’Ecuyer, la lecture est aussi fondamentale car cela nous permet d’enrichir notre esprit critique mais aussi notre jardin intérieur, sans distraction. « La lecture : voilà le bateau sur lequel nos enfants devraient s’embarquer, et nous devons nous assurer qu’ils ne le manquent pas, parce que celui-ci ne s’arrête pas souvent au cours de la vie. Mais s’ils le prennent, il peut les mener loin ».

Cultiver l’émerveillement – Et la curiosité naturelle de nos enfants
De Catherine L’Ecuyer

Apprendre devrait être un voyage merveilleux, guidé par une profonde réflexion sur ce que l’enfance exige : respect du rythme, de l’innocence, du sens du mystère et de la soif de beauté.

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Illustration bannière : Comment rendre votre enfant curieux ? – © FamVeld
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Rédactrice web freelance et maman de trois enfants, je me suis toujours sentie très concernée par l'écologie et le développement durable. Constamment en...

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