Stress, cauchemars, peur, colère : les effets du confinement chez les enfants

Votre enfant fait-il des cauchemars ? Y-a-t-il des lieux qui lui font penser au virus ? A-t-il des accès de colère pour rien ? Voici les questions que posent les médecins du CHU de Toulouse pour leur étude sur les effets du confinement sur les 8-15 ans.

Rédigé par Audrey Lallement, le 28 Jun 2020, à 13 h 00 min

Les huit semaines de confinement ont été éprouvantes psychologiquement, et pas seulement pour les adultes. Les enfants ont eux aussi été touchés de plein fouet par cette situation inédite hautement anxiogène. C’est pourquoi, afin d’évaluer les signes précurseurs de stress post-traumatique, le CHU de Toulouse a lancé l’étude E-COCCON mi-mai.

Les effets du confinement chez les enfants

Selon Isabelle Claudet, pédiatre, chef du Pôle Enfants de l’hôpital toulousain qui dirige l’étude, « Il y avait déjà eu des études, après des catastrophes naturelles ou après des naufrages. Les enfants ont plus de risque de développer du stress ». Toujours en cours, cette étude étudie les effets du confinement chez les 8-15 ans.
À ce jour, les pédiatres ont recueilli le témoignage de près de 350 enfants avec celui de leurs parents.

Avec le confinement, l’absence de socialisation avec les autres enfants © Joaquin Corbalan P

Les premiers résultats montrent, qu’effectivement, les enfants ont été stressés par le confinement. Et pour cause, selon les médecins du CHU de Toulouse, « plus la durée de confinement se prolonge (supérieure à 10 jours) et plus les enfants ont des chances de développer des symptômes de stress ».
S’ils s’attendaient à ce que certains enfants développent des formes de stress post-traumatique, les médecins ne pensaient pas en recueillir autant. La pédiatre explique que « loin d’être anodine, cette proportion est plus importante que prévue », rapporte France 3.

Privés de sortie, d’école, d’amis, les enfants ont perdu leurs repères et leur routine a été complètement cassée.
Ils ont aussi vécu dans un climat anxiogène en entendant les adultes ou les médias évoquer un virus invisible faisant beaucoup de morts et contre lequel il fallait se mettre en guerre.

À lire aussi – Déconfinement : comment préparer le retour à l’école de son enfant ?

Du stress même quand les conditions de confinement étaient bonnes

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce stress ne concerne pas uniquement les enfants qui ont été confinés en ville, dans un appartement. « Même les enfants qui avaient de ‘bonnes conditions’ de confinement, une grande maison, un jardin, des parents attentifs, ont présenté des troubles post-traumatiques », explique Isabelle Claudet.

Si beaucoup d’enfants sont en parfaite santé mentale aujourd’hui, pour d’autres, la situation reste compliquée. Certains ne se sentent bien et en sécurité que chez eux ; ils ne veulent plus sortir. Un comportement qui « peut être l’expression d’un stress post-traumatique ».

Le syndrome de la cabane © Mykola Komarovskyy

Le syndrome de la cabane

Ce phénomène, qui reste néanmoins marginal, se nomme le syndrome de la cabane. La maison est alors perçue comme un nid qui subvient à tous les besoins : nourriture, jeux, école, etc. Le quitter peut s’avérer perturbant pour certains enfants et il est nécessaire qu’ils se fassent accompagner psychologiquement.

L’étude E-COCCON se poursuit jusqu’au 3 juillet 2020. Si vous souhaitez y participer, vous pouvez appeler au 05 34 55 86 73, du lundi au vendredi de 8h à 18 h.
L’étude est proposée sous forme de treize questions du type « Fais-tu des cauchemars ? », « Y-a-t-il des lieux qui te font penser au virus ? », « As-tu des accès de colère pour rien ? ».
Ce questionnaire dure environ 20 minutes et est destiné aux enfants ainsi qu’à leurs parents.

Illustration bannière : Les huit semaines de confinement auront-elles un impact psychologique sur les enfants ? © FamVeld
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