Faire des cauchemars c’est bon pour la santé !

Et si nos mauvais rêves nous aidaient en fait à contrôler nos émotions une fois éveillés ? Même les cauchemars ont leur utilité, en contribuant à ce que nous soyons en mesure d’affronter le stress du quotidien.

Rédigé par Paul Malo, le 11 Apr 2021, à 7 h 54 min
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On ne s’en doute certainement pas quand on s’en rappelle, mais les mauvais rêves peuvent eux aussi avoir leur utilité.

Des périodes de stress chronique

Qui ne se pose pas des questions sur sa santé mentale ou la qualité de son sommeil, après un an de pandémie et de confinements à répétition ? Quelques cauchemars, peut-être ? C’est bien normal : nul, hors périodes de guerre ou de combat, n’est en principe soumis à un stress durable tel que celui vécu depuis maintenant plus d’un an par quasiment l’ensemble de la planète. Les enfants, dont le cerveau est encore en développement, y sont plus sensibles encore. Mais il ne faut pas avoir peur de faire de mauvais rêves, car c’est ainsi que l’on se décharge en partie de la surcharge émotionnelle du quotidien.

Un anti-stress naturel par les plantes

Si le commun des mortels a des nuits agitées en ce moment, imaginez les personnels de santé. Comme l’a soulignée une étude réalisée à l’épicentre de l’épidémie de Covid-19, à Wuhan (Chine), les équipes en première ligne ont enchainé les cauchemars. Sur les 114 médecins et 414 infirmières consultés dans une étude publiée en janvier 2021, plus d’un quart d’entre eux faisaient des mauvais rêves. Pour quelles raisons ? Le stress du vécu quotidien, bien sûr, mais aussi le manque de sommeil comme de temps de sommeil de qualité. Une période de stress chronique tout-à-fait légitime.

Des périodes de mouvement oculaire rapide

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S’ils peuvent nous tenir éveillés, les cauchemars nous aident à contrôler nos émotions – © Sam Wordley

En fait, lorsque nous dormons, notre cerveau réorganise et archive les souvenirs de la journée. C’est particulièrement durant les périodes de mouvement oculaire rapide (MOR en français, REM pour Rapid Eye Movement en anglais), lors de la phase de sommeil paradoxal, que se déroulent nos rêves, bons ou mauvais. Bien sûr, les souvenirs les plus chargés en émotion auront une influence sur votre sommeil durant ces périodes de « mise à jour » de la véritable machine qui rêve qu’est notre cerveau. Cette phase nous aide donc à gérer et intégrer les trop-pleins d’émotions et à préserver notre équilibre émotionnel au quotidien.

Selon les chercheurs, les MOR des dormeurs seraient non pas le reflet des scènes visuelles rêvées, comme si nous balayions du regard une scène ou un paysage, mais plutôt une action permettant de zapper d’une scène à l’autre. Nos rêves durant ces périodes nous aideraient en fait à contrôler nos émotions une fois éveillés. Comment ? Littéralement en entraînant la partie de nos cerveaux stockant ce type de bagages émotionnels à y faire face. Comme l’ont montré des examens durant ces temps de MOR, l’hippocampe et l’amygdale sont hyper actifs, tant pour organiser et stocker les souvenirs que pour gérer les émotions. En effet, alors que l’hippocampe et le cortex rendent possible une mémoire consciente explicite, l’amygdale permet l’une des formes de nos mémoires implicites, la mémoire émotionnelle reliée à la peur.

Un besoin accru de régulation émotionnelle

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Les cauchemars ont une utilité – © Zdan Ivan

Ainsi, plus quelqu’un aura fait des cauchemars et connu la peur dans ses rêves, moins les centres de l’émotion seront activés une fois confrontés à des images ou situations stressantes une fois éveillé. Des études ont par ailleurs permis de prouver que le niveau de cortisol, hormone fabriquée par les glandes surrénales et aidant à réguler notre réponse au stress, est plus élevé le matin. Comme si notre cerveau et notre organisme s’étaient en quelque sorte mis à jour afin d’être prêts à affronter le stress d’une nouvelle journée.

Comme l’a souligné une récente étude de l’université de Lyon, menée au moment du premier confinement, la fréquence des cauchemars augmente avec le stress. Pendant le confinement le contenu de ces mauvais rêves variait entre inquiétudes (85 %), conflits (75 %), impuissance (60 %), échecs (40 %), maladie (20 %), confinement (10 %) et Covid-19 (5 %). Dit autrement, ces résultats confirment que les cauchemars ne sont pas le « replay » des événements réels. Seuls 30 % des personnes suivies ont rêvé de leur traumatisme d’origine. Pour autant, estiment les chercheurs lyonnais, l’augmentation de la fréquence des cauchemars pourrait être interprétée non seulement comme une réactivation de souvenirs traumatiques mais aussi comme un besoin accru de régulation émotionnelle. Pensez-y la prochaine fois que vous en ferez un : c’est pour votre bien !

Illustration bannière : Covid : cauchemars et santé – © eggeegg
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