Des chiens capables de détecter le Covid-19

Alors que ces dernières 24 heures, la France a enregistré plus de 58.000 nouveaux cas de Covid-19, un nouveau record, les laboratoires font désormais appel aux chiens pour détecter le virus.

Rédigé par Stéphanie Haerts, le 7 Nov 2020, à 17 h 50 min

De plus en plus de personnes potentiellement contaminées effectuent un test PCR et les laboratoires se retrouvent peu à peu au bord de la saturation. Afin de pallier ce problème, ces derniers font maintenant appel à des chiens capables de détecter le coronavirus.

Des chiens détecteurs de virus

Le nombre de cas de Covid-19 ne fait que croître ces dernières semaines avec 58.046 nouveaux cas recensés dans les dernières 24 heures d’après des données de Santé publique France et publiées jeudi 6 novembre. Parallèlement, les laboratoires font désormais appel à des malinois qui recherchent habituellement des personnes ensevelies ou disparues. En quelques secondes, ces chiens peuvent détecter des échantillons positifs au Covid-19. À l’école nationale vétérinaire d’Alfort, ces chiens présentés par France 24 s’entraînent à repérer où se trouve le virus à partir d’échantillons de sueurs récupérés dans les hôpitaux.

Pour cela, l’adjudant-chef Erwan Breton, sapeur-pompier et conseiller technique cynophile entraîne son chien. Il commence par lui présenter uniquement des prélèvements positifs qu’il insère dans des cônes olfactifs. L’animal peut alors s’imprégner pleinement de l’odeur du coronavirus. Peu à peu, il va introduire des odeurs négatives afin de lui apprendre à repérer uniquement les échantillons porteurs du virus.

Des récepteurs olfactifs ultra-développés

Les chiens sont capables d’identifier des molécules odorantes typiques d’une personne malade – © otsphoto

Les chiens ont des récepteurs olfactifs perfectionnés. À titre de comparaison, ils sont 10.000 fois supérieurs à ceux de l’humain. Plus précisément, les chiens comptent près de 220 millions de récepteurs olfactifs. L’homme n’en possède lui que 5 millions. L’odorat est le sens le plus développé chez le chien. Grâce à ce sens, le chien va pouvoir identifier des personnes, des espèces, des dangers mais aussi découvrir son environnement ou encore rechercher de la nourriture. Pour cela, il va pouvoir suivre une piste en reniflant des molécules odorantes qu’il va ensuite interpréter(1).

L’odorat très développé du chien est déjà utilisé pour retrouver des personnes après un tremblement de terre ou une avalanche par exemple. Il peut aussi rechercher de la drogue ou des explosifs. Les policiers travaillent avec les chiens pour suivre des pistes, des personnes disparues. Les chiens sont capables d’identifier des maladies tels que le cancer mais aussi d’avertir l’arrivée d’une crise d’épilepsie.

Des résultats concluants

Les premiers résultats sont très positifs – © Victoria Antonova

Pour le moment, une dizaine de chiens ont été formés à l’école vétérinaire. Les résultats sont probants. En effet, la détection canine est fiable à plus de 90 %. Capucine Gallet, éthologue et experte cynophile explique : « Les chiens ne loupent jamais un positif. Parfois on a aussi des prélèvements qui sont dits négatif PCR que le chien va nous marquer. Tous les chiens nous marquent le même prélèvement et après retour avec les hôpitaux, finalement ces personnes s’avèrent positives ». En Finlande, des chercheurs de l’université d’Helsinki ont indiqué mercredi les premiers résultats prometteurs. En septembre dernier, trois chiens ont reniflé 2.200 passagers à l’aéroport d’Helsinki-Vantaa et ont repéré le virus chez 0,6 % des voyageurs. Selon les chercheurs, les résultats sont conformes au test PCR réalisés sur ces personnes. Un quatrième chien, un berger allemand est également en formation et rejoindra bientôt les autres animaux. L’équipe de chercheurs espère que le gouvernement pourra financer le dispositif afin de le déployer dans d’autres lieux publics.

Ces malinois utilisés en complément des tests PCR vont pouvoir soutenir les laboratoires saturés. Les EHPAD pourraient notamment utiliser ces brigades de chiens. « Les EHPAD pourraient être en autocontrôle. Cela peut concerner les aéroports, les universités, » indique Dominique Grandjean, professeur à l’ENVA, responsable du programme « NOSAÏS ». Cette nouvelle technique rassemble de nombreux avantages puisqu’elle est simple, rapide et non invasive. Ce procédé a été validé par l’OMS et il est utilisé dans une quinzaine de pays comme en Australie, aux Émirats arabes unis ou encore au Liban.

Illustration bannière : Chien Covid-19 – © Parilov
Références :
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