Le chevreuil, cet herbivore de nos campagnes sous-estimé

La biodiversité et sa protection sont des sujets de plus en plus abordés. Mais la disparition massive d’espèces à travers le globe ne doit pas nous faire oublier qu’il existe aussi une biodiversité « ordinaire ». Apprenons-en un peu plus ici sur le chevreuil, un herbivore commun sous-estimé.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 19 May 2019, à 10 h 35 min

La biodiversité rassemble tout le règne du vivant, celle que l’on pourrait qualifier de « commune » mérite aussi notre attention, car mieux connaître la flore et la faune sauvage c’est avoir les moyens de mieux la protéger dans son ensemble.

L’histoire du chevreuil

Voila 2,5 millions d’années que le chevreuil (Capreolus capreolus) parcourt nos terres. Herbivore ruminant comme le sont les bovins, ils se déplace beaucoup pour trouver suffisamment d’herbe pour se nourrir.

Brocard dans la force de l’âge © Jackal photography

Chevrettes (femelle), faons (jeune) et brocards (mâle), se trouvent largement répartis sur tout le continent eurasiatique de la France à la Russie avec des morphologies qui peuvent différées selon les lieux (les chevreuils russes, par exemple, sont plus grands et plus lourds).

Le saviez-vous – Comment reconnaître une chevrette d’un brocard ou jeune mâle ?

Les femelles ont une tâche blanche sur leur derrière en forme de coeur, tandis que les mâles l’ont en forme d’ovale !

Caractéristiques du chevreuil

D’une hauteur moyenne au garrot de 70 cm et d’une longueur maximale de 1.20 m, les adultes pèsent de 20 à 25 kg (jusqu’à 48 kg pour les chevreuils russes).

Pouvant vivre jusqu’à 15 ans, le chevreuil ne dépasse pourtant que rarement les 8 ans et se reproduit de la mi-juillet à la mi-août, donnant ensuite naissance à un seul faon par chevrette aux alentours du mois de mai.

La place du chevreuil dans l’écosystème

Un herbivore de cette taille n’est pas anodin dans nos écosystèmes et ce quel que soit l’endroit où évoluent les chevreuils. Le fait qu’il broute maintient certains espaces ouverts, ce qui est positif mais pas forcément du goût de tout le monde puisqu’il empêche également les jeunes arbres de se développer en se régalant des jeunes pousses.

Le chevreuil doit actuellement faire l’objet de plans de chasse pour réguler ses populations dans la mesure où aucun grand prédateur n’est encore assez présent sur le territoire pour que les choses se fassent naturellement. Sa large présence sur le territoire permet cependant au loup comme au lynx d’avoir un réel réservoir de nourriture.

Brocard en bond © WildMedia

Attention à ne pas le confondre

La confusion avec d’autres espèces est possible, mais il est facile d’apprendre à le reconnaître.

Le cerf Sika peut lui ressembler, mais ce dernier a des dents qui sorte de sa gueule, même fermée.

Le chamois peut lui être proche, mais sa robe foncée le différencie aisément.

Enfin, le cerf Élaphe est proche du chevreuil, mais bien plus grand !

Où et comment observer le chevreuil ?

Voici les règles de base pour observer les animaux comme le chevreuil de nos campagnes, car admirer la vie sauvage de ses propres yeux reste une expérience irremplaçable.

Le trouver

Le chevreuil étant un herbivore, il doit parcourir beaucoup de chemin pour trouver assez d’une nourriture relativement pauvre. Il a donc tendance à fréquenter tous les types de milieux de la forêt en passant par les plaines, d’un piémont à la montagne…

Il a, en réalité, une réelle faculté d’adaptation à bien des milieux ce qui lui a permis de se développer aussi bien.

Faon du jour dissimulé dans les herbes © Red Squirrel

Attention précaution si vous voyez un faon !

La chevrette, au moment de mettre bas, va se séparer des chevrillards de l’année précédente pour se trouver un endroit au calme.

Après avoir mis bas et mangé son placenta autant pour limiter les odeurs que pour reprendre de l’énergie, elle peut s’éloigner quelques instants de son faon. Si vous en trouvez un, ne le touchez pas ! Même s’il vous semble abandonné, ce n’est pas le cas : le toucher serait fatal pour lui, sa mère ne reconnaissant plus son odeur.

L’observer

Avec environ 1.5 million d’individus en France, le chevreuil ne se fait pas vraiment prier. Il n’en reste pas moins qu’il est sauvage et qu’il saura aussi prendre la poudre d’escampette si vous vous y prenez mal.

Le chevreuil a un odorat relativement bon, mais surtout une ouïe excellente. Il faudra donc, lors de votre approche, faire le moins de bruit possible et bien comprendre le sens du vent pour éviter de vous faire repérer !

A contrario sa vue n’est pas très bonne, ce qui vous laisse au moins cette liberté-là, mais ne le sous-estimez pas pour autant. Lorsqu’il est dérangé, il fuit généralement discrètement, mais peut aussi donner l’alerte avec une sorte d’aboiement, à la manière d’un chien : vous pouvez alors poursuivre votre chemin, tous les chevreuils du coin auront disparus !

Illustration bannière : Plusieurs chevrettes aux aguets © Soru Epotok
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