Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons le chamois…

Le chamois fait partie de notre patrimoine naturel aussi sûrement qu’une foule d’autres animaux plus connus que lui. Emblématique de nos montagnes et capable d’une formidable adaptation, redressons ce tort ensemble et découvrons une espèce bien présente en altitude !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 15 Jul 2020, à 17 h 55 min

De huit pattes à quatre pattes, deux pattes, voire pas de pattes du tout, la biodiversité s’exprime de tellement de façons dans le règne animal qu’il y a toujours de quoi être fasciné. Ceci est aussi vrai pour les espèces que nous côtoyons sur notre territoire… Alors parlons « biodiversité ordinaire », pour éviter qu’elle ne décline à son tour, en prenant ici le chamois.

Généralités sur le chamois

C’est avec 32 dents, pas plus, pas moins, que le chamois (Rupicapra rupicapra) se nourrit d’herbes en tous genres qu’il rumine allègrement à la première occasion. Il faut bien qu’il se nourrisse, d’autant qu’il peut tout de même peser jusqu’à 60 kg, mesurer jusqu’à 60 cm au garrot et 1,30 m de long.

Pas toujours faciles à observer ces chamois… © ATTILA Barsan

Les mâles sont solitaires dès qu’ils sont parvenus à l’âge adulte mais se rassemblent avec des femelles lors d’hivers rigoureux et quand la nourriture est localisée. Il faut dire que le chamois vit de 400 m d’altitude jusqu’à 3.500 m, dans les montagnes des Alpes, des Vosges, du Jura et du Massif central où les hivers peuvent être rudes.

Particularités du chamois

Le chamois est un animal adapté à son milieu. Si c’est le cas de tous les animaux, il en est certains qui sont tout particulièrement à l’aise chez eux. Le chamois est ainsi particulièrement agile, cela va sans dire : il peut gravir un dénivelé de 1.000 m en 15 minutes quand il faudrait 4h à un humain
pour en faire de même…

Le chamois est surtout capable de résister à des grands froids. Pour ce faire il va non seulement être capable de s’abriter de manière efficace grâce à une connaissance aiguë de son territoire, mais il va aussi savoir s’y nourrir.

Durant tout l’hiver il consomme principalement des mousses et des lichens ainsi que de l’écorce de feuillus ou de conifères. Mais passée la saison difficile, il ne consomme jamais ces aliments qu’ils remplacent par de tendres repousses de sorbier, d’aulnes ou de myrtilles !

Statut actuel de l’espèce

Le chamois est une espèce considérée comme gibier et chassable sur tout le territoire depuis l’arrêté ministériel du 26 juin 1987 (modifié par celui du 15 février 1995).
Classé en « préoccupation mineure » sur la liste rouge des espèces par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN), sa réintroduction en France dans plusieurs endroits clés lui permet de progresser en effectifs.

Chamois en plein repas hivernal de… lichens © Alessandro Oggioni

Animal très joueur, le chamois peut s’amuser à glisser sur le ventre pour dévaler les pentes enneigées… voire à danser pour les mâles

Les menaces qui planent sur le chamois

Perturbation de son milieu

Les activités forestières, l’agriculture de montagne, le pastoralisme et les activités de loisirs ont un effet néfaste sur les chamois. Ce sont en effet des animaux qui réagissent très subitement aux rencontres avec l’humain : ils peuvent ainsi se blesser ou se tuer en voulant prendre la fuite, mais également perdre leur jeune.

Si tant est qu’il n’arrive rien de tout cela aux chamois qui ont pris la fuite, ils auront tout de même développé un stress aigu et perdu une grande quantité d’énergie, ce qui n’est pas anodin au regard du peu qu’ils trouvent notamment en hiver.

Lire aussi : Les animaux sauvages des régions alpines décimés par l’hiver

Attention aux a priori sur cet animal car il est effectivement possible d’observer certains chamois très facilement ou même d’en voir près de la route en train de brouter comme si de rien n’était (petit clin d’oeil aux jurassiens qui passent près du château de Joux), mais ce ne sont que des cas isolés d’animaux très imprégnés (qui ont une grande habitude de l’Homme).

La sylviculture

L’exploitation de la forêt à des fins de production de bois induit un changement d’écosystème dans le temps notamment quand des coupes claires sont effectuées ou quand les peuplements sont modifiés (de feuillus à conifère, de forêt mixte à forêt en monoculture, etc.).

Cette exploitation des bois a un impact direct sur le mode de vie et la présence du chamois tout comme tous les autres ongulés forestiers.

Le pastoralisme

La principale problématique du pastoralisme qui n’est pas toujours bon pour la montagne consiste en l’interaction pathologique entre les animaux domestiques et les chamois, ces derniers pouvant contracter des maladies issues des troupeaux d’élevage.

Les chamois ont également tendance à éviter les différents troupeaux notamment de moutons ce qui réduit leur zone de présence et leur territoire.

chamois

Tranquillement dans leur pierrier, ils vous ont repéré. Ne vous reste plus qu’à les laisser en paix © Mariusz Niedzwiedzki

Lire aussi : Les bonnes pratiques à adopter lors d’une randonnée en alpages

Comment aider le chamois

Comme pour toute la biodiversité qu’elle soit ordinaire ou non, participer à son observation, transmettre ces connaissances notamment aux jeunes publics et soutenir les associations de protection de la faune sauvage et tous les organismes qui oeuvrent à la préservation des écosystèmes est essentiel.

Dans le cas des chamois il s’agit à la fois de les respecter dans leur mode de vie en les laissant le plus possible tranquille (dans le cadre de vos activités sportives, si vous voulez les voir sur le terrain, etc.) et de faire remonter vos éventuelles observations aux associations locales.

Certaines années et selon les endroits peuvent être organisés des comptages auxquels vous pouvez participer bénévolement, notamment dans les zones où il y a encore peu de chamois. Renseignez-vous selon votre région auprès des antennes régionale de l’Office Français de la Biodiversité.

Illustration bannière : Chamois dans on élément © Matej Rumansky
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