Vêtements connectés : bientôt une batterie alimentée par la sueur

Une batterie originale pourra bientôt être intégrée dans les vêtements connectés. Actuellement à l’étude, elle est alimentée par la sueur et permet déjà d’alimenter une ampoule LED durant vingt minutes.

Rédigé par MEWJ79, le 16 Dec 2017, à 9 h 55 min

Une bio-batterie a été créée par des chercheurs américains. Elle tient son originalité de sa source d’alimentation : la sueur. Elle peut déjà alimenter une LED pendant 20 minutes. Il ne reste plus qu’à améliorer ses performances et on pourra la retrouver sur le marché des vêtements connectés.

Une source d’alimentation provenant du corps : la sueur

Des recherches sont actuellement menées outre-Atlantique sur une source d’alimentation pouvant provenir du corps humain, plus précisément de la salive ou de la sueur. En effet, les bactéries contenues dans ces sécrétions peuvent provoquer une réaction redox (oxydoréduction), qui va faire circuler des électrons pour générer de l’électricité.

Ainsi, les ingénieurs qui sont confrontés à des difficultés relatives au système d’alimentation des habits connectés, trouveraient enfin une solution. Et ce, à moindre coût. Il est en effet très difficile de faire entrer une batterie qui soit à la fois discrète et suffisamment puissante dans un vêtement.  Seokheun Choi, un scientifique de l’université de Binghamton (États-Unis), travaille sur le principe de la pile à combustible microbienne.

Une batterie fiable qui peut alimenter une LED vingt minutes

Ce chercheur avait déjà étudié les batteries flexibles, notamment celles en origami, alimentées par des eaux usées. Partant de ses anciens travaux, il a développé une nouvelle bio-batterie, alimentée donc par la sueur corporelle. Cette batterie est incorporée dans un tissu extensible, qui pourrait par exemple être utilisé dans le futur pour fabriquer des vêtements connectés à usage sportif.

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Dans Advanced Energy Materials, un article détaillé explique les travaux de Seokheun Choi(1). Ce dernier y explique que les performances sont équivalentes à celles de sa batterie microbienne en papier. Cette dernière pouvait délivrer 6,4 microwatts par cm². L’énergie produite est ainsi suffisante pour alimenter une LED pendant 20 minutes. Les résultats sont vraiment encourageants, car le scientifique précise que cette batterie sest montrée à la fois stable et durable, malgré des déformations répétées du tissu.

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La bio-batterie textile alimentée par la sueur © Seokheun Choi

Une bio-batterie alimentée par l’acide lactique

Grâce à son design, la production de ce type de bio-batterie microbienne peut se faire en série. Si cela permet d’envisager des possibilités de fabrication standardisée pour l’industrie textile, il faudra être patient. En effet, à l’heure actuelle, la puissance délivrée est trop faible. À l’avenir, pour pouvoir alimenter les composants électroniques variés qui entrent dans la conception des vêtements connectés, il faudra pourvoir augmenter les performances de cette bio-batterie. Mais il existe des alternatives en attendant sa mise sur le marché.

En 2014 déjà, des chercheurs de l’université de Californie, à San Diego (UCSD), ont mis au point un capteur imprimé sous la forme d’un tatouage temporaire, qui est capable de produire de l’énergie à partir de l’acide lactique présent dans la transpiration. Les sportifs portant un tel tatouage pourraient par exemple alimenter leur capteur biométrique (rythme cardiaque, podomètre, etc.), un vêtement intelligent et peut-être même des appareils électroniques comme les smartphones.

Illustration bannière : Femme suant après l’effort – © Peter Bernik
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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