Arrêtons de nourrir les animaux sauvages !

Nourrir les animaux sauvages n’est pas une démarche anodine. Bien sûr cela part toujours d’un bon sentiment, mais cela peut avoir des conséquences autant pour eux que pour nous.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 9 Nov 2018, à 16 h 50 min

Enfants, parents, retraités et autres amoureux des animaux pensent souvent apporter leur contribution à la sauvegarde de la faune sauvage en leur donnant à manger comme on le ferait de personnes dans le besoin. En réalité les choses sont plus compliquées que cela et peuvent même être contre-productives.

Nourrir les animaux sauvages peut être dangereux

Connaissez-vous un canard boulanger ? À priori la réponse est non. Et c’est bien normal car les canards, aussi sûrement que les pigeons ou encore les ragondins, n’ont pas le pain dans leur régime alimentaire habituel. C’est en réalité la première question à se poser quand quelqu’un souhaite nourrir des animaux sauvages : de quoi se nourrissent-ils dans la nature ?

nourrir animaux

Donner du pain aux animaux, une mauvaise idée ©Famveld

Au final, rien de ce que l’on pourrait leur apporter n’est vraiment adapté à leur régime alimentaire, ni vraiment équilibré pour eux. Plus largement, cela mène aussi à dérégler les écosystèmes dont ils sont partie prenantes puisqu’il ne se nourrissent plus de ce qui fait habituellement leur menu, mais se contente d’attendre qu’on leur apporte à manger.

Quels risques pour les animaux ?

Les animaux sauvages qui sont nourris par l’homme développent facilement des maladies pour la simple et bonne raison que cette nourriture (graines, restes de nourriture, etc.) n’est pas adaptée pour eux. À cela s’ajoute également le fait que, attendant tranquillement qu’on les nourrisse, ils ne font plus l’exercice physique qu’ils feraient normalement dans le cadre de leur recherche alimentaire.

Lire aussi : Nourrir les oiseaux sauvages : une pratique qui peut être dangereuse pour leur santé ?

Ils sont donc plus fragiles et développent plus facilement des pathologies. L’exemple du pain est en cela emblématique puisque, non seulement le pain n’est de loin pas assez nourrissant mais en plus il gonfle dans le ventre des animaux leur faisant croire qu’ils ont assez mangé, ce qui les affaiblit tout particulièrement.

Le nourrissage, tout le monde l’a déjà vu, est aussi l’occasion de voir de nombreux animaux se regrouper, ce qu’ils ne font pas à l’état naturel. Si l’on met une boule de graisse pour les oiseaux en hiver, ils vont se regrouper et transmettre bien des maladies les uns aux autres.

Quels risques pour les humains de nourrir les animaux ?

Ce type de nourrissage voit aussi beaucoup de gâchis de nourriture qui part aux quatre vents ou se disperse dans l’eau… Faisant le bonheur des rats et autres ragondins qui se développeront d’autant plus, causant des dégâts aux berges, générant des coûts importants pour limiter les pullulations ou encore demandant de multiples interventions des services urbains pour s’assurer de leur suivi.

nourrir animaux sauvages

La proximité peut être source de contamination © Victoria Rak

Mais s’il est bien quelque chose que tout un chacun peu entendre quand on aborde le sujet du nourrissage des animaux en ville, c’est la maladie. Il est évident que cette pratique à joué et joue encore un rôle dans la propagation de maladies tristement connues comme la leptospirose (parfois mortelle) ou le H5N1 (grippe aviaire).

Des animaux faibles, qui se transmettent des maladies et développent des comportements qu’ils n’ont pas habituellement en milieu naturel n’est dans l’intérêt de personne. Si vous souhaitez aider les animaux en ville, dites aux gens qui les nourrissent que c’est une erreur !

Bien nourrir les animaux sauvages et notamment les oiseaux

Ne pas se fier à la saison mais à la météo : inutile de garder des mangeoires pleines de novembre à avril. Sortez les seulement quelques jours consécutifs quand les températures sont inférieures à 7°C.

Nettoyer et remplissez les mangeoires de nourriture fraîche très régulièrement pour éviter les contagions.

Utilisez des graines grasses comme les graines de tournesol (pas de pain, riz, pâtes ou restes de repas que les oiseaux ne digèrent pas). Si vous avez acheter des boules de graisses en filet, enlever ce dernier pour éviter que les oiseaux ne s’emmêlent les pattes

Illustration bannière : Du pain aux canards – © emikon
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20 ans de fascination pour la faune sauvage allant d’expériences professionnelles telles qu’un programme européen de réintroduction ou le travail en...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour ,bel article mais les chasseurs nourrissent les sangliers qui sont classés nuisible une portée par an et maintenant 3 en deux ans ????

    • Julien Hoffmann

      À croire qu’ils devraient lire cet article avec attention , oui !

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