Alcool : un gène pour limiter la consommation

La période de fin d’année est particulièrement propice à la consommation d’alcool, mais pas pour tout le monde apparemment.

Rédigé par Nathalie Jouet, le 28 Dec 2016, à 10 h 20 min

Des chercheurs ont récemment découvert qu’un gène présent chez près de la moitié de la population aurait pour fonction de réguler la consommation d’alcool. Cette nouvelle découverte pourrait ouvrir une nouvelle voie thérapeutique destinée à traiter la surconsommation et l’addiction à l’alcool.

Une variante du gène KLB responsable de la consommation d’alcool

Si certains ne conçoivent pas leurs soirées sans alcool, pour d’autres l’envie de consommer ce type de boissons n’est pas présente. Et si cela était dû à la génétique ? C’est ce que viennent de révéler les travaux d’une équipe de chercheurs internationale. Publiée dans la revue scientifique PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America), l’étude s’intéresse précisément au gène KLB déjà connu pour être impliqué dans le fait de consommer de l’alcool.

Après avoir analysé les génomes sur plus de 100.000 personnes, les scientifiques ont découvert qu’il existe une variante du gène KLB présente chez environ 40 % de la population. Cette variation génétique aurait pour effet d’amoindrir le désir d’alcool. Pour confirmer ces résultats, l’équipe de chercheurs a utilisé des souris génétiquement modifiées. Le gène KLB avait été supprimé chez ces dernières qui se sont tournées davantage vers la consommation d’eau que l’alcool. Ainsi, la présence d’un gène KLB diminue bien la consommation de boisson alcoolisée.

La protéine KLB joue également un rôle important

Les recherches menées par les scientifiques ont permis de déterminer le rôle de la protéine KLB. En effet, celle-ci déclenche l’action d’une enzyme FGF21 présente au niveau du foie. C’est elle qui régule la consommation d’alcool au niveau cérébral.

Grâce à ces nouvelles découvertes, de nouvelles thérapies ciblant le gène KLB chez les personnes dépendantes de l’alcool peuvent être envisageables. L’alcool serait responsable de plus de 700.000 cancers dans le monde et tuerait 350.000 personnes chaque année, selon les chiffres du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC). « Ces résultats sont très intéressants, puisqu’ils sous-tendent qu’on pourrait identifier les gens génétiquement plus à risques, ou vulnérables, de développer des problèmes liés à la consommation d’alcool », estimait pour sa part Nicolas Simon, alcoologue au CHU de Marseille, dans le journal le Figaro.

Illustration bannière : Différents alcools au comptoir – © Goncharov_Artem Shutterstock
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