Comment se comporter avec un proche qui souffre d’anxiété ?

Aider un proche souffrant d’anxiété est loin d’être facile. Et parfois, en pensant bien faire, on accentue l’anxiété chez un proche.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 27 Oct 2020, à 14 h 20 min

Le contexte dans lequel nous vivons en ce moment, avec l’omniprésence du virus est particulièrement anxiogène. Si l’anxiété est un état normal, il arrive qu’elle s’installe et devienne excessive. Que faire quand un de ses proches souffre ?

Anxiété ou dépression ? Deux notions à ne pas confondre

Anxiété et dépression sont deux notions bien distinctes, même s’il peut arriver de souffrir des deux en même temps.

L’anxiété, un état d’alerte

L’anxiété naît d’une sensation ou d’un sentiment de danger autour de soi. C’est une peur diffuse que l’on éprouve face à une situation. Cet état passager est tout à fait normal. Mais il arrive que l’anxiété devienne excessive. Dans ce cas, la personne vit avec une épée de Damoclès au dessus de la tête : elle a peur pour elle-même ou pour son entourage de manière permanente. On parle alors de Trouble Anxieux Généralisé (TAG).

L’omniprésence des informations sur le coronavirus exacerbe l’anxiété – © Tiwiplusk

Quand une personne souffre d’anxiété, elle se projette négativement dans le futur et a peur de ce qui risquerait de se produire.

Les symptômes de l’anxiété sont très souvent : agitation, tension musculaire, maux de tête, problèmes de transit (diarrhée, envies fréquentes d’uriner), respiration courte, difficultés d’endormissement, etc.

La dépression, une souffrance liée à une perte

La dépression est un manque d’élan, d’énergie et une dévalorisation de soi liée à une perte ou un sentiment de perte. Elle fait donc référence à une grande difficulté à surmonter quelque chose qui s’est passé.

Les symptômes d’un état dépressif sont souvent : fatigue, manque d’estime de soi, tristesse, appétit altéré, réveils précoces, manque de concentration, ruminations, sentiment de culpabilité…

Ainsi, anxiété et dépression se différencient par leur rapport au temps : l’anxiété concerne le futur quand la dépression est liée au passé.

Également, quand une personne est anxieuse, elle craint quelque chose qui vient de l’extérieur. Dans la dépression, le mal-être de la personne provient de l’intérieur avec une mauvaise estime et confiance en soi.

Comment soutenir un proche anxieux ?

Si l’un de vos proches souffre d’anxiété et que vous voulez l’aider, quelques éléments sont à prendre en compte.

Les choses à dire à quelqu’un d’anxieux

Il est difficile d’accompagner un proche anxieux car on peut craindre de dire les mauvaises choses au mauvais moment.

Alors, n’y allez pas par quatre chemins et demandez tout simplement à votre proche comment vous pouvez faire pour l’aider. Chacun vit son anxiété à sa manière et les besoins diffèrent.

Rester en contact, même à distance – © leungchopan

Votre proche a peut-être besoin de votre simple présence et n’attend pas toujours des conseils. Et cela fonctionne même à distance : un petit message indiquant que l’on pense à la personne ou à quel point on tient à elle est d’un grand secours.

Enfin, n’hésitez pas à lui demander s’il a besoin d’être écouté. Être une oreille attentive est un art. Si vous vous sentez d’endosser ce rôle, vous pourriez aider efficacement votre proche anxieux en restant simplement à son écoute.

Les choses à ne pas dire à une personne anxieuse

Il est normal d’avoir envie d’encourager un proche que l’on sent anxieux. Mais attention, même quand on pense bien faire, certains mots sont extrêmement blessants à entendre.

Ainsi, évitez absolument des phrases du type : « il n’y a aucune raison de paniquer ! ». L’anxiété ne se maîtrise pas et dire qu’il suffit de moins paniquer lorsque l’on vit avec un sentiment de peur diffuse ne ferait que renforcer l’anxiété.

De la même manière, vous pourriez être tenté de minimiser l’état anxieux de votre proche afin qu’il se sente moins seul. Lui dire que ressentir du stress est normal et arrive à tout le monde est vrai, sauf que l’anxiété est différente d’un simple « coup de stress ». Le taquiner pour essayer de dédramatiser est également une mauvaise idée. Cela ne ferait qu’augmenter son inquiétude.

Enfin, il est des paroles particulièrement culpabilisantes. On peut penser aider en encourageant un proche qui souffre d’anxiété par des « arrête de t’inquiéter, ça va aller », « fais un effort ! » ou « ce n’est pas si grave ». Ces mots exercent une très grande pression chez une personne qui se sent déjà menacée et en danger.

Illustration bannière : Comment aider un dépressif ? – © fizkes
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis