Adolescents et réseaux sociaux : c’est grave, docteur ?

Votre adolescent est toujours scotché sur les réseaux sociaux ? Vous vous demandez si cela est sans risque pour sa vie privée ou sa sociabilité ? Selon nous, ce n’est pas si grave… à condition de savoir s’en servir. Quelques règles à l’usage des parents pour une bonne maîtrise de ce que font leurs ados sur les réseaux sociaux.

Rédigé par Pauline Petit, le 9 Jun 2016, à 20 h 00 min

Il y a un mois, le premier suicide d’une adolescente en direct sur Périscope a relancé le débat sur l’utilisation des réseaux sociaux. Harcèlement, divulgation de photos dénudées, suicides ou cas de pédophilie : les scandales dus à l’utilisation des réseaux sociaux par les ados se sont multipliés ces dernières années.

En cause ? Une très grande présence de ces adolescents sur les réseaux sociaux. Cette génération de « digital natives » ou nés avec le numérique, a grandi avec les réseaux sociaux. Une relation ambivalente qui peut amener à des dérives. Pour autant, les interdire serait contre-productif. Il est préférable de comprendre et d’accompagner son ado pour une utilisation optimale des réseaux sociaux.

Une génération ultra-connectée

92 % des jeunes connectés à Internet ont un compte Facebook ; et encore, le réseau de référence perd du terrain auprès des jeunes, qui lui préfère Snapchat, Twitter ou Instagram.

Les adolescents sont omniprésents sur le Net et postent à tout va, leur vie privée -du moins, ce qu’ils en montrent- étant suivie par des centaines, voire des milliers de personnes.

Toutefois cette pratique qui peut nous effrayer est tout à fait normale, et les adolescents font parfois même preuve d’une meilleure maîtrise des réseaux et de leur image que les adultes.

Un besoin de reconnaissance

Le besoin de reconnaissance est inhérent à tout adolescent, quelle que soit sa génération. Si autrefois elle passait par sa bande de copains et par l’école, elle passe aujourd’hui par Internet, et ses « j’aime » ou ses retweets.

De même, la pratique des selfies, ces photos de soi que l’on peut trouver narcissiques, montrent un besoin de se reconnaître face à un corps qui change et de maîtriser son image. Vous passiez des heures devant votre miroir ? Votre ado passe des heures derrière son smartphone. Question de génération.

Une maîtrise de la vie privée ?

Vous pensez que la vie privée de vos ados s’étale à tort et à travers sur le Net ? Certains dérapages pourraient le prouver. Toutefois, les ados font preuve d’une grande maîtrise des réseaux sociaux, bien plus que leurs parents. Ils savent donc comment régler les paramètres de confidentialité pour ne pas laisser les étrangers (ou leurs parents) voir les photos qu’ils partagent avec leurs amis.

Si Snapchat est le réseau social préféré des adolescents, ce n’est pas pour rien : ce réseau permet une diffusion de photos et images éphémères dans un cercle d’amis proches. Il permet -sauf fuites- à l’ado de contrôler ses publications et les personnes qui les voient.

Pour les parents : contrôler les réseaux sociaux… de loin

Alors, sans risques les réseaux sociaux ? Tout dépend de la manière dont on s’en sert. Ils peuvent effectivement être le support de harcèlement ou de mise en danger de la vie privée. L’anonymat qui est de mise derrière l’écran peut être le défouloir pour des insultes ou des comportements haineux.

Des jeunes et leurs smartphones ©Tomswulcer CC0 Wikimedia commons

Aux États-Unis, « un adolescent sur trois est victime de messages insultants ou haineux sur Internet », explique Anthony Smythe, directeur de l’association BeatBullying. C’est pourquoi il est nécessaire pour les parents d’expliquer les bases des réseaux sociaux et d’intervenir si besoin.

Un apprentissage des réseaux sociaux mutuel

Lors des premières connexions de votre ado, il est nécessaire de prendre le temps de discuter avec lui des réseaux sociaux et de poser un cadre global. Quelques règles sont de mise : on aborde ensemble les conditions de confidentialité, on ne divulgue pas son adresse ni son numéro, on communique les informations privées par message.

Certaines règles de vie quotidienne sont également nécessaires, c’est à vous de les identifier (et de montrer l’exemple) : pas de smartphone à table, ni au lit, un usage limité pendant les vacances et toujours privilégier les rencontres physique avec ses amis.

Par la suite, on en discute régulièrement avec lui pour savoir ce que votre ado en tire. C’est sûrement lui qui vous apprendra par la suite comment s’en servir au mieux : l’occasion de mettre ses savoirs en valeur.

Photo de couverture © Wikimedia CC BY-SA
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Encore une fois, cette dramatique actualité vient reposer le sujet des dangers des réseaux sociaux pour les enfants.

    En France, plus de 2 millions d’enfants de moins de 13 ans sont inscrits sur des réseaux sociaux comme Facebook ou Snapchat, le plus souvent en cachette de leurs parents et dans une quasi-indifférence générale.

    Sur ces réseaux, dont la loi interdit l’accès aux moins de 13 ans, les enfants sont quotidiennement exposés au harcèlement, au détournement, à la violence et à des contenus inappropriés, avec les conséquences horribles que l’on connaît. Pour les parents, les études démontrent qu’interdire ne fait que renforcer l’attirance des enfants pour les réseaux sociaux, en effet 83% des enfants mentent sur leur âge pour s’inscrire.

    La seule stratégie efficace pour les parents consiste à accompagner leurs enfants dans une découverte sécurisée des réseaux sociaux, en utilisant des réseaux comme Monster Messenger, spécialement adaptés aux enfants et qui sont sous le contrôle des parents.

Moi aussi je donne mon avis