Adolescents : mieux dormir pour mieux apprendre

Adolescents : mieux dormir pour mieux apprendre

En 50 ans, la population française a perdu une heure de sommeil. En cause, les écrans et la surconsommation d’informations dont nous sommes friands (et abreuvés). De plus en plus d’adolescents sont ainsi en dette de sommeil, ce qui entraîne des difficultés de concentration, de mémorisation, une baisse des résultats scolaires, une humeur fluctuante (à un âge où les hormones influent déjà beaucoup sur leur humeur), voire des dépressions. Comment aider nos adolescents à mieux dormir pour mieux apprendre ? Le docteur Debs, neurologue spécialiste du sommeil et praticien hospitalier au CHU de Toulouse, nous répond.

Docteur Debs, Neurologue spécialiste du sommeil

Docteur Debs, neurologue spécialiste du sommeil

Qu’en est-il du sommeil des adolescents aujourd’hui ?

Les adolescents d’aujourd’hui ne dorment pas assez en semaine et récupèrent le week-end. En moyenne, ils ont besoin de dormir 9,2 heures par nuit. Les petits dormeurs auront besoin de moins de sommeil, tandis que les gros dormeurs auront besoin de plus. Chaque individu a un sommeil qui lui est propre et il faut qu’il se l’approprie.

Pour savoir si votre adolescent dort assez, voyez comment il se réveille le matin. S’il sent qu’il a assez dormi et qu’il est en forme, c’est que son temps de sommeil est adapté à ses besoins. S’il se réveille fatigué, c’est tout simplement qu’il n’a pas dormi assez longtemps !

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Normalement, il n’a pas besoin de faire une sieste l’après-midi (les adultes non plus). S’il en ressent le besoin, c’est qu’il est en manque de sommeil. Cette sieste ne doit pas dépasser 15-20 min sous peine de créer des problèmes d’endormissement le soir. C’est la même chose pour les grasses matinées le week-end : l’adolescent qui se lève à midi le dimanche aura du mal à s’endormir le soir à 22 heures et commencera la semaine fatigué.

Plusieurs raisons expliquent cette dette de sommeil chez les adolescents.

Déjà, il faut savoir que l’adolescent se couche plus tard. C’est naturel, physiologique, en lien avec les hormones et il n’y a pas grand-chose à y faire.

Ensuite, d’autres facteurs influencent son sommeil :

  • La pression scolaire et la pression sociale peuvent engendrer un stress non propice à son bon endormissement et à un sommeil de qualité.
  • Les nouvelles technologies (TV, ordinateurs, téléphones portables) favorisent l’éveil, surtout si les appareils restent à sa disposition la nuit dans sa chambre, et modifient l’humeur des adolescents qui sont plus sensibles que nous à ces lumières bleues.
  • Les horaires de début des cours en semaine entraînent des levers plus précoces, sans changement des heures du coucher.

Résultat : 55 % des adolescents somnolent au moins une fois par semaine.

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