Zoom sur le réchauffement climatique

Zoom sur le réchauffement climatique

Phénomène compris depuis la fin du XIXème siècle, quand l’hypothèse d’un lien entre la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et la température est posée, c’est réellement depuis la création par les Nations Unies en 1988 du Groupe intergouvernemental des experts de l’évolution du climat (le GIEC) que l’existence d’un réchauffement climatique planétaire est discutée entre gouvernements.

Les observations et mesures effectuées ces dernières années ont levé le doute sur la question de la contribution humaine au renforcement de l’effet de serre naturel, et des impacts du réchauffement ainsi induits. ConsoGlobe fait le point pour vous sur la science et ce qu’elle nous dit des impacts du réchauffement.

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Effet de serre et réchauffement climatique

L’augmentation lente, supérieure à 0,8°C en un siècle, des températures moyennes enregistrées par les stations météorologiques du monde entier, la diminution de l’étendue et de l’épaisseur de la banquise arctique, le recul des glaciers, et la hausse significative du niveau de la mer sont autant d’indices confirmant la réalité du réchauffement climatique.

L’augmentation de l’effet de serre du à l’ajout dans l’atmosphère de gaz le créant, du fait des activités humaines, est souvent incriminé comme étant responsable de ce réchauffement climatique.

sécharesse arbre photo

 

Il faut en effet distinguer la part naturelle de l’effet de serre, liée à la présence de gaz atmosphériques, tels que le dioxyde de carbone et le méthane qui piègent le rayonnement infrarouge émis par la Terre, et dont la présence est donc essentielle, car sans cet effet, la température à la surface de la Terre serait en moyenne de 34°C inférieure à ce qu’elle est actuellement,15°C, c’est-à-dire qu’elle se situerait autour de -19°C !

Le climat varie et variera toujours pour des raisons naturelles. Toutefois, les activités humaines augmentent de façon considérable les concentrations atmosphériques de ces fameux gaz à effet de serre. Comme le montre le graphique ci-dessous, leur concentration a considérablement augmenté au cours des derniers siècles.

CO2-croissance-1000ans

Ces gaz tendent à réchauffer la surface de la terre, réchauffement que d’autres activités humaines, comme l’émission d’aérosols, ne peuvent contrecarrer.

Réchauffement graphique nasa température anormale

D’où viennent les gaz à effet de serre produits par l’homme ?

Depuis le début de l’ère industrielle, aux alentours de 1750, l’homme émet dans l’atmosphère une quantité croissante de ces gaz, qui restent dans l’atmosphère entre quelques années et plusieurs millénaires. Ce sont principalement :

  • Le gaz carbonique (CO2) est surtout dû à la combustion des énergies fossiles (charbon,pétrole, gaz naturel) et aux industries fortement consommatrices d’énergie fossile (fabrication d’acier, de verre, de ciment…).
  • Le  méthane (CH4) provient de l’élevage des ruminants, de la culture du riz, des décharges d’ordures, des exploitations pétrolières et gazières.
  • Le protoxyde d’azote (N2O) provient des engrais azotés et de divers procédés chimiques.
  • Les gaz fluorés sont des gaz propulseurs dans les bombes aérosols, des gaz réfrigérants (climatiseurs). Ils sont émis aussi par diverses industries (mousses plastiques, composants d’ordinateurs). L’hexafluorure de soufre (HFC) est un gaz détecteur de fuites, utilisé également pour l’isolation électrique ; les hydrocarbures perfluorés (PFC) sont entre autres émis lors de la fabrication de l’aluminium.

En tête des émissions figure le gaz carbonique, qui représente environ 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sa concentration dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter depuis le début de l’ère industrielle. Depuis 1750, la concentration en gaz carbonique a ainsi augmenté de 31 % et celle en méthane de 150 %. Une partie de ces gaz reste dans l’atmosphère et le reste est absorbé par les océans et les végétaux.

Les émissions mondiales de CO2 dans l’atmosphère n’arrêtent en effet pas d’augmenter d’année en année. L’étude du Global carbon project, publiée en septembre 2014 annonce que les émissions de CO2 devaient s’approcher des 37 milliards de tonnes en 2014 et atteindre 43,2 Mds tonnes en 2019.

graphique carbone fossile

© CC, Robert A. Rohde

Les observations attestent que treize des quinze dernières années (1995-2008) figurent parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées depuis que les températures de la surface du globe sont mesurées (1850). Au cours des cent dernières années (1906-2005), la température moyenne de la planète a augmenté de 0,74°C. Le niveau moyen des mers a augmenté de 17 cm au cours du vingtième siècle.

Quelles sont les conséquences du réchauffement ?

Le 5ème rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), publié entre la fin 2013 et la mi 2014, apporte une image très complète de la connaissance des impacts anticipés du réchauffement climatique : précipitations extrêmes et inondations, “notamment dans les latitudes moyennes”. En Europe du Nord, le GIEC prévoit des pluies plus fortes en hiver. En Europe du Sud, réduction des pluies en été, avec pour conséquence une multiplication des sécheresses et des incendies, ainsi qu’un déficit en eau dans le pourtour méditerranéen.

Les impacts déjà observés, tels que résumés sur le site leclimatchange.fr, sont principalement :

Impacts sur l’eau potable

Dans de nombreuses régions, en particulier en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, la modification des schémas des précipitations – par exemple des pluies plus fortes mais plus rares -, ainsi que la fonte plus rapide des neiges et des glaces, modifient les systèmes hydrologiques, et perturbent les ressources en eau. Ce qui se traduit donc par moins d’eau potable disponible dans certaines régions et une eau de moins bonne qualité dans d’autres.

Impacts sur la production alimentaire

Sauf rare exception, le dérèglement climatique a déjà un impact négatif sur les rendements des cultures. On constate ainsi une forte baisse des rendements du blé, du maïs, du riz, et du soja.

Impacts sur la santé

Les impacts observés sur la propagation des maladies restent relativement peu nombreux et mal quantifiés. Le réchauffement fait observer cependant une hausse de la mortalité liée à la chaleur (durant les vagues de chaleur, les canicules, etc.) et une baisse de la mortalité liée au froid dans certaines régions.

On constate également des changements dans la répartition géographique de certaines maladies liées à l’eau ou dites « à vecteur », c’est-à-dire des maladies transportées par des mammifères, des oiseaux, des arthropodes et des insectes, qui pourraient également s’être déplacées à cause des changements climatiques. Par exemple, le changement des conditions climatiques dans le sud de l’Europe pourrait favoriser l’arrivée de moustiques porteurs de la dengue ou du Chikungunya.

Impacts sur la biodiversité

Les espèces terrestres, ainsi que les espèces d’eau douce et d’eau de mer modifient leurs zones de répartition géographique, leurs déplacements migratoires et leurs activités saisonnières. Les interactions entre les différentes espèces sont également modifiées.

Impacts sur les inégalités sociales et économiques

Les impacts des changements climatiques creusent les inégalités. Ainsi, les peuples marginalisés au niveau social, économique, culturel, ou politique se trouvent d’autant plus marginalisés qu’ils subissent les effets des changements climatiques, venant s’ajouter à une accumulation de facteurs concomitants et préexistants, en ayant par exemple des incidences directes sur les moyens de subsistance, en réduisant le rendement des cultures, ou en détruisant des habitations mal adaptées.

Impacts sur les événements extrêmes (vagues de chaleur, inondations…)

Les évènements extrêmes (vagues de chaleurs, inondations, cyclones, feux de forêt…) montrent à quel point nos populations sont aujourd’hui exposées à la variabilité climatique. De tels évènements ont un impact majeur sur les écosystèmes, sur la production alimentaire, et la disponibilité en eau. Ils peuvent détruire des habitations, accroitre la mortalité et la morbidité, et avoir des fortes conséquences sur la santé mentale et le bien être humain.

Ces impacts iront croissant avec le réchauffement.

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