Crème solaire, autisme et vitamine D (2/3)

Crème solaire, autisme et vitamine D (2/3)

Suite de notre dossier sur les dangers de la crème solaire. Après avoir évoqué la toxicité pour l’environnement, et ébauché l’approche santé, voici une partie portant sur les dernières recherches en matière de liens entre certaines maladies et la crème solaire, notamment l’autisme ou le cancer.

Ces études, bien que très sérieuses et faisant elles-même référence à d’autres études poussées, sont à considérer avec prudence car elles sont récentes et qu’on manque encore de recul sur la question.

Cet article fait partie d’une série : les dangers de la crème solaire

Les substances que nous cache…

Crème solaire et santé : incompatibles ?

  • 6ème partie : Quelle protection efficace au soleil ? (à venir très prochainement)

Attardons nous sur un point beaucoup plus précis : le lien supposé entre crème solaire, carence en vitamine D et autisme. Plusieurs études ont étudié ce point avec attention.

Plus d’autistes et moins d’exposition au soleil

OK, on a donc vu que les produits chimiques présents dans les produits solaires pénètrent bien le corps. Dès lors, pas étonnant que les scientifiques s’interrogent sur le lien entre une application régulière de crème solaire (comprenez : dans un usage classique mais néanmoins relativement régulier sur une peau plutôt claire) et des troubles divers.

Partons alors d’une autre idée : si la crème solaire contient des produits chimiques qui pénètrent la peau, à l’inverse n’empêche-t-elle pas d’autres substances d’atteindre le corps ? La crème solaire contient des filtres, afin d’empêcher UVA et UVB d’abîmer le corps et de provoquer des cancers.

couches-de-la-peau-vitamine-dEn pratique, cette idée de filtre aurait aussi une autre conséquence : celle d’empêcher la vitamine D d’être produite correctement par le corps. Cette idée a fait son chemin dans la communauté scientifique, et des études ont étudié cet aspect.

Vitamine D et autisme : une hypothèse

La vitamine D a un rôle primordial dans le déclenchement de bon nombre de troubles. L’une des pistes examinées le plus récemment concerne l’autisme : la “vitamine du soleil” pourrait-elle être un facteur déclencheur des troubles autistiques ?

Le constat est assez facile :

  • d’un côté le nombre d’autistes augmente
  • d’un autre côté le niveau de vitamine D diminue

Cette diminution est due à plusieurs facteurs, dont un temps d’exposition en baisse et un nombre de filtres plus importants (crème solaire quasiment systématique). Examinons cela de plus près via le prisme de plusieurs études scientifiques récentes.

vitamine-d-Cholecalciferol-3dUn nombre d’autistes en nette augmentation

La vitamine D est l’un des multiples facteurs environnementaux examinés par les scientifiques, cherchant à déterminer pourquoi les troubles autistiques n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières décennies.

Aux Etats-Unis, un enfant sur 88 à l’âge de 8 ans a été diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique1, selon le Centre de Contrôle et Prévention des Maladies (Centers for Disease Control and Prevention).

picto_loupeUne partie de cette augmentation est certes attribuée à une plus grande compréhension des troubles du cerveau, marqués par des troubles sociaux, des difficultés de communication et des comportements répétitifs. Néanmoins, un meilleur diagnostic ne peut pas tout expliquer, ce qui a poussé les scientifiques à chercher des réponses du côté des facteurs environnementaux.

Une étude de 2012 en Arabie Saoudite a cherché à faire le lien de manière précise entre la concentration en vitamine D et l’autisme, via le prisme de l’auto-immunité2.

Autisme et carence en vitamine D : un lien direct ?

Les recherches menées à la King Saud University portaient sur une population définie :

  • 50 enfants âgés entre 5 et 12 ans, atteints de troubles autistiques
  • 30 enfants  du même âge sans trouble

40 % des enfants atteints de troubles autistiques avaient une carence significative en vitamine D, ce qui n’était le cas d’aucun des enfants non autistes.

picto_loupePlus intéressant encore : plus les taux de vitamine D étaient bas, plus les enfants présentaient des troubles importants, suivant la CARS (Childhood Autism Rating Scale), l’échelle d’évaluation de l’autisme infantile, développée par les chercheurs américains Eric Schopler, Robert J. Reichier et Barbara Rochen Renner.

> Suite : Des réactions auto-immunes modifiées