Un lacet neuronal pour combattre Terminator ?

‘Créer un lacet neuronal est la chose qui compte le plus pour l’humanité pour achever la symbiose avec les machines’ : une réplique d’un prochain blockbuster sur les humanoïdes ? Non, un tweet signé Elon Musk ! Décidemment, rien ne semble impossible pour ce célèbre tycoon américain, à la fois visionnaire et mégalo. Décryptage.

Rédigé par Pierre Bafoil, le 11 Feb 2017, à 17 h 25 min

Déjà à la tête de Tesla et de Space X, pour un projet controversé de voyage sur Mars, l’entrepreneur milliardaire compte créer un lacet neuronal afin de connecter directement son cerveau à internet. L’objectif ? Contrecarrer sa plus grande crainte : l’intelligence artificielle (IA).

 

Le lacet neuronal contre l’intelligence artificielle

Celui pour qui le ciel n’est pas une limite est terrifié par un « scénario Terminator »(1). Du nom de la trilogie de James Cameron, cette théorie voudrait qu’à terme l’intelligence artificielle (IA) menace l’homme, voire le conduise à sa perte. Sur Twitter, le mesuré Elon Musk joue les Cassandre : « Nous devons être très prudent avec l’intelligence artificielle. Elle est potentiellement plus dangereuse que les armes nucléaires. »

En juin 2016, lors d’une conférence, il réitère ses prophéties : « Si je devais deviner ce qui représente la plus grande menace pour notre existence, je dirais probablement l’intelligence artificielle »  Tout en retenue, l’homme qui veut coloniser Mars estime que, face à celle-ci, nous pourrions être réduits à l’état « d’animal de compagnie ».

Sarah Connor et Elon Musk : même combat

De la science-fiction ? Peut-être, mais à sa décharge, d’autres personnalités se sont inquiétées de l’avancée de l’intelligence artificielle. Outre évidemment Sarah Connor, l’héroïne du film, pour les raisons que l’on sait, le milliardaire Bill Gates(2) ou le scientifique Stephen Hawking(3) ont eux-aussi alerté l’opinion publique sur les dangers de l’IA.

Ainsi, l’idée est simple : l’IA pourrait se retourner contre l’homme. Il faut donc la combattre. Et pour mener à bien la guerre contre les robots, quoi de mieux que de se robotiser soi-même un peu  ? De toute façon, à cause de la vie virtuelle et du tout numérique, Elon Musk explique doctement que « nous sommes déjà des Cyborgs »(7).

Le principe du lacet neuronal date des années 1970, plus connu sous le nom barbare d’interface neuronale directe (IND). Le but principal : permettre de régler des capacités déficientes, telles la vue ou la mémoire. Le cerveau est relié à un ordinateur via une interface fixée dans le cortex. Depuis ses débuts, l’IND a fait de grands progrès dans le domaine de la santé. Actuellement, un autre patron fortuné se penche sur cette question, Bryan Johnson. Ce dernier a investi 100 millions de dollars dans un projet similaire visant à combattre des maladies dégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer(4).

« Dépasser nos limites »

Mais dans l’esprit inquiet d’Elon Musk, le projet, encore flou, semble un peu différent. Son lacet neuronal n’a pas de fin sanitaire. Il doit plutôt permettre à l’intelligence humaine de surpasser l’artificielle.

lacet neuronal, elon musk

Si l’on s’en tient au peu qu’il en a révélé, le milliardaire veut fusionner « d’une manière symbiotique » le cerveau humain avec l’IA grâce à une neuroprothèse. Un dessein à la Matrix qui vise à « dépasser nos limites ».

Grâce au lacet neuronal on pourrait se connecter à internet et avoir accès à l’ensemble des connaissances que renferme le monde numérique. Grosso modo, penser à quelque chose et le faire apparaitre sur un écran. Apprendre quantité de choses simplement en connectant nos influx neuronaux. Une nouvelle ère ? Pas si vite : les explications restent vagues quant à la façon de le faire ou à la réalisation concrète du projet.

Mais Elon Musk l’a promis, des informations supplémentaires viendront bientôt : peut-être dès ce mois-ci. 

Un privilège de classe ?

Elon Musk a un sérieux problème avec l’intelligence de son prochain. Selon le portrait consacré au milliardaire dans le magazine Society(5), le milliardaire aurait peur que le QI de l’humanité diminue. Sans tomber dans le procès d’intention, le lacet neuronal serait-il le moyen de lutter contre la bêtise larvée de l’Homme ?

Quoi qu’il en soit, une seule chose est sûre : le lacet neuronal ne sera pas donné. Le prix moyen des inventions ou innovations d’Elon Musk est pharaonique. Le billet pour aller sur Mars grâce à SpaceX serait lancé à un demi million de dollars. Une fois le projet sur pied, le génie de la Silicon Valley voudrait le « démocratiser » pour le rendre accessible. Prix estimé : 100.000 dollars, c’est grand prince ! Cité par Society, l’un de ses compagnons de route, Jim Cantrell pense que « les besoins normaux des gens normaux ne touchent pas [Elon Musk] ».

Le lacet neuronal deviendrait donc un luxe hors de portée des moins aisés. Une performance technologique qui ajouterait aux inégalités de revenus des inégalités cognitives. Sarah Connor était serveuse et John Connor un vagabond. Pas sûr qu’ils auraient pu s’offrir un lacet neuronal. Pourtant, qui imaginerait combattre Terminator sans les Connor ?

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