Un textile écolo qui a la fibre verte, c’est quoi au juste ?

Rédigé par Jean-Marie, le 9 Apr 2014, à 9 h 27 min

Les substances à éviter dans les textiles

Quels toxiques trouve-t-on dans les textiles ?

Colorants azoïques, formaldéhydephtalatesformaldéhydebisphénol Aperturbateurs endocrinienscadmiumpesticides, phtalates, PFOA, benzène, … la liste des composants et des substances toxiques présentes dans les vêtements et les toxiques est assez longue.

Les préparations chimiques spécifiques à certains vêtements sont élaborées séparément dans un premier temps, avant d’être expédiées dans les usines où les vêtements seront produits.

On ajoute alors certains produits comme des colorants spécifiques : ceux-ci sont fort utiles d’un point de vue visuel, donnant aux vêtements des couleurs vives, mais certains ne devraient pas à être inclus dans les teintures, du fait des risques induits. On trouve aussi des métaux, comme du nickel, dans les parties métalliques.

Les colorants

Ce sont par exemple des colorants azoïques qui sont tout sauf naturels et dangereux mais qui offrent un très bon rapport coût-efficacité. Utilisés dans l’industrie alimentaire, ils provoqueraient l’hyperactivité et sont suspectés d’être allergènes. Les colorants azoïques libèrent des amines(3), qui sont des molécules potentiellement cancérogènes(4)

textile-écolo-colorant-fibre

C’est joli. Mais ça peut aussi ne pas être très sain…

Il en résulte des réactions ou des allergies de la peau (dermatite de contact) et parfois des atteintes au rein, au foie, voire même des cancers ! Les industriels européens n’en utilisent plus d’autant plus que la réglementation européenne les interdit depuis 2002. Mais dans d’autres pays, ils restent encore aujourd’hui souvent utilisés dans la fabrication de vêtements.

Les phtalates

On trouve aussi des phtalates dans les vêtements étudiés lors des différentes enquêtes qui ont eu lieu sur le sujet (Zara, Lango, Levi’s … la mode tendance toxique) Les phtalates sont utilisées pour assouplir les plastiques et peuvent par exemple se trouver dans les décorations des vêtements (on en trouve dans les fournitures scolaires par exemple.

Les NPE (éthoxylates de noxylphénol)

Il peut aussi d’agir des éthoxylates de noxylphénol ou NPE dont l’utilisation a pourtant été interdite en Europe  en 2003. Le NPE se dégrade en nonylphénol (NP), un perturbateur endocrinien accusé de dérégler les fonctions hormonales. Il perturbe ainsi le rôle des organes reproducteurs des organismes vivants, entraînant des troubles de la fertilité, particulièrement chez les mâles. S’accumulant sur les algues, les nonylphénols atteignent les poissons qui les mangent, et l’homme par l’intermédiaire de la pêche.

Les retardateurs de flamme

Nous avons parlé de ces substances qu’on trouve parfois dans les jouets. Les retardateurs de flamme sont des substances chimiques ajoutées aux matériaux lors de la fabrication afin de réduire le risque d’incendie. Les retardateurs de flamme réduisent l’inflammabilité d’un produit ou d’un matériau. Le problème, c’est que ces PolyBromoDiphényle Ethers (PBDE) sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. La Commission européenne a récemment souligné qu’un « grand nombre des retardateurs de flamme bromés sont persistants, bioaccumulables et toxiques. »

Les composés perfluorés

Grâce aux composés perfluorés (PFC) telles que les fibres téflon les vêtements offrent des qualités infroissables et imperméables (comme le formaldéhyde). Ils sont souvent utilisés pour des traitements anti-tâches et imperméabilisant  pour les vêtements mais aussi pour les meubles, les tapis ou moquettes ou pour réaliser des revêtements antiadhésifs pour ustensiles de cuisine.

Les PFC perturbent le fonctionnement de la glande thyroïde et imitent les oestrogènes et sont donc considérés comme des perturbateurs endocriniens. Une étude de 2012 montre que l’exposition in vitro à l’un de ces PFC, l’acide perfluorooctanoïque (PFOA), favorise le surpoids des femmes à l’âge de 20 ans(1). Selon une autre étude(5), l’exposition au PFOA et au perfluoro-octane sulfonate (PFOS) peut entraîner une moindre efficacité de la vaccination des petits contre la diphtérie et le ténanos.

Dans les faits, il faut se méfier des textiles portant la mention « sans repassage » qui peut être le signe de la présence de PFC ou de formaldéhyde.

Le formaldéhyde

On trouve souvent du formaldéhyde dans les textiles et dans les vêtements où il peut irriter la peau et déclencher des réactions allergiques, eczéma et dermites de contact (inflammation de la peau). On en trouve aussi dans le linge de maison (draps, oreillers, rideaux…), cosmétiques ou dans le mobilier.

En France, les textiles en contact direct avec la peau ne doivent pas contenir plus de 100 ppm et ceux qui ne sont pas en contact direct avec la peau peuvent contenir jusqu’à 400 ppm. Pour ce qui concerne les vêtements pour bébés en contact avec la peau n la dose maximum de formaldéhyde est de  20 ppm. En savoir plus sur le formaldéhyde.

Le perchlo

Au niveau du lavage à sec, la substance à éviter est le perchloroéthylène utilisé dans les laveries automatiques et les pressings.

Le « perchlo » est considéré comme un solvant cancérigène probable par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). Il est accusé d’être responsable de cancers du foie et des reins et de l’oesophage, de la vessie et du col de l’utérus. Il provoque également d’autres effets sur l’organisme comme l’irritation des yeux et des voies respiratoires, ainsi que des vertiges et des nausées.

Pourtant en France et malgré la dangerosité avérée de ce solvant, ce sont quelque 5 000 entreprises de nettoyage à sec qui continuent à émettre 8 200 tonnes de « perchlo » chaque année dans l’air, surtout dans les zones résidentielles. Il est interdit d’exploiter une machine au perchloréthylène âgée de plus de 15 ans à partir de 2014.

 Le diméthylfumarate (DMF)

Connu pour ses propriétés allergisantes, le diméthylfumarate est incorporé dans différents produits, notamment en Asie, pour lutter contre les moisissures. Mais il peut provoquer des brûlures ou des crises d’eczéma.

Il sert donc selon les cas à  favoriser la conservation de semences, de textiles ou encore de meubles, notamment pendant les phases de opérations de stockage et de transport des produits. Le DMF est interdit en France depuis 2008, mais malgré tout il se produit encore une dizaine de cas d’allergie chaque année, comme le cas d »allergie d’une petite fille à Agen en novembre 2012 : elle a subi une forte dermatose allergique après avoir passé une robe fabriquée en Chine qui contenait du DMF. En savoir plus sur le DMF.

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Références :

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

6 commentaires Donnez votre avis
  1. Article plutôt intéressant, merci. En revanche, quel style rédactionnel rédhibitoire ! L’article est bourré de fautes de syntaxes ce qui le rend désagréable à lire !

    Pour préciser l’un des commentaires : effectivement, pour les marques éthiques, les procédés plus responsables se traduisent par un prix plus élevé que dans les enseignes de Fast Fashion. La qualité se paye, certes, mais au delà c’est une réflexion plus globale à avoir sur nos modes de consommation. Ai-je réellement besoin de ce énième haut marinière alors que j’en possède déjà 3 dans la penderie ? Est-ce que je préfère acheter deux paires de bottines de qualité moyenne (et de fabrication souvent contestable) ou une seule paire plus solide et respectueuse des hommes et de l’environnement ?… Est-ce que je ne peux pas trouver tel article sur les sites de vente en seconde main ? A chacun de décider et d’essayer de consommer plus raisonnablement, à sa manière et selon ses moyens.

  2. Bonsoir,
    Je cherche du tissu style « polaire » pour faire des vêtements chauds à mes petits enfants et à leurs amis… j’ai de bonnes idées mais pas le tissu.
    Un tissu stretch, doux et chaud écolo existe-t’il dans des couleurs qui plaisent aux enfants – filles – garçons.
    Motifs bienvenus.
    Françoise

  3. Bonjour,

    Et si au lieu de vouloir faire moins mal, on cherchait à faire bien? Il ne s’agirait plus de réduire notre impact négatif mais plutot d’avoir un impact positif… Et faire des vetements non toxique, 100% recyclable ou biodégradable, avec des systèmes de production qui purifient l’air et l’eau, qui utilisent de l’énergie renouvelable et qui garantissent aussi une éthique juste et équitable. tout ca on sait le faire grace au cradle to cradle. Alors rendez nous visite c2ccommunity.org

  4. Malheureusement le prix des articles est souvent rédhibitoire. Il faut chercher longtemps pour trouver des vêtements, et surtout des chaussures abordables

  5. Mhmm… hypoallergéniques… petite rectif 😉

  6. Bonjour,
    Pourquoi ne pas rajouter á la liste des marques 100% écolo les entreprises allemandes suivantes: LIVING CRAFTS, LEELA COTTON, ENGEL… ou GRAND STEP SHOES ?
    On peut trouver leurs produits en ligne sur leurs propres sites Internet ou sur quelques sites français comme Comptoir Biosud.
    Leur gamme s’élargit tous les ans, y compris pour les adultes.
    Très utile quand on cherche des vêtements hypollargéniques et qu’on vit en France 🙂
    Bonne continuation !

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