Staycation : partir en vacances à la maison

A-t-on vraiment besoin de voyager à l’autre bout de la planète pour se dépayser et se sentir en vacances ? Envie de passer du temps chez soi, de profiter de sa région, de flâner, de rénover la maison, d’économiser, de moins polluer… Les raisons de ne pas partir et de pratiquer le ‘staycation’, ou vacances à la maison sont nombreuses. Décryptage.

Rédigé par Annabelle, le 9 Jul 2019, à 14 h 50 min

Ces derniers temps, plusieurs millions de Français doivent renoncer à partir en vacances crise oblige : chaque année, ce sont 40 % de nos concitoyens qui se privent de vacances, en premier lieu faute de moyens. Mais pas question pour autant de ne pas se sentir en vacances ! Aux États-Unis, ce phénomène est très tendance, et porte un nom : staycation. La France s’y est mise aussi !

Staycation ou les vacances chez soi

Staycation est un néologisme créé par les Américains au moment de la crise des subprimes, en 2007. C’est la contraction en anglais du verbe « stay », rester, et du nom « vacation », vacances. Il désigne le simple fait de partir en vacances, à la maison !

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Se reposer à la maison pendant les vacances © MJTH

Car c’est bien là l’objectif : passer de vraies vacances (sorties, visites, randonnées, etc.) dans sa ville ou dans sa région. Le gros avantage est évident : les staycations permettent d’économiser sur les frais de transport et d’hébergement.

Rester chez soi pour les vacances, un phénomène qui prend de l’ampleur

Si le phénomène ou plutôt le nom qu’on lui donne vient des États-Unis, d’autres pays se sont amusés à nommer le fait de partir en vacances chez soi.

Au Royaume-Uni, on parle de stoliday ou holistay pour désigner ces touristes qui préfèrent rester chez eux plutôt que de venir lézarder sur les plages françaises ou espagnoles. Il y a une quinzaine d’année, avant même de parler du concept de staycation, un journal italien, le Corriere della Serra, parlait de « vacances-taupe » pour désigner ces vacanciers qui avaient choisi de rester chez eux.

En Français, on pourrait parler de « vacadom ».

Pour les adeptes de staycation, les raisons économiques ne sont pas la seule motivation

C’est aussi une occasion de faire ce qu’on n’a jamais le temps de faire en « temps normal » : petits travaux dans le logement, tri dans les armoires, etc., mais aussi et surtout de profiter de la maison et du jardin (ou du balcon) sans les contraintes habituelles.

De plus, rester chez soi le temps des congés offre l’opportunité de redécouvrir son environnement, parfois de manière totalement insolite. Le voyageur-habitant choisit délibérément de profiter de son temps libre pour (re)découvrir des lieux ou des activités tout près de chez lui.

Avec le rythme soutenu du quotidien, on a si peu le temps de profiter des merveilles situées pourtant à deux pas de chez nous le reste de l’année !

Rester chez soi pendant les vacances donne aussi l’occasion de profiter de ses proches qu’on ne voit qu’en coup de vent le reste de l’année ou de recevoir des amis.

C’est aussi beaucoup moins stressant que de planifier des vacances à l’autre bout du monde, que de gérer les problèmes de grève des transports, ou que de conduire des heures durant…

Staycation pour des vacances écologiques !

Pour le coup, il n’y a pas plus écolo que de passer des vacances chez soi ! Avec un bilan carbone neutre, les staycations séduisent aussi les éco-touristes soucieux de minimiser leur impact sur l’environnement.

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À la maison avec ou sans les enfants en staycation © altanaka

Un petit rappel chiffré concernant les trajets en avion

  • 102.000 avions sillonnent les cieux chaque jour (2016) et relient les 17.700 aéroports du monde !
  • En 2017, près de 4 milliards de passagers ont utilisé ce moyen de transport. D’ici à 2036, le nombre de passagers aériens devrait quasiment doubler, pour atteindre 7,8 milliards annuels. D’ici 2037, l’Association du transport aérien international (IATA) prévoit même une augmentation du trafic aérien mondial qui  pourrait atteindre 8,2 milliards.
  • Le 29 juin 2018, un nouveau record de trafic aérien a été établi avec 202.157 vols recensés en une seule journée.
  • Les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble du secteur aérien français ont augmenté de 62 % entre 1990 et 2012 à cause de la hausse du trafic.

Alors qui sait, peut-être que pour vos prochaines vacances, vous aussi vous préfèrerez revisiter votre ville ou votre région avec des yeux tout neufs ?

Article republié
Illustration bannière : Passer les vacances à la maison – © RonTech3000
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Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Chez les chti, on dit qu’on part en vacances à « Gardincourt » : « 1 semaine dans m’gardin (jardin), 1 semaine dans m’cour(ma cour) »

  2. Tout cela est bien gentil, mais lorsqu’on vit toute l’année dans une région plutôt froide et humide, on est bien content d’aller là où il fait chaud… Notre corps en a besoin afin d’éviter les rhumatismes…. Alors, arrêtez de nous culpabiliser si nous voyageons un peu…. En général, on ne prend pas souvent l’avion au contraire de certains personnages qui ne savent plus prendre un autre moyen de transport même lorsqu’il s’agit de faire très peu de kilomètres…. Je pense en particulier à certains politiques……

  3. pour une personne curieuse comme je le suis, partir est essentiel (pas de voyage organisé, juste la destination 1ère et l’hôtel de la 1ère nuit, ensuite au gré des envies), rencontrer des gens différents, leurs habitudes et mode de vie. je pense que cela ouvre à l’altérité et doit donc diminuer le racisme. Evidemment l’avion pollue et faut avoir les moyens, mais dans toute chose il ya du bon et du mauvais , ce qui soigne peut aussi tuer!

  4. N’importe quoi! Partir en vacances, c’est un loisir de gens qui ont assez d’argent – et de temps – pour le faire. Je ne suis pas partie en vacances pendant 10 ans parce que c’était trop cher et ça ne m’a pas manqué. Puis je suis partie deux fois par an pendant trois ans, au loin, pour vraiment voir la différence mais franchement, les meilleures vacances, ce sont celles que je passe chez moi quand mes voisins, eux, partent 🙂

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