Staycation : partir en vacances à la maison

A-t-on vraiment besoin de voyager à l’autre bout de la planète pour se dépayser et se sentir en vacances ? Envie de passer du temps chez soi, de profiter de sa région, de flâner, de rénover la maison, d’économiser, de moins polluer… Les raisons de ne pas partir et de pratiquer le ‘staycation’, ou vacances à la maison sont nombreuses. Décryptage.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 27 May 2020, à 8 h 00 min

Plusieurs millions de Français vont devoir renoncer à partir en vacances cette année, crise sanitaire oblige. Mais en temps « normal » aussi, chaque année ce sont 40 % de nos concitoyens qui se privent de vacances, en premier lieu faute de moyens. Pour autant pas question de ne pas se sentir en vacances ! Aux États-Unis, rester chez soi pendant les vacances est un phénomène très tendance. Il porte même un nom : staycation. La France s’y met aussi !

Staycation ou les vacances chez soi

Staycation est un néologisme créé par les Américains au moment de la crise des subprimes, en 2007. C’est la contraction en anglais du verbe « stay », rester, et du nom « vacation », vacances. Il désigne le simple fait de partir en vacances, à la maison !

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Profiter des vacances pour se reposer à la maison © MJTH

Car c’est bien là l’objectif : passer de vraies vacances (sorties, visites, randonnées, etc.) dans sa ville ou dans sa région. Le gros avantage est évident : les staycations permettent d’économiser sur les frais de transport et d’hébergement.

Rester chez soi pour les vacances, un phénomène qui prend de l’ampleur

Si le phénomène ou plutôt le nom qu’on lui donne vient des États-Unis, d’autres pays se sont amusés à nommer le fait de partir en vacances chez soi.

Au Royaume-Uni, on parle de stoliday ou holistay pour désigner ces touristes qui préfèrent rester chez eux plutôt que de venir lézarder sur les plages françaises ou espagnoles.
Il y a une quinzaine d’année, avant même de parler du concept de staycation, un journal italien, le Corriere della Serra, parlait de « vacances-taupe » pour désigner ces vacanciers qui avaient choisi de rester chez eux.

En Français, on pourrait parler de « vacadom » !

Pour les adeptes de staycation, les raisons économiques ne sont pas la seule motivation

C’est aussi une occasion de faire ce qu’on n’a jamais le temps de faire en « temps normal » : petits travaux dans le logement, tri dans les armoires, etc., mais aussi et surtout de profiter de la maison et du jardin (ou du balcon) sans les contraintes habituelles.

De plus, rester chez soi le temps des congés offre l’opportunité de redécouvrir son environnement, parfois de manière totalement insolite. Le voyageur-habitant choisit délibérément de profiter de son temps libre pour (re)découvrir des lieux ou des activités tout près de chez lui.

Avec le rythme soutenu du quotidien, on a si peu le temps de profiter des merveilles situées pourtant à deux pas de chez nous le reste de l’année !

Rester chez soi pendant les vacances peut aussi donner l’occasion de profiter de ses proches qu’on ne voit qu’en coup de vent le reste de l’année, voire de recevoir des amis.

C’est aussi beaucoup moins stressant : pas de vacances à l’autre bout du monde à planifier, de problèmes de grève des transports gérer, pas besoin de conduire des heures durant…

Staycation pour des vacances écologiques !

Pour le coup, il n’y a pas plus écolo que de passer des vacances chez soi ! Avec un bilan carbone neutre, les staycations séduisent aussi les éco-touristes soucieux de minimiser leur impact sur l’environnement.

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En vacances à la maison, avec ou sans les enfants © altanaka

Un petit rappel chiffré concernant les trajets en avion

  • 102.465 avions sillonnent les cieux chaque jour (2017) et relient les 17.700 aéroports du monde ! Ce chiffre s’est évidemment effondré depuis début 2020…
  • En 2017, près de 4 milliards de passagers ont utilisé ce moyen de transport.
  • Le 25 juillet 2019, un nouveau record de trafic aérien a été établi avec 230.000 avions recensés dans le ciel, tout autour du globe cette journée-là (battant à pleine couture celui établit le 29 juin 2018 avec 202.157 vols en une seule journée).
  • Les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble du secteur aérien français ont augmenté de 62 % entre 1990 et 2012 à cause de la hausse du trafic.

Alors qui sait, peut-être que pour vos prochaines vacances, vous aurez beaucoup de plaisir à revisiter votre ville ou votre région avec des yeux tout neufs ?

Article republié

Illustration bannière : Pas forcément besoin de partir loin pour passer de bonnes vacances – © Jo millington
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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Chez les chti, on dit qu’on part en vacances à « Gardincourt » : « 1 semaine dans m’gardin (jardin), 1 semaine dans m’cour(ma cour) »

  2. Tout cela est bien gentil, mais lorsqu’on vit toute l’année dans une région plutôt froide et humide, on est bien content d’aller là où il fait chaud… Notre corps en a besoin afin d’éviter les rhumatismes…. Alors, arrêtez de nous culpabiliser si nous voyageons un peu…. En général, on ne prend pas souvent l’avion au contraire de certains personnages qui ne savent plus prendre un autre moyen de transport même lorsqu’il s’agit de faire très peu de kilomètres…. Je pense en particulier à certains politiques……

  3. pour une personne curieuse comme je le suis, partir est essentiel (pas de voyage organisé, juste la destination 1ère et l’hôtel de la 1ère nuit, ensuite au gré des envies), rencontrer des gens différents, leurs habitudes et mode de vie. je pense que cela ouvre à l’altérité et doit donc diminuer le racisme. Evidemment l’avion pollue et faut avoir les moyens, mais dans toute chose il ya du bon et du mauvais , ce qui soigne peut aussi tuer!

  4. N’importe quoi! Partir en vacances, c’est un loisir de gens qui ont assez d’argent – et de temps – pour le faire. Je ne suis pas partie en vacances pendant 10 ans parce que c’était trop cher et ça ne m’a pas manqué. Puis je suis partie deux fois par an pendant trois ans, au loin, pour vraiment voir la différence mais franchement, les meilleures vacances, ce sont celles que je passe chez moi quand mes voisins, eux, partent 🙂

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