Sodas et diabète ne sont pas liés, selon les industriels du soda

Une méta-recherche a prouvé que toutes les études qui nient un lien entre soda, diabète et obésité ont été financées par l’industrie des boissons.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 7 Nov 2016, à 9 h 45 min

Aux États-Unis, le lobbying des industriels est beaucoup moins caché qu’en France : une industrie peut commander des études et, de fait, payer les chercheurs pour les réaliser. Mais ces derniers sont souvent amenés à trouver des résultats qui vont dans le sens des industriels, soit en falsifiant les données, soit en suivant des protocoles de test qui leur permettront de prouver que les industriels ont raison. Et cela serait le cas pour un bon nombre d’études concernant les liens entre sodas, obésité et diabète.

Des études qui nient un lien entre le diabète et le soda

Le docteur Dean Schillinger, de l’Université de Californie à San Francisco, a passé en revue 60 études sur les liens entre sodas, obésité et diabète. Toutes ces études ont été publiées en 2001 et, parmi elles, 26 ont conclu qu’il n’y avait pas de lien entre le fait de boire du soda et le fait de devenir obèse ou de développer un diabète de type 2. Il en reste donc 34 qui prouvent l’inverse. La bataille est très serrée.

Si le professeur Schillinger s’est intéressé à la question c’est qu’il a été payé par la ville de San Francisco en tant qu’expert dans une affaire opposant la ville et les industriels du soda. San Francisco a l’intention de faire apparaître une mise en garde sur les risques des sodas pour la santé, mise en garde que les industriels ne veulent bien évidemment pas voir apparaître sur leurs campagnes publicitaires.

Des recherches sur les sodas et le diabète payées par l’industrie

Après avoir écumé les recherches financées par les opposants à l’industrie du soda, le professeur Schillinger a découvert que l’intégralité des 26 études niant un lien entre sodas et obésité ou diabète avaient été financées par l’industrie. Une seule une étude reliant soda et diabète avait été financée par l’industrie, les autres étaient menées par des chercheurs indépendants.

L’Association Américaine de la Boisson, regroupant les industriels du secteur, nie les accusations estimant que les recherches commandées respectent toutes les standards scientifiques en vigueur et que l’étude du professeur Schillinger est elle-même biaisée… Puisqu’il a été payé par la ville de San Francisco.

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

2 commentaires Donnez votre avis
  1. il est évident que ce ne sont pas les fabricants de soda qui vont dire que c’est mauvais à la santé! Et qu’ils vont payer des “chercheurs” pour dire qu’on peut en boire sans problème.

  2. Il ne faut pas demander cela aux producteursde soda

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