Chaleurs, manque de précipitations… La sécheresse s’installe en Europe… et au-delà !

Records de températures près du pôle nord, sécheresse massive en Europe et maisons fragilisées par les sols desséchés… Le réchauffement climatique est tout sauf une théorie…

Rédigé par Paul Malo, le 20 Jul 2019, à 7 h 55 min

Le monde serait-il littéralement en train de perdre le Nord ? Avec le changement climatique, les températures en Europe battent des records de chaleur, avec des conséquences plus ou moins inattendues pour la biodiversité, les récoltes, les élevages et même les habitations ! Décryptage.

L’Europe frappée par la sécheresse

La sécheresse s’abat sur l’Europe. D’année en année, les phénomènes tendent à devenir récurrents, touchant une grande partie de l’Europe : non seulement la France, mais aussi l’Espagne, l’Allemagne, les pays baltes, la Pologne(1)

Au point de voir des forêts, des massifs entiers, griller sur pied et prendre une couleur rouille, notamment dans les Vosges. En France, le déficit de pluie devient criant : 61 départements sur les 96 de la France métropolitaine ont été placés en restriction d’eau. Certaines zones de la Côte d’Azur atteignent un déficit de pluie de 70 % à 90 %…

En juillet 2018, le Rhin était à son niveau le plus bas en Allemagne © alfotokunst / Shutterstock

Ailleurs en Europe, les ressources en eau s’épuisent tout autant. Au sud, l’Espagne connaît la troisième année la plus sèche enregistrée au XXIe siècle. Alors qu’après un mois de juillet plus chaud qu’à l’habitude, août et septembre s’annoncent également au-dessus des normales saisonnières, la situation devient préoccupante, tant pour l’élevage que pour les cultures d’été.

Mais le nord du continent n’est pas épargné. L’aridité frappe les cultures céréalières dans 14 des 16 régions productrices de Pologne. 80 % du territoire tchèque est touché par une sécheresse atteignant un niveau « exceptionnel ou extrême ». La Lituanie a décrété début juillet une situation d’urgence. En Allemagne, les régions du nord sont touchées. Seule la Suède pourrait connaître une meilleure année, après un millésime 2018 tout simplement catastrophique, en incendies de forêts et  durant lequel des éleveurs ont dû abattre une partie de leur cheptel, qu’ils ne pouvaient nourrir.

Des milliers de maisons fragilisées

En France, l’une des conséquences méconnues du manque d’eau est la fragilisation des maisons construites sur des sols argileux(2). Des sols qui, sous l’effet de la chaleur, se rétractent et finissent par fragiliser fondations et façades. C’est d’ores et déjà la deuxième cause d’indemnisation par les assureurs au titre des catastrophes naturelles, après les inondations.

En effet, les sols argileux se comportent un peu comme des éponges, se gorgeant d’eau quand il pleut et se rétractant en période de sécheresse. Résultat : le sol se dérobe littéralement sous les bâtiments…

La sécheresse frappe aussi durement l’agriculture © barmalini

C’est alors l’ensemble de la construction qui s’affaisse pour retrouver une stabilité sur un sol plus rigide en profondeur. Avec pour conséquence visible des fissures obliques en façade, au départ des points de fragilité que sont les fenêtres et portes.

Entre 1989 (année où ce risque a été officiellement reconnu) et 2016, 10.000 communes ont fait une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle pour ce phénomène de « retrait-gonflement des argiles ». La plupart d’entre elles sont situées en Île-de-France, le long d’un axe Bordeaux-Toulouse et autour de Marseille. Ce phénomène, largement sous-estimé, n’est donc pas à négliger.

On comprend pourquoi, depuis la loi Elan de novembre 2018, une étude préalable des sols est désormais obligatoire pour toute nouvelle construction…

Un record absolu de chaleur près du pôle Nord

Autre réalité scientifique impossible à remettre en doute : au nord,  l’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que les autres régions du globe(3).

Le changement climatique a clairement une influence, directe ou indirecte, sur le phénomène. Et jamais il n’a fait aussi chaud près du pôle Nord : à Alert, au Canada, l’endroit habité le plus septentrional de la planète, situé à 900 km à peine du pôle, le mercure a atteint 21°C dimanche 14 juillet.

L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que les autres régions du globe © Denis Burdin

Un record absolu de chaleur pour la petite station de surveillance des communications russes installée sur le 82e parallèle, qui abrite également une station météo depuis 1950. Jamais de telles températures, aussi élevées, n’avaient été constatées aussi loin au nord de la planète. Le précédent record, de 20°C, remontait au 8 juillet 1956.

Lire aussi : L’Arctique se couvre de végétation à un rythme aussi rapide qu’inattendu…

En principe, à Alert, la moyenne quotidienne pour un mois de juillet devrait être de 3,4°C, et celle des températures maximales de 6,1°C. Mais une crête de haute pression qui se maintient sur le Groenland fait exceptionnellement remonter des vents du Sud jusque sur l’océan Arctique.

Illustration bannière : Le viaduc de Guadalajara en Cestille (Espagne) -© Quintanilla
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