Railcoop pour le renouveau des lignes de train inter-régionales

Les lignes des anciennes lignes Intercités que la SNCF a abandonnées au profit des TGV pourraient de nouveau bientôt être relancées. Une résurrection possible grâce à Railcoop.

Rédigé par Audrey Lallement, le 5 Jul 2020, à 7 h 50 min

La SNCF ne sera bientôt plus la seule à faire circuler des trains dans l’Hexagone… Déjà, un nouveau nom a fait son apparition dans le Lot en 2019 : Railcoop. Cette société coopérative d’intérêt collectif compte réhabiliter les lignes inter-régionales abandonnées par la SNCF au profit des lignes TGV plus rentables, pour proposer un service de transport citoyen. Des trains (quotidiens, trains de nuit et fret) qui relieraient les villes de France sans devoir nécessairement passer par Paris…

Railcoop : redonner du sens à la mobilité ferroviaire

À partir de décembre 2020, le transport ferroviaire sera totalement ouvert à la concurrence. Sachant que 61 % des Français sont prêts à prendre le train plutôt que l’avion pour des raisons écologiques et que le trafic routier devrait augmenter de 34 % d’ici à 2050, Railcoop a décidé de se lancer dans l’aventure. Son objectif ? Proposer aux voyageurs un mode de transport « alternatif » et citoyen entre les principales villes de France.

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Bientôt une ligne Bordeaux-Lyon ! – © Eo naya / Shutterstock

« L’ambition de Railcoop est de redonner du sens à la mobilité ferroviaire en impliquant citoyens, cheminots, entreprises et collectivités. Concrètement, Railcoop fera rouler des trains de voyageurs, trains de nuit, trains de fret, qui circuleront sur l’infrastructure existante » lit-on sur le site de la société. Pour ce faire, elle compte donc réhabiliter les lignes de trains inter-régionales que la SNCF a abandonnées.

Lire aussi : Le dernier train des primeurs de Rungis remplacé par 20.000 camions ?

Un premier projet – Rehabiliter la liaison Bordeaux-Lyon

Plus en service depuis 2014, la liaison Bordeaux-Lyon pourrait donc être proposée par Railcoop d’ici à 2022. Elle desservira les gares des villes de Libourne, Périgueux, Limoges, Guéret, Montluçon, Gannat, Saint-Germain-des-Fossés et Roanne, avec 3 allers-retours quotidiens, tous les jours de l’année. Environ 690.000 voyageurs par an pourraient utiliser cette liaison.

Selon Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de la société, « Certes, la SNCF l’a fermée en disant qu’il n’y avait plus assez de voyageurs. Mais elle n’investissait plus. Si vous ne proposez pas un service performant en matière de confort et de ponctualité, vous découragez les gens » rapporte Reporterre(1).

Le temps de trajet du Bordeaux-Toulouse sera plus long qu’en TGV (6 h 47) mais cet inconvénient sera rattrapé par un prix plutôt attractif puisque le billet sera vendu 38 euros. Cerise sur le gâteau, Railcoop compte proposer plus la place pour les vélos, poussettes, ski et autres bagages encombrants, et une gamme de services à bord.

D’après le site La Montagne, la coopérative souhaite utiliser des rames Régiolis réversibles, de type Coradia Liner, fabriquées par Alstom(2).

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Railcoop, la première coopérative ferroviaire bientôt sur les rails ! © Milos Muller

Prendre des parts de marché à la voiture

D’autres liaisons pourraient aussi être proposées par Railcoop : Thionville-Metz-Nancy-Lyon et Rennes-Toulouse via Le Mans, Tours, Poitiers, Limoges et Montauban. Selon Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, « Notre positionnement n’est pas d’aller sur le service public régional mais sur les services libres, qui viennent compléter l’offre des régions » rapporte 20 Minutes(3). Globalement, les lignes que compte réhabiliter Railcoop sont les anciennes lignes Intercités que la SNCF a abandonnées au profit des TGV.

Et pour cause, l’État lui a demandé de se concentrer sur les transports de masse explique Nicolas Debaisieux. Ce qui n’est pas le cas de Railcoop qui n’a pas les mêmes critères de rentabilité. « Notre positionnement n’est pas de concurrencer la SNCF, mais de venir compléter le maillage ferroviaire. Notre objectif est de prendre des parts de marché à la voiture individuelle, à l’autocar, à l’avion »,  assure-t-il à Reporterre.

Cette société coopérative d’intérêt collectif a été créée le 30 novembre 2019 et compte plus de 900 de sociétaires. Encore toute jeune, elle ne manque pas d’ambition !

Pour découvrir le projet, en apprendre plus sur Railcoop et devenir sociétaire, rendez-vous sur www.railcoop.fr

Illustration bannière : Railcoop fera rouler ses trains dès 2022 – © Natee Meepian

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