Des déchets industriels pour faire voler des avions : une réalité !

Le premier vol commercial utilisant pour combustible de l’éthanol issu de gaz résiduaires industriels, a atterri avec succès après avoir traversé l’océan Atlantique.

Rédigé par Anton Kunin, le 4 Oct 2018, à 11 h 30 min

Le carburant alimentant ce vol Orlando-Londres de Virgin Atlantic était composé à 5 % d’éthanol issu de déchets et gaz résiduaires riches en carbone dont l’industrie se passerait bien.

L’éthanol au lieu du kérosène dans un avion de Virgin Atlantic : jusqu’à 65 % d’émissions nocives en moins

C’est une première mondiale susceptible d’offrir une deuxième vie aux déchets industriels et de réduire le recours aux combustibles à base d’hydrocarbures. Un premier vol commercial alimenté par un combustible partiellement issu du recyclage de déchets, a atterri sans encombre à l’aéroport de Gatwick où Sir Richard Branson, le patron de Virgin Atlantic, avait fait le déplacement en personne pour célébrer ce jalon dans l’histoire de l’aviation.

virgin atlantic

Sir Richard Branson © Sergei Bachlakov Shutterstock

Le combustible alimentant cet avion, un Boeing 747, était composé à 5 % d’éthanol fourni par la société LanzaTech, spécialisée dans l’obtention de combustibles à partir de déchets industriels. « Trop peu », diront les critiques, ce à quoi la société répond qu’à terme, la part des combustibles recyclés pourra être portée à 50 %. Dans ce cas, les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 65 % comparées aux combustibles à base d’hydrocarbures.

Carburants alternatifs : le gouvernement britannique met la main à la poche

Aux États-Unis, LanzaTech travaille avec des raffineries, des usines chimiques, des aciéries et des usines de traitement de déchets. La société récupère les gaz qui se dégagent au cours du fonctionnement de ces usines et les transforme en éthanol. Jusqu’ici dans le monde de l’aviation, la réduction des émissions de gaz à effet de serre passait surtout par l’adoption progressive d’avions modernes. Au sein de Virgin Atlantic, le remplacement des Boeing 747 par des 787 a, par exemple, permis de réduire les émissions de gaz nocifs de 24 % entre 2007 et 2017.

Au Royaume-Uni, la patrie de l’empire Virgin de Sir Richard Branson, les pouvoirs publics voient d’un bon oeil le passage à ce nouveau carburant. L’équivalent de 25 millions d’euros a d’ailleurs été consenti par le gouvernement britannique pour soutenir l’industrie des carburants alternatifs.

Illustration bannière : Une première mondiale avec Virgin Atlantic – © Peter Titmuss Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. ==> « La société récupère les gaz qui se dégagent au cours du fonctionnement de ces usines et les transforme en éthanol. »

    Comme c’est beau, comme c’est magnifique, « tout se transforme, rien ne se perd » selon vous cher Mr. Anton Kunin, « Journaliste de formation » (selon votre bio au bas de l’article).

    Justement, en tant que journaliste sérieux (enfin je l’espère) pourquoi ne pas aller au fond des choses ?
    Je m’explique :
    Vous n’indiquez pas quelle « volume » d’énergie (ainsi que sa nature) nécessite ces transformations en éthanol, pourquoi ??

    Un exemple :
    Le VERRE (bouteilles, bocaux, etc…) est quasiment recyclable à l’infini et pratiquement sans perte majeure de substance.
    Oui MAIS !
    Cela nécessite beaucoup d’énergie pour porter le verre en fusion (aux alentours de 1300°/1400° !) + des machines ensuite pour fabriquer de nouveaux objets en verre…
    Cette dépense d’énergie (essentiellement de l’électricité), il faut bien la fabriquer elle aussi !…
    Quel est le bilan écologique dans cette histoire ?

    Autre exemple :
    Le fiasco écologique des BIOCARBURANTS pour les véhicules terrestres :
    Cela a abouti (et continue d’aboutir) à des déforestations massives + l’utilisation (massive elle aussi) d’engrais et de pesticides, tout ceci au détriment (en +) des terres cultivables pour la nourriture humaine et animale !!…

    Soyons un peu sérieux et responsables !!…

  2. ==> « …l’équivalent de 1,16 vol chaque seconde… »
    Un vol chaque seconde, çà je comprends…
    …mais à quoi correspond « 0,16 » vol par seconde ?
    A tous les « crash » aériens qui ont lieu chaque seconde dans le monde quand ces « 0,16 » vols se terminent mal sans arriver à destination ??
    :))

    Ensuite, quitte à utiliser de l’éthanol, autant mettre à la place au moins 5% (ou plus si affinité !) de vodka ou de whisky qui sont des alcools d’origine agricole, donc naturels.

    Cela aurait aussi l’avantage d’offrir gratuitement et à discrétion de l’alcool aux passagers (ce qu’on appelle « se servir à la pompe »!)… surtout pour les longs trajets, tout ceci afin de fidéliser une nouvelle clientèle plutôt que de l’attirer avec des prix toujours + bas et des services low cost !!…

    PS : si une telle mesure audacieuse était adoptée, il serait tout de même judicieux de l’interdire aux personnels de bord… surtout concernant les commandants de bord et les copilotes !!…

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