Pesticides : des pommes bretonnes contaminées au prosulfocarbe

En Bretagne, des pommes sont contaminées par une molécule appelée prosulfocarbe, dont l’utilisation doit normalement être encadrée. Certaines récoltes de pommes ne peuvent ainsi plus être vendues en bio.

Rédigé par MEWJ79, le 30 Aug 2019, à 9 h 50 min

Les trois quarts des lots de pommes testés chez 60 producteurs de cidre contiennent du prosullfocarbe, une molécule présente dans des désherbants. En cause la volatilité du produit, répandu sur d’autres cultures.

Présence de prosulfocarbe dans les pommes

Les producteurs de pommes bretons alertent quant à la présence de prosulfocarbe dans leurs fruits. Cette molécule a remplacé l’isoproturon dans de nombreux désherbants en 2017. Ces produits chimiques sont utilisés sur les céréales et sur les pommes de terre. Mais leur volatilité entraîne une contamination des cultures voisines, sans distinction. Or, certaines sont bio. Au vu des taux de pesticides présents, les producteurs ne peuvent vendre leurs pommes en bio.

Plusieurs producteurs de pommes ont contacté l’Institut français des productions agricoles (IFPC) qui a effectué une étude sur l’ensemble de l’Hexagone. Au final, sur 60 producteurs de cidre, dont la moitié en bio, 76 % comptaient des lots contenant des traces de prosulfocarbe.

Lire aussi : Toujours trop de pesticides dans les pommes selon Greenpeace

Le 28 juillet 2019, le sénateur Joël Labbé a demandé au gouvernement une suspension de l’autorisation de mise sur le marché du prosulfocarbe. Et pour cause, à forte concentration, cette molécule peut entraîner des problèmes de fertilité chez l’homme.

Des producteurs contraints de vendre leur production à moitié prix à cause de la perte du certificat bio © PHILIPIMAGE

Lien établi entre pesticides et développement de maladies comme Parkinson et Alzheimer

En outre, de nombreuses études scientifiques ont déjà prouvé le lien entre pesticides et développement de certaines maladies comme Parkinson, Alzheimer ou certains types de cancers. En 2018, le gouvernement a demandé à l’ANSES (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) de renforcer les conditions d’emploi des produits afin de mieux prendre en compte les modes de dissémination du prosulfocarbe dans l’environnement. Une distance minimale est ainsi imposée entre les parcelles traitées et les vergers.

Selon FranceInfo, les ventes du prosulfocarbe ont augmenté de +38 % en 2015 et +83 % en 2016. C’est désormais l’un des deux produits phytosanitaire les plus utilisés de la région avec le glyphosate !

Pour rappel, en mai 2018, le magazine 60 millions de consommateurs avait révélé un classement des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides, issu d’une enquête où 19 fruits et 33 légumes étaient passés au crible, entre 2012 et 2016. Conclusion, près de 75 % des fruits et 41 % des légumes non bio analysés présentaient des résidus de pesticides. Tandis que 2,7 % des fruits et 3,5 % des légumes étudiés dépassaient la limite maximale autorisée par l’Union européenne.

Illustration bannière : Les pommiers breton traités au prosulfocarbe – © images72

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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. C’est incroyable que les cultivateurs ne peuvent plus produire aucun fruit sans les empoisonner avec tous ces produits chimiques……..mais le gouvt, au lieu de légiférer seulement pour inventer des nouvelles taxes, et d’autres lois ridicules et inutiles, ne pourrait pas INTERDIRE IMMÉDIATEMENT ce genre de culture empoisonnée ????? J’ai même lu que, pour trouver toutes les vitamines et les sels minéraux qui contenait une pomme de 1950, AUJOURD’HUI IL FAUDRAIT EN MANGER 100 !!!!!!!! et personne ne dit rien, on continue à empoisonner tout le monde jusque dans leur assiette, et rien ne bouge !!!!!

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