Perturbateurs endocriniens : la puberté précoce gagne du terrain

Le lien entre l’utilisation de pesticides et une puberté précoce chez les enfants ne fait plus de doute. Le phénomène prend même de l’ampleur.

Rédigé par Anton Kunin, le 1 Jun 2017, à 11 h 20 min

Dans certaines régions de France, la puberté arrive très tôt, parfois vers 8 ans chez les garçons et 9 ans chez les filles. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques contenues notamment dans les pesticides, qui bouleversent le système hormonal.

Les oestrogènes ont désormais une source artificielle

Toutes les régions de France ne sont pas exposées de façon égale aux perturbateurs endocriniens et la puberté précoce qui s’en suit. La région lyonnaise et les environs de Toulouse sont par exemple jusqu’à dix fois plus touchés que les Hauts-de-France. Dans ces régions, où le blé et la vigne se cultivent massivement, les pesticides sont bien entendu présents. Résultat : des endocrinologues constatent de plus en plus de cas de puberté précoce, par exemple des filles chez qui les seins commencent à se développer à l’âge de 9 ans et les règles qui apparaissent vers 10 ans, au lieu de 12 ou 13 ans normalement.

En cause : les perturbateurs endocriniens entrant dans la composition chimique des pesticides. En pénétrant dans le corps humain, ils jouent le rôle des oestrogènes, ces hormones responsables du développement pubertaire.

L’omerta règne, les autorités de santé se voient obligées de travailler à tâtons

Selon Santé Publique France, chaque année dans l’Hexagone, 1.200 filles et 120 garçons seraient touchés par la puberté précoce. Comment endiguer ce phénomène ? C’est loin d’être simple : exceptés les circuits du bio, le modèle agricole français aussi bien que mondial est celui d’une agriculture intensive. Et qui dit agriculture intensive, dit utilisation massive de substances chimiques de toutes sortes (fertilisants, herbicides etc.). Sans ces aides artificielles, les rendements agricoles auraient été bien moindres et le coût final des produits bien plus élevé. Les agriculteurs n’hésitent donc pas à recourir à ces substances, dont les effets sur la santé à long terme sont pourtant inquiétants.

Les producteurs de pesticides ont eux aussi un rôle à jouer, car ils font le maximum pour que la lumière ne soit pas faite sur la dangerosité de leurs produits. Enfin, le Ministère de l’Agriculture ne communique toujours pas sur les pesticides utilisés sur le territoire national, ce qui complique d’autant plus la tâche des autorités de santé. N’ayant pas accès à ces données, Santé Publique France annonce se contenter de données sur les espèces cultivées dans telle ou telle région, pour poursuivre ses recherches sur les liens entre pesticides et bouleversement hormonal.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. C’est en faite très fluctuant. Une population parasiter par exemple va voir ces enfants avoir une pubèrté plus tôt. C’est vraiment très sensible.

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