Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons la perdrix grise

Oiseau chassable, la perdrix grise, cet oiseau commun, n’a pourtant cessé de voir ses effectifs se réduire sur l’intégralité de son aire de répartition, et ce depuis cinquante ans. Si l’on souhaite voir cet animal rester dans notre paysage pour longtemps, il est temps de découvrir ensemble cette espèce qui a bien sa place par chez nous… Et ailleurs !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 2 Oct 2020, à 18 h 18 min

La perdrix grise (Perdix perdix) est un oiseau typique de nos plaines où elle évolue entre parcelles agricoles, prairies de fauche et autres haies où elle se nourrit. Se rencontrant dans une très large moitié nord de la France, elle évolue aussi en moyenne montagne dans d’autres régions du sud de l’Hexagone. Il est bien temps d’en apprendre un peu plus sur cet oiseau que l’on côtoie presque sans le savoir pour beaucoup d’entre nous !

La perdrix grise, un oiseau qui ne peux pas vraiment voler

La perdrix grise est un oiseau sédentaire, c’est-à-dire qu’il ne migre pas sauf de manière très sporadique et très courte en cas de phénomènes météorologiques importants.

Présent en moyenne montagne et en plaine, la perdrix grise a un besoin essentiel de milieux ouverts pour évoluer et pour nidifier… mais aussi de zones refuges comme des haies, des bosquets ou des arbustes, pour se dissimuler ou pour trouver facilement de quoi se nourrir.

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Pas toujours évident de trouver un endroit où nidifier © Andrew Balcombe / Shutterstock

Si les parents s’adaptent aux ressources disponibles autant que possible, les jeunes ont besoin d’insectes durant 3 à 4 semaines. Ce régime alimentaire insectivore à base de coléoptères, de chenilles et autres pucerons en font de véritable auxiliaires de culture surtout quand on sait qu’il y a 800.000 couples nicheurs en France !

Particularités de la perdrix grise

Les couples, chez cet oiseau, se forment à la faveur de l’hiver pour leur permettre d’avoir une première ponte une fois le printemps installé, généralement en mai.

Avant la ponte, les femelles préparent des nids au sol là où la végétation est suffisamment haute pour le dissimuler au regard des prédateurs.
Les oeufs sont pondus les uns après les autres avec un total allant jusqu’à 15 pour la première ponte. Ce n’est qu’une fois que les 15 oeufs sont pondus que la femelle va les couver jusqu’à éclosion alors que le mâle va parcourir les alentours pour protéger le nid.

Si la première couvée ne fonctionne pas ou est détruite pour une raison ou pour une autre, une deuxième couvée peut intervenir (avec 12 oeufs cette fois) et même une troisième (avec 8 oeufs cette fois).

Statut actuel de l’espèce

Du fait d’une population de grande taille, la perdrix grise n’est classée qu’en préoccupation mineure par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN).
Ses effectifs globaux ont cependant chuté depuis plusieurs décennies et son aire de répartition s’est réduite.
L’espèce est chassable sous plan de gestion et/ou jours de chasse limités.

Les menaces qui planent sur la perdrix grise

Si la France abrite la plus grande population de perdrix grises de l’ouest de l’Europe, les effectifs globaux de l’espèce diminuent autant que son aire de répartition.

Les pratiques agricoles

Le mode de nidification au sol pose de facto un problème quant à la survie des jeunes comme de la mère, cette dernière étant particulièrement attachée à rester au nid pour protéger ses petits. Les moissons, la fauchaison, le déchaumage ou les labours précoces sont ainsi de grandes causes de mortalité.

L’utilisation de produits phytosanitaires d’autre part, a aussi un impact très important, dans la mesure où ils participent à la chute des populations d’insectes, ce qui diminue de la nourriture disponible pour les jeunes perdrix, et empoisonne les oiseaux à petit feu…

Le réchauffement climatique

En l’état actuel de nos connaissances et étant donné les évolutions du climat, les perdrix font et vont de plus en plus faire face à des problèmes de taille pour elles.

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Si la perdrix grise est monogame, elle adore se regrouper de temps à autre © Nick Vorobey

Leur mode de vie au sol les rend très vulnérables aux aléas climatiques avec des fortes chaleurs pouvant impacter les jeunes, de fortes précipitations qui peuvent emporter le nid ou le noyer, de grands froids et du vent peuvent limiter le taux de survie des poussins, etc.

Lire aussi :  Biodiversité, perdrix et tourterelles en danger

Comment aider la perdrix grise ?

Comme pour toute la biodiversité, ordinaire ou non, il est essentiel de participer à son observation, de transmettre ses connaissances notamment aux jeunes publics et de soutenir les associations de protection de la faune sauvage et tous les organismes qui oeuvrent à la préservation des écosystèmes est essentiel.

La perdrix grise fait l’objet d’un suivi des populations par les fédérations de chasse qui, même si elles ne communiquent pas forcément toutes, pourront vous donner des informations locales sur les effectifs de l’espèce.

Toutes les associations de protection de l’environnement spécialisées en ornithologie telle que la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) pourront être source de précieuses d’informations notamment pour les combats locaux à mener pour maintenir l’espèce !

Illustration bannière : Dans un champ, toujours aux aguets ! © Simonas Minkevicius
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