Pénurie de médicaments : l’UFC-Que choisir dénonce les labos

Dans une étude publiée début novembre, l’UFC Que choisir dénonce la hausse des pénuries de médicaments. Elle accuse à la fois les laboratoires pharmaceutiques et les autorités.

Rédigé par Audrey Lallement, le 10 Nov 2020, à 10 h 46 min

De plus en plus de médicaments sont en rupture de stock ou sous tension. Une situation alarmante que dénonce l’UFC Que choisir et qui serait liée à la « coupable avidité » des laboratoires et au manque de réactivité des autorités face à un choix purement financier.

2.400 médicaments en rupture en 2020

Selon une étude de L’UFC-Que choisir publiée le 9 novembre 2020, de plus en plus de médicaments sont en rupture de stock. Pourtant, cette situation alarmante pourrait s’améliorer si les laboratoires pharmaceutiques et les pouvoirs publics y mettaient du leur. « Alors qu’en 2016 on recensait déjà 405 pénuries, ce chiffre a quasiment triplé en l’espace de 3 ans pour atteindre 1200 l’année dernière ». Par ailleurs, la durée d’indisponibilité s’allonge puisque 15 % des médicaments en pénurie sont sur la liste depuis 2017 et 14 % avant 2016. Et la situation risque de se dégrader puisque, l’Agence nationale du médicament prévoit 2.400 ruptures en 2020.

Pourquoi certains médicaments sont-ils en rupture de stock ou presque ? La réponse de l’UFC-Que choisir est lourde d’accusations : selon l’association, il s’agirait d’un choix financier de la part des laboratoires qui feraient preuve « d’une coupable avidité ». L’étude révèle en effet que ce ne sont pas les médicaments les plus chers qui font l’objet de tensions d’approvisionnement mais plutôt des produits anciens (75 % sont vendus depuis 20 ans et plus) et ayant de faibles marges. Par ailleurs, l’association dénonce le manque de réactivité des autorités qui n’auraient « rien mis en place d’efficace pour prévenir de ces pénuries » mis à part quelques rares sanctions décrétées s’élevant à quelques milliers d’euros maximum.

De graves conséquences médicales pour les patients

Il n’est pas toujours possible de remplacer le médicament – © iBeyPhoto

Au bout de la chaîne, c’est l’usager qui se retrouve pénalisé. Dans le meilleur des cas on lui proposera un autre médicament, une « solution parfois médiocre puisque les substitutions peuvent entraîner des effets secondaires plus importants, ou nécessiter un temps d’adaptation à la nouvelle posologie, » explique l’UFC Que choisir. Pire, la posologie peut être diminuée et dans 18 % des cas on ne propose au patient aucune solution de substitution, « laissant entrevoir pour les malades une terrible impasse, des annulations de traitements, et in fine, des conséquences médicales qui peuvent être lourdes ».

Cette situation alarmante concerne des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MIT) c’est-à-dire des anticancéreux, des vaccins, des corticoïdes, des antalgiques et des anesthésiants. Lorsque le patient nest plus en mesure de suivre son traitement son pronostic vital peut alors être en jeu. Il est par conséquent urgent que les laboratoires revoient leurs priorités ainsi que leur échelle de valeurs en replaçant l’intérêt et la santé de la personne avant leur intérêt financier. Par conséquent, l’UFC Que choisir demande – entre autres – aux laboratoires de constituer des stocks de médicaments suffisants et réclame un renforcement de la loi avec des sanctions contre les fabricants.

Illustration bannière : Pénurie de médicaments – © i viewfinder
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Pénurie de médicaments organisée par les laboratoires : 1) les pénaliser par de lourdes amendes, 2) faire en sort de bloquer les versements de dividendes aux actionnaires, 3) déposer plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » l’Etat est capable de faire tout cela s’il s’en donne les moyens, mais ……….beaucoup de baratin et peu d’actions

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