Pêche électrique : inquiétude autour d’une possible légalisation

Le 16 janvier 2018, le Parlement européen doit se prononcer sur l’autorisation ou non de la pêche électrique en tant qu’« activité normale ». Les associations tirent la sonnette d’alarme, surtout que dans le même temps, un document vient de refaire surface et met directement l’UE en cause.

Rédigé par Anton Kunin, le 8 Jan 2018, à 10 h 50 min

La pêche électrique, bien qu’interdite dans l’Union européenne, est pratiquée à titre dérogatoire par les Pays-Bas depuis une décennie. Cette fois-ci, les eurodéputés sont bien décidés à trancher une fois pour toutes sur cette question épineuse. Mais un document vieux de 2006 vient de refaire surface et n’arrange pas les affaires de l’UE…

La pêche électrique, une pratique autorisée à titre dérogatoire

Depuis 1998, les textes interdisent la pêche électrique sur le territoire européen. Cette pratique, consistant à poser sur le fond marin des électrodes lestées et à électrocuter le sédiment pour en faire sortir les poissons morts, est pourtant autorisée à titre dérogatoire. Actuellement, chaque État membre a le droit d’équiper d’électrodes 5 % maximum de sa flotte dédiée la pêche. Avec une décharge électrique limitée à 15 V.

Pour l’association Bloom, spécialisée dans la défense des océans, le seul pays ayant recours à cette méthode est les Pays-Bas. Pire, ils ne respecteraient pas le quota de 5 % en équipant jusqu’à 28 % de leurs navires, et enverraient une décharge de 40 à 60 V, soit une tension bien supérieure à la limite autorisée.

Une pétition contre la pêche électrique a rassemblé 68.000 signatures

Selon Bloom, le régime dérogatoire en place serait le résultat du travail de lobbies oeuvrant principalement pour le compte des Pays-Bas. Ils militeraient pour une reconnaissance de la pêche électrique en tant que méthode de pêche « innovante », affirme l’association.

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Toujours selon Bloom, cette méthode de pêche est destructrice pour les écosystèmes marins. Les pêcheurs « traditionnels » qui passent après les navires pratiquant la pêche électrique feraient état tantôt d’un « désert », tantôt d’un « cimetière ». Par ailleurs, 60 % des poissons pêchés au moyen de la pêche électrique ne seraient pas consommables, l’électrocution leur causant des brûlures, des ecchymoses ou encore des fractures d’épine dorsale.

En prévision du vote au Parlement européen, Bloom a lancé une pétition appelant à interdire la pêche électrique. À ce jour, elle a recueilli 68.000 signatures.

Les associations dévoilent un document compromettant pour l’UE

Autre enjeu derrière cette décision : la culpabilité ou non de l’UE sur la réautorisation de la pêche électrique. Plusieurs associations dont Bloom viennent de mettre à jour un document datant de novembre 2006 où des scientifiques de la Commission européenne mettaient en garde contre cette pratique. Hasard ou pas, un mois plus tard, la pêche électrique était réautorisée « à titre expérimental » en mer du Nord…

peche électrique

© terekhov igor

Dans une lettre, les associations exigent «d’annuler la décision illégitime, injustifiée, injuste et nuisible de décembre 2006 de lever l’interdiction de la pêche électrique en Europe. Cette décision génère des dégâts environnementaux et sociaux à grande échelle et met aujourd’hui en péril l’équilibre du secteur de la pêche européenne».

Illustration bannière : Bateau pour le pêche électrique – Capture d’écran YouTube
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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