Épinards, amandes : faut-il se méfier des oxalates pour préserver son intestin ?

Les épinards, les amandes ou les patates douces sont reconnus pour leurs qualités nutritionnelles. Pourtant, une étude américaine suggère que l’oxalate, une substance naturellement présente dans ces aliments, pourrait accentuer l’inflammation intestinale chez certaines personnes.

Rédigé par , le 10 Oct 2026, à 10 h 01 min
Épinards, amandes : faut-il se méfier des oxalates pour préserver son intestin ?
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Les épinards sont riches en vitamines et en minéraux, les amandes apportent des fibres et des graisses de bonne qualité, et les patates douces sont notamment appréciées pour leur teneur en bêta-carotène. Ces aliments ont toute leur place dans une alimentation équilibrée. Mais ils ont aussi un point commun : ils contiennent des oxalates, des composés naturellement présents dans de nombreux végétaux.

Jusqu’ici, les oxalates étaient surtout connus pour leur rôle dans la formation de certains calculs rénaux. Une étude publiée en août 2026 dans la revue Cellular and Molecular Gastroenterology and Hepatology(1) suggère qu’ils pourraient également intervenir dans l’inflammation intestinale.

Une élimination des oxalates perturbée

Les chercheurs de l’université de Caroline du Nord, aux États-Unis, se sont intéressés aux personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ils ont observé que certains mécanismes permettant à l’intestin de transporter les oxalates étaient perturbés chez ces patients. En particulier, l’activité de plusieurs gènes impliqués dans leur transport était diminuée.

Les personnes atteintes de la maladie de Crohn présentaient également des quantités plus importantes d’oxalates dans leurs selles, sans que cela puisse être expliqué par une consommation plus élevée d’aliments végétaux.

Pour approfondir ces observations, les scientifiques ont mené des expériences chez des souris souffrant de colite. Une alimentation enrichie en oxalates a aggravé l’inflammation intestinale et la sévérité de la maladie. Ces résultats suggèrent que les oxalates pourraient contribuer à entretenir l’inflammation lorsque l’intestin est déjà fragilisé.

Que sont les oxalates et où les trouve-t-on ?

Les oxalates sont des substances naturellement présentes dans de nombreux aliments d’origine végétale, notamment les épinards, les blettes, les amandes, la rhubarbe ou le cacao. Ils sont également produits en petites quantités par notre organisme. Une partie des oxalates alimentaires est absorbée par l’intestin, puis éliminée dans les urines. Le reste est évacué dans les selles. En quantité excessive, les oxalates peuvent favoriser la formation de certains calculs rénaux, en se liant notamment au calcium. Leur rôle éventuel dans l’inflammation intestinale est en revanche beaucoup moins connu.

Les épinards contiennent du cadmium

Épinards frais

Faut-il manger moins d’épinards et d’amandes ?

À ce stade, rien ne justifie de déconseiller ces aliments à la population générale. Les résultats obtenus chez l’animal ne sont pas directement transposables à l’être humain, et les observations réalisées chez les patients ne suffisent pas à établir un lien de cause à effet. Surtout, aucun essai clinique n’a encore démontré qu’une alimentation pauvre en oxalates permettait de réduire l’inflammation ou les poussées de maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique. Supprimer sans raison les épinards, les amandes ou d’autres végétaux pourrait, au contraire, appauvrir l’alimentation et réduire les apports en nutriments essentiels.

En pratique, il n’est donc pas recommandé d’adopter un régime pauvre en oxalates pour prévenir ou traiter une inflammation intestinale. Chez les personnes atteintes d’une MICI, les éventuelles adaptations alimentaires doivent être discutées avec un professionnel de santé, en tenant compte des symptômes, de l’état nutritionnel et de l’évolution de la maladie.

Cette étude ouvre néanmoins une piste intéressante : à l’avenir, une meilleure compréhension du transport des oxalates et du rôle du microbiote intestinal pourrait aider à proposer des conseils alimentaires plus ciblés, adaptés à chaque patient.


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Références :


Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

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