Nourrir les oiseaux en hiver, une bonne ou une mauvaise idée ?

L’hiver approche : bientôt les premières gelées vont commencer à figer le sol et peu à peu, les insectes vont disparaître. Alors que les nuits plus longues et plus froides provoquent des besoins énergétiques plus importants, les oiseaux payent un lourd tribut chaque année. Nous voilà alors tentés de nourrir ceux qui atterrissent dans nos jardins.Une bonne ou une mauvaise idée ?

Rédigé par Séverine Bascot, le 25 Oct 2017, à 11 h 40 min

On le sait déjà, et de nombreuses études le prouvent, les espèces animales font preuve d’évolutions rapides en réponse aux changements climatiques. Est-ce que l’intervention humaine contribue aussi à ces évolutions ? Des chercheurs se sont penchés sur le cas des oiseaux que nous sommes de plus en plus nombreux à nourrir en hiver.

 Nourrir les oiseaux aurait un impact sur leur évolution

Une étude publiée dans Science s’est penchée sur les différences génétiques entre des mésanges britanniques et hollandaises, en passant au crible l’ADN de quelque 3.000 oiseaux, pour voir si le fait de nourrir ces animaux en hiver, pouvait modifier leur morphologie(1).

nourrir les oiseaux

Mésange © Joerg Lue

Résultat : ce geste en apparence anodin a une influence sur l’évolution de leur bec ! En effet, les mésanges britanniques auraient des becs plus longs que les mésanges hollandaises…  Des différences qui semblent s’être creusées en quelques années seulement.

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Mésanges britanniques vs mésanges hollandaises

Alors qu’au Royaume-Uni on note une augmentation des mangeoires pour oiseaux de jardin au cours des dernières années, parallèlement on constate une évolution de la croissance du bec des mésanges charbonnières.

Au Royaume-Uni, les dépense moyennes en graines, mangeoires et accessoires pour oiseaux sauvages sont le double que dans le reste de l’Europe !

Ainsi, les chercheurs ont constaté qu’entre 1970 et aujourd’hui, la longueur des becs des oiseaux britanniques a clairement augmenté, ce qui est signe de bonne santé des populations. Or, les spécimens qui arborent les becs les plus longs et qui se reproduisent le plus facilement, sont ceux qui se nourrissent quasi systématiquement dans les mangeoires aménagés par les amoureux d’oiseaux nicheurs britanniques. Contrairement aux Pays-Bas où ils sont moins nourris par les habitants.

Alors cet hiver, pensez vous-aussi à nourrir les oiseaux : un magnifique spectacle à contempler jour après jour !

Illustration bannière : Mésange © Joerg Lue
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Voyageuse insatiable, j'ai parcouru le monde autant pour des raisons personnelles que professionnelles : rien de mieux pour prendre la mesure de l'état de la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ce sujet est vaste :

    1) Je préfère que els mésanges dans mon coin ait le bec plus long plutôt que de mourir massivement cet hiver. Il faut savoir que la mortalité hivernale est extrêmement élevée : 80 % des jeunes ne passent pas la première année !
    2) Non seulement il faut nourrir les oiseaux en hiver mais il faut aussi les nourrir au printemps, en été et en automne. Pour différentes raisons trop longues à expliquer ici (agriculture intensive, recul de la biodiversité, destruction de leur habita, etc.) mais qu’on peut résumer ainsi : les activités humaines sont la cause de l’effondrement d’espèces parmi les plus communes (moineaux, alouette, mésanges, bouvreuil, chardonneret, etc). Il s’agit donc de faire mieux que de leur donner un coup de pouce : il faut réparer nos dégâts !

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