Nucléaire : 12 réacteurs français sont à l’arrêt

Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, affirme qu’il y a de plus en plus de cas où la sûreté peut être mise en cause.

Rédigé par Anton Kunin, le 24 Nov 2016, à 11 h 30 min

Dans un entretien au quotidien Le Figaro, le gendarme de la sûreté nucléaire est revenu sur l’arrêt actuel de douze réacteurs un peu partout en France. Des contrôles sont en cours. Le problème a d’abord été détecté dans la cuve du futur réacteur EPR de Flamanville, au printemps dernier. C’est cette découverte qui a entraîné la vague de contrôles sur d’autres réacteurs du pays, afin de s’assurer qu’ils ne présentent pas le même défaut.

Des contrôles massifs

Concrètement, l’ASN souhaite contrôler que l’excès de carbone découvert dans l’acier n’altère pas la capacité de résistance mécanique des générateurs de vapeur. Des contrôles sont actuellement en cours sur douze centrales. Ils devraient durer un mois. Dans le meilleur des cas, l’ensemble des réacteurs pourra être relancé en janvier 2017, a déclaré Pierre-Franck Chevet au Figaro.

Le fonctionnaire a également confié qu’il avait averti dès 2013 de la potentielle nécessité de procéder à l’arrêt régulier de 5 à 10 réacteurs, car des problèmes génériques pouvaient être découverts. Il a également confirmé que le réacteur Fessenheim 2 a été mis à l’arrêt en raison d’un risque de sûreté.

Les spécialistes de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), pour leur part, estiment qu’il est « indispensable pour les élus de se préparer à l’idée d’un accident nucléaire », et qu’un accident majeur en France serait « une catastrophe européenne ingérable », qui pourrait coûter jusqu’à 760 milliards d’euros.

Un modèle de production tourné vers le nucléaire

Le virage du nucléaire a été pris très récemment en France : en 2014, plus de la moitié de la consommation d’énergie primaire provenait de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). Aujourd’hui, 75 % de l’électricité française est d’origine nucléaire.

Les décisions prises lors du Grenelle de l’environnement obligent pourtant la France à porter la part des énergies renouvelables à 40 % de la production d’électricité d’ici 2030. Toutefois, des freins de nature différente empêchent des avancées majeures dans ce sens.

D’après l’association France Énergie Éolienne, qui regroupe la quasi-totalité des constructeurs d’éoliennes en France, la mise en place de nouveaux parcs éoliens se heurte à des recours d’associations anti-éolien et aux contraintes administratives. Par exemple, la législation en vigueur ne permet pas la construction d’éoliennes à proximité de radars et de zones de vol militaires à basse altitude, à savoir 40 % du territoire national.

Photo de bannière : Pylones électriques © yelantsevv – Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Je ne suis pas sur de comprendre cette phrase :
    « Le virage du nucléaire a été pris très récemment en France : en 2014, plus de la moitié de la consommation d’énergie primaire provenait de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). Aujourd’hui, 75 % de l’électricité française est d’origine nucléaire. »

    -> On a l’impression que vous sous-entendez que la part du nucléaire est passé de 50% à 75% dans le mix énergétique en deux ans… Ce qui n’est bien sûr pas le cas !

  2. 416.8 TWH/an correspond à 416.8*10^12 Wh/an et en divisant par 365 jours et les 86400 secondes d’une journée on obtient 13 216 641 wh/s
    Soit encore 13 216 kwh/s et non 13 milliard kwh/s.
    Très bon article

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